RICHARD CROMWELL
num Lockhart, Nostrum deînceps Legatum (i),monere, uti
etiam eâdem occasione Vobis confirmare Nos, ad quos su-
prema harum Nationum potestas rite delata est, non magis
in Reipublicae administratione quàm in summo ergà Rem
Gallicam atque Eminentiam Vestram affectu Patri gloriosas
memoriae successisse. Ut cum illum utpote Vobis amicissi-
mum et omni laude florentem amissum meritô Nobiscum
doleatis, quàm minime tamen quod ad praestandam Socie-
tatis fidem attinet, desiderare possitis, cui etiam ad utriusque
Geritis commune bonum Vestrâ quoque ex parte servandae
Deus Eminentiam Vestram quàm diutissimè conservet.
Dab. è Palatio Nostro Westmonasterii 6*** die septembris
an. i658.
Eminentiae Vestrae
Bonus Amicus,
'uJ/rà/c^
Ex mandato Celsitudinis Suae
jô. thurloe.
Eminentissimo domino D°® Cardinali Mazarini.
Eminentissime seigneur, quoique rien n'eût pu nous arriver de plus cruel que d'écrire sur la mort de notre très-sérénissime père, cependant, comme nous savons combien il estimait Votre Éminence et combien vous Testimiez, et que nous ne doutons pas que Votre Eminence, a qui le roi a confié la souveraine direction des affaires de France, ne s'af&ige grandement de la mort d'un ami et allié si constant et si intime, nous avons jugé convenable de vous avertir de ce très-grave événement, conjointement avec le roi, par ces lettres et par le seigneur Lockhart, désormais notre envoyé, et nous vous confirmons par la même occa-
Ci) Lockhart ne retourna pas de suite en France. — Cf. les dépêches publiées par Gnizot dans, le tome I de son livre sur Richard CromweU.
sioD que nous, à qui le suprême pouvoir de ces nations a été transféré, selon la coutume, nous avons succédé à un père de glorieuse mémoire aussi bien dans l'administration de la cbose publique que dans la grande affection envers la France et Votre Éminencç, afin qne quand vous pleurez avec nous à bon droit la perte de celui qui fut an ù grand ami pour vous et brillant par tons les mérites, vous ayez cependant moins que jamais à regretter ce qui tend à garder la foi d« l'alliance, pour la conservation de laquelle, de votre côté et dans Pintérêt des deux nations, Dieugardelepluslongtemps Votre Éminence. Donné en notre palais de Westminster, le 6 septembre i6S8. De Votre Éminence le bon ami
Richard, P.
Par son Altesse
J. Thurloe.
A l'éminentissime seigneur le seigneur Cardinal Mazarin.
Cette lettre, conservée précieusement dans la collection de Monsieur Benjamin Fillon, est scellée du sceau privé d'Olivier Cromwell. Elle n'a pas été connue de Guizot qui a publié, dans son beau livre sur Richard Cromwell, une série de dépêches diplomatiques adressées à Mazarin par l'ambassadeur de France. Je n'ai pas, dans ces divers documents, trouvé la mention de la lettre reproduite ci-dessus.
J'aicru devoir donner ici l'image exacte du sceau d'Olivier Cromvell.