XXXVIII. Inquiétudes dans Varsovie
Cependant le bruit qu'avait eu soin de répandre Pulaski en sortant des montagnes, et qu'il avait accrédité par toutes sortes de ruses, le bruit de ses prétendus desseins sur Var-
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sovie , avait jeté cette ville dans de nouvelles alarmes. La surprise de Czenstochowa, loiu de rassurer la capitale, le faisait juger capable de tout tenter. Plusieurs délations soit réelles, soit feintes, des événements insignifiants mais dénaturés par la crainte ou par la malignité, augmentaient chaque jour ces alarmes. Un régiment des gardes passé au service des confédérés donnait au roi une mortelle inquiétude. Dans son apathique terreur, il se croyait au moins adoré de ses gardes ; la défection de leur plus beau régiment détruisit cette illusion. Dans le même temps, un bruit sourd se répandit que le conseil-général avait résolu de déclarer le trône vacant ; plusieurs manisfestes déposés dans les greffes publics semblaient y préparer la nation. La cour était secrètement instruite que ces bruits et ces manifestes étaient de sûrs avant-coureurs de l'événement qui allait éclore, et que Poniatowski, sous le nom d'ennemi de la patrie, allait être cité devant le conseil-général. Elle avait même reçu secrètement une copie de l'acte qui allait être promulgué , mais elle cherchait à faire considérer cette copie comme apocryphe; un attentat contre la personne du roi semblait n'y être pas regardé comme un crime : et ce point autorisait à douter de la promulgation d'un acte que l'on supposait devoir être fait du consentement de plusieurs cours. Cette doctrine des anciennes républiques qu'alors on regardait encore comme reprouvée dans tous les fctats modernes, ne paraissait pas devoir être publiée par des républicains que protégeaient des souverains absolus.