‹ Révolutions de PologneChapitre 124 sur 282 · XXXII. Premières opérations des flottes · texte numérisé non relu

XXXII. Premières opérations des flottes

L'escadre d'Elphinston, malgré son extrême faiblesse et

la fatigue d'une si longue navigation, s'avançait seule encore

contre la flotte ottomane. De cette flotte nombreuse, dix

vaisseaux avaient été env oyés pour contenir les îles. Le ca-

pitan-pacha, également présomptueux, ignorant et lâche, eu

amenait dix autres sur les entes du Péloponèse; et de ce

nombre, quatre venaient d'entrer dans le port de JNapoli pour

y déposer des munitions et des troupes, et s'y informer de

la situation des affaires. Le reste , en vue du port, attendait à la cape, que ceux-ci les rejoignissent pour faire voile ensemble vers Navariu. Mais s'il y avait sur la flotte russe des étrangers qui devaient assurer ses victoires et faire appréhender aux Turks leur prochaine ruine, il y avait aussi sur la flotte ottomane un étranger, un Persan destiné à en réparer les défaites ; un de ces hommes extraordinaires qui conservent dans la décadence d'une nation les mœurs qui furent dans ses plus beaux siècles la vraie cause de ses prospérités : un des plus grands caractères que puissent offrir les histoires orientales , et par les étranges vicissitudes de sa vie, justifiant en quelque sorte les opinions de ces peuples sur la fatalité. Hassan, regardé au moment où j'écris, comme le seul espoir de l'empire ottoman, devenu capitan-pacha, et depuis douze aus, au milieu d'une cour orageuse, maintenu dans cette place par la reconnaissance publique, après avoir* soumis tous les rebelles* ramené la paix dans toutes les provinces, et raffermi, du moins pour un temps, tous les débris de cet empire ébranlé, avait été enlevé par les Turks dans son enfance sur les frontières de Perse, vendu comme esclave à un habitant de Rodosto, dans le voisinage de Constantinople, et employé par son maître comme batelier. A la fleur de son âge, il s'échappa à laide d'un Grec qui le conduisit à Smyrne, et il s'y enrôla dans les recrues qu'on y faisait pour Alger ; admis dans cette milice, la garde et la maîtresse d'un trône auquel tout soldat a droit de parvenir, il ne tarda pas à se signaler chez ces barbares africains, par son intrépidité dans les chasses au lion. Deux fois, dans ces chasses, laissé pour mort au milieu des déserts, perdu dans les sables sans nourriture, sans eau, couvert de sang et de blessures, ces aventures mêmes le firent approcher du dey, combler de faveur; et bientôt ses services 1 élevèrent au second gouvernement du royaume. Mais la cour de ces pi-

Page 1