‹ revve des documents historiquesChapitre 61 sur 108 · LE CARDINAL CONSALVI I4I · texte numérisé non relu

LE CARDINAL CONSALVI I4I

rame. Ce n'est pas le gouvernement français d'aujourd^hui qui en fit la confiscation : au contraire, il la réprouve hautement. Le P. Consul en a donné une preuve éclatante, en ordonnant que Ton rende les biens au duc Broschi ; la cause est donc jugée : ce fut la confiscation aussi des objets en question qui eut lieu de même que Pautre. Si celle-ci est déclarée nulle et injuste, comment pourroit subsister l'autre?

Il est de même pour les autres individus susmentionnés. Le P. Consul me marquât un peu de mécontentement contre la famille Albani, la croyant ennemie de la France. Je tachai de la justifier. Outre cela les objets ne sont pas au cardinal, dont il se plaignoit, mais au Prince, qui depuis longtemps demeure en Allemagne, et qui est étranger à tout ce qui se passe à Rome. Je ne parlerai pas ni pour Téglise Impériale de l'âme, ni pour les deux Anglais : sa justice et sa générosité lui parleront pour eux. Je lui parlerai pour le Pape même et pour moi. Voulez vous, Excellence, que nous allions faire des visites domiciliaires, ou faire les sergens, pour les contraindre à rendre leurs propriétés, que ils soignent ? Je en appelle à votre cœur. Vous ne trouveriez cela ni humain, ni décent pour le caractère sacré dont le S. Père est revêtu. D^aiHeurs je ose vous faire observer. Excellence, si la conduite toujours constante de sa Sainteté vis à vis de la France n'a pas quelque droit à ce que votre Gouvernement ne lui trouble pas son repos. Vous me pardonnerez, je espère, ma franchise et ma loyauté ordinaire. Je vous prie donc. Excellence, d'envoyer des ordres précis et clairs. Prenez les propriétés qui ne sont pas aux particuliers, et sauvez celles-ci ; voilà tout.

Je ai ouflfert à M. votre fils, qui se porte à merveille, s'il vouloit profiter de l'envoi de ce courrier pour vous donner lui même ses nouvelles. Il est charmant. Il fut chez sa Sainteté avec tous les autres ; le Pape me dit de l'y conduire une autre fois seul; ainsi il ira dans deux ou 3 jours. Je l'aime à la folie :

■JLX.2L. ..jmLL-.. . ., ^. '^i

il est si gentil, si doux, si rempli de mérite, quoique si jeune, que vous avez des grandes raisons pour l'aimer. Je tacherai de lui témoigner tout l'empressement possible dans son séjour ici. Je finirai ma lettre, pour vous répéter. Excellence, mes prières pour que vous me teniez votre parole de disposer de moi comme votre agent. Vous ne manquerez pas à une promesse solemnelle. Je vous répète, Excellence, les assurances de ma considération la plus distinguée et la plus respectueuse.

De V. E.

Très afifectionné serviteur,

H. Cardinal Consalvi.

Rome, 1 septembre 1801.

Page 1