XXII. Siège de Chocim
Les Russes, maîtres de tous les environs de Chocim, en achevèrent l'investissement, le 14 juillet ; et le général Rennekampf, resté avec dix mille hommes et la grosse artillerie, de l'autre côté du Dniester, approcha aussitôt son
RÉVOLUTIO.NS DE POLOf.NE.
camp, et dressa des batteries sur un coteau qui de ce rivage opposé domine quelques quartiers de cette ville.
Mais du côté de la Moldavie, les Russes n'avaient que des pièces de campagne; et même, afin déménager la poudre dont ils étaient près de manquer, et de la réserver pour une bataille à laquelle on s'attendait, ils ne tiraient qu'à demicharge. Potoçki encourageait la garnison turque, et commandait toutes les sorties. Elles étaient si vives et si Fréquentes, que les Russes , après avoir perdu beaucoup de monde, prirent bientôt la résolution de changer le siège en blocus. Ils ne tinrent plus la ville enfermée que par des postes de cavalerie, et fortifièrent un camp entre la forêt et la ville, pour y attendre l'armée du grand-visir. Mais Rennekampf, posté de l'autre côté du fleuve , et qui n'avait point à craindre les sorties , continua de faire feu sur la ville ; et ses batteries enfilant toutes les rues basses , chaque boulet faisait un ravage terrible entre les chevaux et les chameaux dont toutes ces rues étaient remplies. On y manquait d'eau et de fourrages; et bientôt l'infection y devint insupportable , hommes et bêtes y restant sans être enterrés. Mais la situation des Russes, dans le camp qu'ils avaient choisi, n'était pas moins fâcheuse. Les pluies étaient continuelles, les nuits froides. Le soldat couchait sans paille , et les maladies ruinaient l'armée.
XXI II. Cliocim secourue.
Enfin, après trois semaines, une armée s'avança au secours de Chocim, sous le commandement de Moldavandji , homme intrépide, et qui devait sou élévation aux preuves de courage et d'intelligence qu'il avait souvent données, dans une troupe particulièrement destinée à la police de Constan-