‹ Révolutions de PologneChapitre 12 sur 282 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

subsiste, leur courage se soutient. Mais si la troupe cunemio reste dans un ordre inébranlable, si chacun voit une trop grande difficulté à emporter du combat cet horrible trophée, la seule espérance qui les conduisait disparaissant à leurs yeux, ils ne se font point une honte d'abandonner le combat, de se réserver pour une occasion plus heureuse , et tout fuit avec une rapidité égale à celle de leur attaque. La contenance de l'infanterie russe arrêta les vainqueurs ; et aussitôt que l'armée se fut remise en ordre, et que de nombreux corps marchèrent ensemble vers la hauteur, les Turks disparurent, et la précipitation de leur retraite leur fit laisser derrière eux tout le convoi qu'ils s'étaient chargés de conduire à Chocim. Enfin, l'armée russe, après une semaine d'incroyables fatigues supportées sans murmures , repassa le Dniester, rentra en Pologne, et s'éloigna même des frontières. Mais la confusion de l'armée ennemie, et la conduite vague de ses chefs avaient été remarquées des moindres soldats russes ; et de cette entreprise manquée il resta du moins (avantage de leur avoir appris à ne pas craindre le courage indiscipliné des Turks et leur attaque tumultueuse.

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