RICHARD CROMWELL
Le Protecteur Olivier Cromwell mourut le 3 septembre i658, ayant désigné pour lui succéder son troisième fils, Richard, alors président de la chambre des lords et âgé de trente-deux ans. Aussitôt John Thurloe (i), secrétaire d'État et ami intime du défunt, se rendit avec Fiennes auprès des généraux Desborough et Bletwood afin de faire reconnaître par Tarmée le nouveau Protecteur. Sa mission réussit à merveille et Richard Cromwell fut solennellement proclamé le lendemain, 4 septembre, devant Whitehall, à Westminster et sur les principales places de la cité (2). Suivant l'usage, il dut informer les souverains de l'Europe de son avènement ; il écrivit au cardinal Mazarin la lettre suivante, par laquelle il sollicite la continuation des bons rapports qui existaient entre la France et l'Angleterre. Cette lettre, rédigée en latin, sans doute par Thurloe, est conçue en termes emphatiques : je me suis efiorcé d'en donner dans ma traduction le sens le plus fidèle.
Eminentissîme Domine, quanquam nihîl Nobis acerbius accidere potuisset quam in Serenissimi Patris Nostri obitu scribere, tamen cùm sciamus quanti ille Emîneiitiani Vestram fecerit, quanti Vos lUum, neque dubitetnus quin Eminentia Vestra, cui summa rei Gallicae a Rege commissa est, Amicî ac fœderati tam constantis tamque conjuncti mortem molestissimè latura sit, haud alienum existimavimus Vos, simul cum Rege, de hoc casu gravlssimo per literas et per Domi-
(i) John Thurloe, n. 1616, m. 166B. II avait réuni sur les affaires de son temps un grand nombre de documents qui ont été publiés en 1743. Ces State papers de Thurloe constituent une des sources les plus précieuses, pour Thistoire du protectorat d'Olivier et de Richard ûx>mwell.
(3) Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des Stuart par Guizot, t. I, p. 3.