‹ Révolutions de PologneChapitre 18 sur 282 · LIVRE. X · texte numérisé non relu

LIVRE. X

temeïit l'irriter, il les amenait à rengagement réciproque de concerter dorénavant leurs opérations avec lui, et de saisir toutes les occasions de se seconder mutuellement.

Les Russes qui n'hésitaient jamais, quel que fût leur nom* bre, à marcher au premier avis contre tout parti polonais» étaient plus retenus à son seul nom. Ils rassemblaient alors de plus grandes forces. Kasimir, instruit de la terreur qu'il inspirait, prenait quelquefois à dessein le nom de quelque autre chef, aûn que ses ennemis fussent moins précautionnés et marchassent à lui avec plus de négligence et moins d'avantage. Il s'avançait ainsi vers la petite ville de Sambor, sous un autre nom que le sien, lorsqu'on vint lui rendre compte qu'un parti polonais occupait cette ville et se préparait à s'y défendre. Sambor appartenait au roi, et Kasimir ût aussitôt des dispositions pour l'emporter de vive force. 11 était loin de soupçonner qu'elle était occupée par la troupe de François Pulaski. Chacun des deux frères croyait son frère péri dans le double incendie de Zwanieç et d'Okopy. Un bruit vague de quelques avantages remportés par les partis que l'un et l'autre commandaient, était la seule nouvelle qu'ils eussent eu de l'un et de l'autre. Mais les émissaires envoyés mutuellement pour s'éclaircir de ces bruits , n'étaient point revenus; et chacun d'eux donnait des larmes à la mort de son frère. En avançant vers les murs de Sambor, on aperçut avec surprise sur les remparts de cette ville quelques drapeaux portant des marques de deuil. On crut voir un nombre de turbans ; et dans un détachement qui sortit de la ville et s'approcha avec beaucoup de bravoure, on distingua une compaguie turque. En effet, quelques soldats de cette nation s'étaient attachés à la fortune de François Pulaski. Nous avons raconté comment ce jeune Polonais s'était retiré de Zwanieç sous le canon de Chocim. Il n'avait

pas tardé à rentrer en Pologne. Non-seulement les mômes

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volontaires turks qui s'étaient joints à lui , quand pour la première fois il (Hait revenu de cette ville, avaient continué de le suivre, mais leur troupe s'était d'abord augmentée jusqu'au nombre de quatre cents. Ces barbares inceudiaient les villages, en massacraient les habitants pour leur enlever la tête, s'en retournaient ensuite par troupes plus ou moins nombreuses, emmenaient en captivité les femmes et les enfants, et se pressaient d'aller vendre pour des têtes de Russes, au commandant de Chocim, celles de ces malheureux paysans. S'ils traversaient des villages déserts, ils déterraient dans les cimetières les corps fraîchement enterrés pour en couper les têtes ; et chargés de cet horrible butin, ils retournaient de même à Chocim pour se le faire payer. François se débarrassa aussitôt qu'il le put d'une escorte si barbare ; il en garda seulement cent cinquante plus sages et plus humains. Mais après un combat avantageux contre un parti russe, sous les murs de la petite ville de Kuty, la plupart de ceux-ci le quittèrent encore pour reporter au pacha de Chocim de vraies têtes de Russes. Quarante seulement étaieut restés avec lui. Il était enfln parvenu après quelques occasions périlleuses, dans la province où l'armée russe venait de rentrer, à s'éloigner de cette armée, et s'était rendu maître de cette petite ville de Sambor. A peiue un léger combat se fut-il engagé entre les troupes avancées des deux partis, que les uns et les autres se reconnaissant mutuellement, firent cesser le feu avec une égale précipitation et coururent se mêler et s'embrasser. François apprit alors à Kasimir la triste destinée de leur père, mort dans la prison où les nouveaux chefs des confédérés de Bar l'avaient enfermé. Il ajouta qu'on ignorait le genre de cette mort, et que leurs amis parmi les confédérés en prenaient occasion de noircir de la manière la plus cruelle la réputation du comte Potoçki. Mais tous deux dans ce même entretieu , s'accordèrent à

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