ANTOINE PETIT
Antoine Petit, né à Orléans, en 1718, était fib d'un tailleur qui, quoique pauvre, lui fit donner une bonne éducation classique. Il étudia la médecine et la chirurgie et vint à Paris compléter ses études. Ses progrès furent si rapides que la Faculté le reçut docteur-régent da 1 746 et le dispensa momentanément des frais de réception. Dès lors la réputation d'Antoine Petit se répandit dans toute l'Europe, qui le considéra comme un nouveau Boerhaave. Membre de l'Académie des sciences, en 1760^ professeur d'anatomie au Jardin du Roi, en 1768, il acquit à la fois la gloire et la fortune. C'était d'ailleurs un esprit droit et honnête ; la lettre suivante nous montre qu'il était ami du duc de Choiseul et témoigne de son bon sens. Il gémit sur la retraite de ce ministre et, contre Tavis général, pense que le duc ne rentrera jamais aux affaires que sous un nouveau règne, c Chacun sçait, dit-il, que le roy Louis XV n'a jamais pardonné. » Les justes observations d'Antoine Petit sur les médecins, qui ne peuvent être des magistrats parce qu'ils se doivent surtout aux pauvres, nous font connaître â la fois l'homme et le praticien.
Mon cher amy, la disgrâce de M. de Choiseul a consterné la cour et la ville; lui seul n^en a point été accablé. Il ne sera pas aisé de trouver un homme qui le remplace, ni de montrer un citoien qui le regrette plus sincèrement que moy ; j'ai toujours cru et je crois. encor que Taimer comme je fais c'étoit aimer le bien public, dont à mon sens il étoit le grand promoteur. On parie icy qu'il ne restera pas six mois dans son exil : jeparierois moy, que quelque grand homme qu'il soit et le supposant même encor plus nécessaire qu'il ne l'est en effet, il ne rentrera plus dans le maniement des affaires tant que le prince qui règne vivra ; chacun sçait que le roy Louis XV n'a jamais pardonné- J'ignore l'eflFet que produira le changement de ministre dans votre aflFaire de Versoi. Je sais seulement que M. de Monteynard, qui dans le département de la guerre succède à M. de Choiseul, est en général regardé comme un fort honneste homme; on lui accorde peu