XVII. Lobkomlz, ministre autrichien a Pélersbourg. — Ses
conférences avec Panin.
Catherine avait fait connaître au cabinet de Vienne k»s premiers projets de paix entre elle et les Turks; et l'Autriche s'était déterminée à envoyer Lobkowitz à Pétersbourg. Dans les conférences de cet envoyé autrichien et du ministre russe Panin, il fut quelquefois question des confédérés; on parlait de leurs progrès , de leurs revers. Lobkowitz était invité à mander à sa cour tous ces détails, à )a suite desquels on s'abstenait de rien proposer. Il ne se trouva même aucun article qui concernât la Pologne, dans trois mémoires qu'on remit à Lobkowitz, le 30 mai. La Russie y demandait Azof, le commerce libre de la mer Noire, l'amnistie pour les Grecs et l'affranchissement des Tatars; la Moldavie et la Valaquie ne rentreraient point sous la domination ottomane; mais Catherine ne voulait avoir ces deux provinces qu'en séquestre et seulement pendant vingt-cinq ans, comme indemnité des frais de In guerre . File était disposée à en-
voyer des plénipotentiaires à un congrès , et se réduisait à ces demandes, par égard pour la cour de Vienne dont elle accepterait les bons offices ; on évitait le mot de médiation. En remettant ces mémoires à Lobkowitz , Panin lui dit qu'il ne croirait jamais que l'Autriche voulût déclarer la guerre à la Russie pour soutenir l'empire ottoman.
XVIII. Mémoires adressés à la cour de Vienne, et à celle de Berlin. — Obreskoff mis en liberté.
Les mêmes communications furent faites au comte de Solms , ministre prussien à Pétersboug. Solms les transmit à Frédéric , qui ne vit pas sans inquiétude cette nouvelle preuve de l'ambition démesurée de la tzarine. Marie-Thérèse fit répondre par Lobkowitz, que la Moldavie et la Valaquie devaient rester aux Turks, le commerce de la mer Noire demeurer dans son état actuel , et les Tatars dans l'indépendance. Catherine répliqua par un mémoire qui développait tes motifs des trois articles contestés; et Marie- Thérèse ordonna dans ses États divers mouvements militaires.
La tzarine, peu disposée à se soumettre à une médiation, avait fait parvenir aux Turks quelques propositions pacifiques; et même elle avait obtenu d'eux Télargissement de son résident Obreskoff, détenu depuis le commencement de cette guerre aux Sept-Tours , puisa Démotica. Deux motifs lui faisaieut attacher un grand prix à ta liberté d'Obreskoff : d'un côté , c'était le Russe qui connaissait le mieux la Turquie; de l'autre, il n'y avait pas d'exempte que les Turks eussent ainsi renvoyé le ministre d'une puissance armée contre eux. En relâchant celui-ci, ils déclarèrent toutefois que c'était par déférence pour l'Autriche.