IV. Montagnes de la Chimère. — Quel est le peuple qui 1rs
habile.
Ces montagnes qui s'élèvent à l'autre extrémité de l'Albanie étaieut nommées dans l'antiquité les monts Acrocérauniens, ce qui signifie les monts aux sommets orageux. Elles s'avancent des côtes de la Grèce vers la pointe de l'Italie, qui du côté opposé s'avance aussi dans la mer ; et ces deux promontoires , distants l'un de l'autre de douze lieues, forment l'entrée du golfe Adriatique, et le plus court passage entre l'Italie et la Grèce. La villeou bourgade de Chimérium subsiste sur ces montagnes de temps immémorial ; et lenom qu'elle leur a donné signifie dans la langue goecque, comme celui d' Acrocérauniens , les montagnes des Tempêtes. Leur aspect est si effroyable, que les fleuves auxquels elles donnent naissance, connus dans l'antiquité sous le nom de l'Achéron et du Cocyte, ont été décrits par les poètes comme les fleuves des enfers Dans ces montagnes habitent de petites nations , à qui l'horrible aspérité de ce séjour a conservé leur indépendance. On dit que ce sont les anciens
IHi RÉVOLUTIONS 1>K POLOGNE.
Myrmidous, sujets d'Achille, amenés dans ces contrées par sou ftlls ; mais comme ils furent ensuite compris dans le royaume de Macédoine , ils se prétendent descendus des Macédoniens. Us se plaisent à conserver ce nom, qui aujourd'hui encore les rend recommandables. Us n'ont point d'autre profession que celle des armes. La plupart vont servir les princes d'Italie. Un régiment au service de JNaples y porte le nom de gardes macédoniennes, et passe pour le meilleur de l'armée. Mais surtout la république de Venise en a un grand nombre parmi ses troupes. Lorsque le temps de leur service est expiré, ils conservent une partie de leurs appointements, et reviennentavec joie dans leur triste patrie, pour laquelle ils sont toujours prêts à verser leur sang ; ce qui les a fait nommer en Italie tes Suisses delà Grèce Ces Macédoniens, dont les plus grands exploits contre les Turks se bornaient depuis longtemps à piller les caravanes, se montrèrent alors plus en force, et firent des incursions plus régulières. L'Albanie était en même temps menacée par ses deux extrémités, le Monténégro bornant cette province du côté de l'illyrie, et les montagnes de la Chimère du cotéde l'ancienne Crèce.
Y. Us Albanais ou Arnautes marchent contre les Monténégrins.
Le sultan sentii la nécessité d'écraser un soulèvement qu'une plus longue patience aurait rendu plus dangereux. Tous les pachas de l'Albanie reçurent ordre de prendre les armes. Les milices albanaises passent pour les meilleures de l'empire ottoman. La province qu'elles habitent est l'ancienne Kpire, dont les habitants lurent autrefois si renommes par la guerre. On y retrouve, après deux mille aus, les