II
Fournie deux brillant au bas de la croix au
retour de deux petis 108
Plus fournie 8 resort d'or, dont je n'en
compte que 4, cy . 24
Rendue 28 diamans roses, qui estoit au bague de coulleur.
Sur la 3« page on trouve les mentions suivantes de deux à-compte donnés à deux époques diverses :
Du 17" décembre 1742 reçu de Madame Duchatel par les mains de M"" Trichet dont j'ay mis mon reçu sur son livre , . . . . 1200 11.
Du 28* octobre 1 745 reçu à-compte de Monsieur Petié sur la lettre de M"' Du Chatellet 3ooo
Enfin le joaillier donna, le 10 novembre 1745, l'acquit définitif en ces termes :
Je reçue de Madame Duchatel par les mains de Monsieur Petié la sommes de six mil quatre ving douze livre pour parfait payement de tous ce quel me doit jusqu'à se jour pour fourniture mencionnée au mémoir de l'autre part, dont quitance à Paris se dix novembre 1745.
Pierre.
Denis Dodart, né à Paris en 1634, étudia d'abord pour le barreau, mais s'adonna bientôt à la médecine. Il mérita, dès Tâge de vingt-cinq ans, d'être appelé, par Gui Patin, un prodige de sagesse et de science^ et fut reçu docteur à la fin de Tannée 1660. Il devint médecin de la duchesse de Longueville, de la princesse de Conti, et enfin du roi Louis XIV. En 1 678 il entra à TAcadémîe des sciences, où l'appelaient ses connaissances étendues en botanique. Ce fut un des membres les plus éminents de cette illustre compagnie ; ses Mémoires pour servir à l'histoire des plantes, publiés en 1676, témoignent d'une originalité et d'une puissance d'observation vraiment remarquables (i). Il faut aussi savoir gré à Dodart d'avoir proclamé, un des premiers, l'efficacité de l'inoculation, contestée alors par les médecins.
Denis Dodart fit à Versailles, le 8 mai 1707, son testament ; j'en ai retrouvé l'original, et je le publie ici, à cause des détails qu'il donne sur le caractère de cet homme illustre et sur les mœurs du xvii* siècle (2).
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
C'est icy mon testament de dernière volonté.
Je désire estre enterré au plus bas de Téglize de la parroisse sur laquelle je mourray.
Je désire aussy que mes obsèques soient notablement au dessous de la médiocrité du rang que je tiens dans le monde, et qu'on donne à de pauvres honteux l'épargne qu'on pourra faire dans cette veiie sur cette dépense.
(i) Cf. L'Ancienne Académie des sciences, par Alfred Maary; Paris, Didier, 1864, p. 18.
(2) Ce testament original m'appartient actuellement, mais je l'offrirai, après ladite publication, à l'Académie des sciences, dans les archives de laquelle il sera désormais conservé.
Je veux qu'aussy tost après mon décès, on en donne avis à mes parents et à mes amys et sur tout aux Ecclésiastiques et aux Religieux de ma conoissance, me recommandant à leurs prières, et particulièrement au Saint Sacrifice de la Messe, et nommément aux Religieuses de Port-Royal des Champs, aux Carmélites du grand couvent de Paris et aux Religieuses Bénédictines de Montargis, et ce par des billets imprimés du plus petit volume.
Aiant depuis une longue suite d'années donné Paumône selon mon petit pouvoir et aiant depuis quelques années fait des pertes qui n'iront^ à guère moins de trente mille livres, à moins de quelque ressource que Je n'ay pas lieu de prévoir, je n'ay pas crû devoir engager mes héritiers à des distributions de sommes considérables, et d'autant plus que je connois mes enfants sensibles aux besoins du prochain et portés à donner l'aumône de leur propre mouvement. Ainsy j'ay crû pouvoir me contenter de ce qui suit à cet égard dans le présent testament.
J'ordonne qu'on distribue aussy tost après ma mort au Curé de ma Parroîsse et à mon Confesseur, tant à Paris qu'à Versailles, à chacun cinquante livres et pour en disposer selon qu'ils trouvent le plus à propos selon l'ordre de la charité en œuvres pieuses, les suppliant de se souvenir de moy au Saint Autel, selon la conoissance qu'ils ont de mes besoins.
J'ordonne aussy cinquante francs pouf les Religieuses de Port-Royal des Champs, me recommandant à leurs prières avec une extrême confiance et surtout au Saint Sacrifice de la Messe et dans leurs assistances au très Sainct Sacrement de r Autel.
Pour prévenir toutes les difficultés* qui pourroient survenir entre mes très chers enfants après mon décès au suject du partage des biens de ma succession, désirant de tout mon cœur entretenir l'union entre eux, et donner à chacun le bien que j'estime le plus convenable à chacun d'eux, selon la conois-
sance que j^ay de leur estât, de leur disposition et de leurs besoins,
Je donne et lègue à ma fille, tant pour ses droits successifs dans les biens maternels que pour ce qui luy peut revenir dans les miens, la. maison qui m^appàrtient, size rue Sainte-Croix de la Bretonnerie à Paris; plus un contract de sept cent livres de rente, tiu principal de quatorze mille livres, sur l'hostel de ville de Paris; plus un autre contrat de cent livres de rente, au principal de deux mille livres, sur le mesme hostel de ville; plus un tiers dans Pintérest que j^ay en la navigation nouvelle de la Seine, depuis Nogent-sur-Seine jusques à Troyes en Champagne, et des sommes que j'ay avancées, intérests, fruits, profits et revenus; plus un tiers dans la somme des deniers avancés par moy pour la régie de la dite navigation, et conséquemment un tiers dans les intérests écheus et à échoir de ce qui me doit un jour revenir de ces deux sortes d'avances, si Taffaire réussit au profit des associés; plus outre ce tiers dans cette affaire toute la part que j^ai acquise dans les droits des créanciers de feu Monseigneur le Duc de Rohanès sur ce qui doit revenir à sa succession tant pour la part qu^il a dans la société que pour les droits qui lui doivent revenir en qualité d'autheur et protecteur de l'entreprise, cette acquisition faite par moy moïennant quatre cents livres dans la somme de dix mille livres pour laquelle le fonds des créanciers a esté adjugé à Tenchère, la dite adjudication homologuée avec les créanciers refusants ; laquelle somme de quatre cents livres je donne et lègue entière à ma fille avec tout ce qui en doit revenir à ma succession; plus je donne et lègue à ma fille tout ce qui me sera deii au jour de ma mort de la gratification réglée par le Roy pour la place que j'occupe dans TAcadémie Royale des Sciences; plus toute la batterie de cuisine qui se trouvera chez moy à Paris, à Versailles ou à Fontainebleau; plus tout le linge tant de table que pour les licts; plus la moitié de la vaisselle d'argent et de ce qui pourra s'y trouver d'argent mon-
noie; plus ce qui se trouvera de meubles dans la petite chambre haute de mon appartement à l'hostel de Conty, rue des Poulies, dans laquelle ma fille couche, sçavoir un lict de trois pieds ou trois pieds et demy de large à housse de serge d' Aumale verte, une table de bois véné à colonnes torses, un cabinet de bois semblable sur colonnes torses, un miroir de vint huit pouces de glace ou environ en bordure scultée dorée, quelques chaises tournées, et autres meubles ; plus quelques livres de piété et d'histoire imprimés dont je joindray le mémoire à mon présent testament.
Et pour le surplus de touts mes autres biens de quelque nature qu'ils soient, après mes detes payées et mes legs aquittés^ je les donne et lègue à mon fils que j'institue pour cet efFect mon légataire universel, à la charge que les cinq mille livres que je luy dois de reste de plus grande somme qu'il m'a prestée par contract de rente demeureront confuses dans le legs universel, sans que l'acquit de la dite somme de cinq mille livres, en tout ou en partie, en cas que j'y puisse parvenir avant mort, comme Je le désirerois, puisse préjudicier à l'universalité du dit legs ; ce legs universel à luy faict par moy soussigné, tant pour demeurer quitte de ses droits successifs dans les biens maternels que pour ce qui luy peut revenir dans les miens, outre les vint mille livres que je luy ay donnés par son premier contract de mariage ; sçavoir par dessus ces vint mille livres quatre cents livres de rente à moy deùe sur l'hostel de ville de Paris, au principal de huit mille livres ; plus trois cents cinquante livres de rente sur la succession de M* Philippes Boulant de Parisis; plus cent francs de rente sur Maistre de
Jouy, procureur en Parlement, et Damoiselle, veuve de feu M. Louys Prieur, procureur en Parlement, et tout ce qui se trouvera m'estre deii soit par contract de rente, soit par sentence portant condamnation d'intérests ; plus les deux tiers de l'intérest que j'ay dans la nouvelle navigation de Seyne et des sommes que j'ay avancées, intérests, fruicts, profits et revenus,