‹ Révolutions de PologneChapitre 41 sur 282 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

tinople. Le grand-visir lavait envoyé, à la tête de quatre mille hommes, élite de l'armée ottomaoe, pour défendre contre les ravages des Turks eux-mêmes les deux provinces de Moldavie et de Valaquie. Ce pacha , de son propre mouvement, avait marché vers Chocim ; et tout ce qui avait fui se réunissant sous ses ordres , composa une armée nombreuse. Une multitude de volontaires s'y joignirent, ainsi que beaucoup de pachas et de beys , chacun à la tête de ses troupes particulières et de sa propre maison. Le grand-visir prit également soin de faire filer vers cette ville un grand nombre de troupes ; et le kan des Tatars, en route pour pénétrer en Russie, revint précipitamment sur ses pas. Soixante mille spahis et Tatars, vingt mille hommes d'infanterie et soixante pièces de canon, arrivèrent donc au secours de la place. Cette armée parut le soir du 5 août, forma ses lignes à peu de distance du camp des Russes , et resta cette nuit sous les armes. Ceux-ci firent rentrer tous leurs détachements , rassemblèrent toutes les troupes. Rennekampf passa le fleuve et vint joindre l'armée. Tous les défauts du camp que les Russes avaient choisi frappèrent alors les yeux des moins expérimentés. La seule approche de l'arroée turque avait sans aucuu combat délivré la place; et malgré les redoutes dont ce camp était environné, ils y demeuraient exposés aux plus extrêmes périls. Les Turks ne purent , il est vrai , emporter aucune des redoutes , malgré la bravoure avec laquelle ils en renouvelèrent fréquemment l'attaque pendant quatre jours. Mais pendant ce temps ils s'enfermaient eux-mêmes dans de profonds retranchements. Ils établissaient sur toutes les hauteurs des canons du plus gros calibre , et ils étaient prêts à foudroyer le camp des Russes.

Ceux-ci n'occupaient en Moldavie que le terrain où ils campaient. Il fallait envoyer chercher les fourrages à six lieues au-delà du Dniester. Les courses des Tatars inquié-

taient cette communication ; et les Turks, maîtres de toute la campagne , après avoir tenté inutilement de passer entre la foret et les redoutes, pour aller rompre les ponts et enlever ainsi aux Russes tout moyen de subsister et d'échapper, pouvaient enfui prendre une route moins exposée et plus sure.

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