LIVRE XII. Z'I
deitinde la Pologne allait dépendre de ce siège ; la vénération publique attachée à ce monastère ne permettait pas de douter que le ciel ne lui accordât une protection signalée. Déjà on regardait comme un miracle le retard des gelées qui avait rendu plus difficile le transport de la grosse artillerie. Drewitz avait perdu son ardeur, et le jeune Pulaski commençait à joindre l'expérience au courage. Le siège commença dans la plus rigoureuse saison. La moitié de la garnison était sans vêtements ; la plupart montaient la garde pieds et jambes nus. Les sentinelles donnaient leurs habits à ceux qui venaient les relever, et rentraient nues dans les poêles ; et si alors il y avait quelques attaques, ces derniers y couraient en chemise. On attendit avec impatience que les Russes donnassent un assaut pour en avoir des habits ; et vers la fin du siège, presque toute la garnison était vêtue d'uniformes russes, ce qui devenait très-dangereux. Le bombardement commença le 3 janvier; mais Pulaski, dans plusieurs sorties successives, réussit à enlever les batteries russes ; on ne parvint point à faire brèche : le feu prit deux fois dans la forteresse, et fut promptement éteint. On tenta trois fois l'escalade, et on fut repoussé chaque fois avec une perte extrême.