‹ Révolutions de PologneChapitre 113 sur 282 · XXV. Aavarin, V ancienne Pylos, pris par les R usses · texte numérisé non relu

XXV. Aavarin, V ancienne Pylos, pris par les R usses

Le port de Navarin , un des plus beaux de la Murée, est défendu par deux châteaux. Le plus vieux est l'ancienne ville de Pylos. On y voyait encore au second siècle de Père chrétienne, la maison de Nestor, son tombeau et le souterrain où se renfermaient les troupeaux de ce héros d'Homère. Ce lieu si renommé dans les temps héroïques, ne l'est pas moins dans l'histoire. Il fut le théâtre d'une des plus célèbres actions de l'antiquité. Cette forteresse est celle même que les Athéniens construisirent avec tant de célérité, saisissant l'occasion de se fortifier sur cette côte alors abandonnée, et d'y braver dans le voisinage même de Sparte, la puissance de leurs rivaux. L'aspect qu'elle présente aujourd'hui est encore tel qu'il nous a été décrit il y a deux mille ans. « Ce lieu , disent les historiens , était fort d'assiette, et en beaucoup d'endroits n'avait pas besoin de murailles ». Or, on voit le vieux Navarin bâti sur une éminence escarpée, pleine de roches, dont quelques-unes tiennent lieu de remparts. « 11 n'y avait, disent les anciens , qu'une petite fontaine dans la forteresse ; et on ne trouvait, en creusant dans les sables des environs, qu'une eau mauvaise et saumâtre ». Cette eau forme aujourd'hui, au pied du vieux Navarin, un marais qui communique avec la mer. C'est le seul changement que vingt siècles aient produit sur ce rivage. Le port est couvert par des écueils dont l'un est cette île Sphactérie, ce rocher aride et nu où trois cents Spartiates placés pour assiéger le fort de Pylos, et par une cruelle vicissitude assiégés à leur tour, montrèrent une si héroïque constance , que les récits de leur défaite et de leur captivité nous émeuvent encore aujourd'hui ; et nous allons

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voir bientôt les Grecs fugitifs et retirés sur cette roche, y demeurer comme eux sans abri et sans vivres, mais non pas avec la même gloire dans la même infortune.

Le nouveau Navarin construit de l'autre côté du port, et sur la pente d'une haute montagne, est une citadelle à six bastions , bâtie par les Turks il y a deux siècles. Ces deux châteaux étaient en ruine, le vieux sans garnison, et le nouveau presque démantelé. Les Turks, aux premiers coups de canon, capitulèrent. Ils furent conduits sur un bâtiment anglais dans un des ports de Candie ; et les Russes se trouvèrent maîtres du port le plus spacieux de la Morée.

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