LIVRE XII
moyen préférable sans doute, mais qui présentait de grandes difficultés (4).
L'opinion que nous venons d'énoncer sur cette mesure nous porte à blâmer la réponse de Choiscul, qui laissait aux confédérés toute liberté à cet égard ; réponse que ceux-ci devaient prendre et prirent en effet pour une approbation. Cependant nous croyons que, pour prononcer positivement contre le ministre français, il faut pouvoir apprécier avec certitude ce qu'il avait à craindre ou à espérer du ministre autrichien. Car c'était toujours à la marche lente et tortueuse de Raunitz qu'il fallait rapporter les écarts ou les embarras de la confédération. Quoi qu'il en soit, Paç, assuré d'un côté des secours d'argent de la France, de l'autre, qu'elle ne s'opposait point à ce qu'on ferait, et voyant, s'il différait encore, la confédération prête à se diviser et peutêtre à se dissoudre, se rendit enfin. Tout le conseil-général se réunit dans le camp de Konieczno sur les frontières de Hongrie ;'et là, le 14 mai 1770, fut proclamée solennellement la vacance du trône. Cet acte, sollicité à haute voix par la nation, demandé par la Turquie, non contredit par la France , signé de Michel-Jean Paç, maréchal-général de la confédération, et d'Ignare Bohusz, son secrétaire-général et l'un des plus ardents ennemis du roi , fut imprimé ouvertement dans les États autrichiens. Poniatowski ; sous les dénominations les plus odieuses, fut déclaré ennemi de la patrie ; tout citoyen autorisé à le poursuivre « de vive force ou par de secrètes embûches »; sa personne citée devant le conseil-général, et faute d'y comparaître , abandonnée à tout ce que Tanimosité publique pourrait tenter contre lui. Aussitôt des gens déterminés emportèrent et déposèrent cet
( I) Nous avons à ce sujet réuni les extraits de quatre lettres de Durand, qui prouvent comment il envisageait cette question.
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acte dans les greffes du royaume. Trois confédérés se rendirent à Varsovie, entrèrent dans le palais, et se placèrent dans la foule sur le passage du roi; l'un d'eux, s'avançant, et pour observer les formes juridiques ayant à ses côtés ses deux autres témoins, lui présenta une sommation de comparaître devant le tribunal de la confédération pour subir son jugement. Le roi prit le papier, croyant que c'était une requête; et pendant qu'il y jettait les yeux, les trois confédérés se perdirent dans la foule, et parvinrent à sortir du château par une issue dérobée.