‹ revve des documents historiquesChapitre 60 sur 108 · LE CARDINAL CONSALVI · texte numérisé non relu

LE CARDINAL CONSALVI

Lettre adressée de Rome, le. i«' septembre 1801, par le cardinal Consalvî, secrétaire d'État du pape Pie VII, au savant Chaptal, alors ministre de Fintérieur. Le cardinal revenait de Paris, où il avait signé le Concordat avec le premier Consul. Il demande en grâce à Chaptal d'empêcher que M. Dufourny, commissaire à Rome pour les objets d'art, enlève les objets appartenant à des particuliers. Il déclare que le Saint- Père abandonne volontiers ce qui est la propriété du Vatican; il en appelle à la loyauté et à la justice du gouvernement français et à la bonté de son ministre. « Prenez, s'écrie-t-il, les propriétés qui ne sont pas aux particuliers et sauvez celles-ci. » Le ton à la fois humble et fier cie cette lettre mérite d'être remarqué.

Excellence

C'est absoluntent en V. E., c'est dans la connoissance de ses qualités personnelles, que sont fondées mes espérances j>our l'heureuse issue de Tafifaire qui forme l'objet de l'envoi <i'un courrier extraordinaire, porteur de cette dépêche. Je dirai de plus, que c'est dans sa personne (dont je ai rendu à sa Sainteté le comte le plus détaillé) que le Saint Père a fondé les siennes.

M. Doufourny, commissaire des objets d^arts, a fait ici des <lemandes qui, quoique viennent à la suite d*un arrêté du

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1 3 floréal, cependant doivent recevoir des modifications en ' conséquence de ce qui s''est passé plus récemment à Paris, où je ai eu Thonneur de parler au P. Consul et à V. E. même sur cet objet. Je joins ici une mémoire détaillée, qui instruira V. E. des faits, qui ne lui sont peut être connus dans toute leur extension. Je prie V. E. de y jetter un coup d'œil; je le prie dans un moment de loisir de vouloir le lire elle-même : c'est ce que demande instament à sa bonté ordinaire. Je n'ai pas eu le tems de l'écrire en français, qui m'est un peu plus difficile. Sa Sainteté ayant étée très pressée par son désir d'envoyer le courrier le plus tôt possible, ne m'a pas donné le tems de la faire au moins itraduire. Que V. E. me pardonne cette peine de plus que je lui procure. Elle verra, par la lecture du mémoire, que la demande du S. Père est également appuyée à la justice que à la générosité française. Elle Test plus particulièrement à la bonté et amabilité de M. Chaptal. Que V. E. souffre aussi que je lui rappelle la conversation que nous eûmes ensemble là dessus, le dernier jour que j'eus rhonneur de la voir. Je rappellerai ce jour-là avec bien de la peine pour m'être éloigné d'.un séjour, dont je ne pouvais être plus charmé, et d'une personne aussi estimable et aussi aimable que M. Chaptal. Dans l'éloignement qui me sépare de lui, il peut être assuré que son souvenir me suit toujours, étant trop profondément gravé sur mon cœur.

V. E. n'a pas besoin que je lui répète ici ce qu'il est dit dans ce mémoire. Cependant l'intérêt que le S. Père y mette, m'oblige à dire ici un mot sur ce même objet. Que V. E. me permette de parler ici un langage franc et loyal, tel qu'il convient à un homme de son caractère. Il ne s'agit pas de sauver les propriétés déjà appartenentes au musée Vatican : sa Sainteté ne fait point d'opposition à les livrer, si le P. Consul le veut. Il s'agit de l'intérêt des particuliers et de leurs pro^ priétés. Ce sont les objets appartenants aux Braschi, aux Albani, à M. Bristol, à^M. Fogher, à l'église Impériale de

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