XIX. Traité entre V Autriche et la Porte
Thugut , ambassadeur autrichien à Constantinople, suivait avec habileté tous les plaus de Kaunitz. Il travaillait à faire entrer le roi de Prusse dans la médiation , si elle avait
lieu ; animant les Turks contre les Russes, mais démontrant qu'il serait impossible d'en imposer à la tzarine , si l'Autriche et la Prusse réunies ne se présentaient comme médiatrices. Il écartait un projet d'alliance entre l'Autriche, la France et la Porte, proposé par ces deux dernières puissances. Il négociait enfin un traité entre les cours de Vienne et de Constantinople, qui fut signé le 6 juillet, et qui contenait cinq articles :
Par les premiers quatre articles, les Turks promettaient de payer à l'Autriche plusieurs millions de piastres; de lui céder la partie de la Valaquie bordée par le Danube et quelques autres districts; de fixer par un nouveau règlement les frontières de la Transylvanie ; de traiter les Autrichiens', dans les relations commerciales , comme la nation la plus favorisée , et de faire respecter leur pavillon par les régences de Tunis, Alger, Tripoli.
Par le dernier, l'Autriche s'engageait à faire restituer à la Porte, soit par l'effet des négociations, soit par la force des armes, les territoires et forteresses dont les Russes s'étaient emparés, et à ne pas souffrir qu'il fût porté atteinte à l'indépendance de la Pologne.
L'Autriche exigeait que ce traité demeurât secret durant plusieurs mois , et la Turquie y consentait encore ; mais les Anglais le découvrirent , et étonnèrent les cours de Pétersbourg et de Berlin, auxquelles ils en donnèrent connaissance.
RÉVOLLTIOXS DE POLOGNE.