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XXI. Courage et ressources des confédérés

Engagée dans une guerre terrible par l'ambition d'écraser entièrement du joug de son pouvoir un peuple déjà accablé sous celui de sa protection, Catherine avait mis dans toutes ses démarches cette impétuosité, cette ostentation, cette profusion de moyens qui étonne toujours la multitude, mais ne fixe jamais la fortune. Dans ces combinaisons violentes, auxquelles il ne manque la plupart du temps qu'une base ou un point d'appui, on calcule tout, excepté les revers; et le premier qui survient emporte avec lui le fruit des premiers succès. Après s'être flattée de pouvoir à elle seule détruire l'empire ottoman, Catherine s'était encore plus persuadée qu'elle n'avait besoin que de ses propres forces pour soumettre les confédérés. Mais ceux-ci, cause première ou plutôt cause unique de cette guerre, parvinrent, dans le cours de cette campagne, à se rendre véritablement redoutables.

Leurs troupes, de plus eu plus aguerries , obéirent à un petit nombre de chefs avoués du conseil-général de la confédération. La France leur donnait des subsides, la Saxe de légers secours, qui en faisaient attendre de plus grands. Ils déclarèrent le trône vacant, et s'assurèrent ainsi la possibilité d'offrir cette brillante et dangereuse récompense à l'audacieuse ambition d'un libérateur avide de gloire et de puissance. Toutefois, les confédérés n'obtinrent de grands avantages qu'après avoir éprouvé de tristes revers. Ils achetèrent leurs succès, ou plutôt leurs espérances, par de sanglantes défaites. Il leur fallut saisir, dans une longue suite d'événements malheureux, les ressources qu'une position presque désespérée offre sou vent au véritable courage.

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