LE VATICAN
Je fus introduit dans la chapelle Sixtine le matin, et jy restai tout le jour, passant une grande partie du temps à la parcourir de haut en bas. À mon retour, traversant les chambres de Raphaël, elles m'ont paru d’un ordre inférieur.
Dans beaucoup de livres écrits sur la peinture, Raphaël est porté aux nues pour le naturel de son imitation, et parce que les velours et les satins sont peints chez lui à s’y méprendre. Cela est si peu véritable, qu'il n’y a pas de peintre au monde plus éloigné de cette imitation. Aussi n’était-ce pas son devoir de s’y appliquer, si ce n’est dans les portraits, comme dans celui de Léon X à Florence‘, où la vérité de la draperie est extrême ; mais non pas dans les tableaux d'histoire.
Ces prétendus connaisseurs croient que toute la vertu de l’art consiste à rendre les choses au naturel. Si c'était le cas, que de Raphaëls la Hollande n’a-t-elle pas produits! Ce que je voudrais fixer, c’est le point sur lequel le jeune peintre doit diriger son attention. Il faut que son idée de l’art soit prise de l'exemple des grands maîtres. Or les jeunes peintres ainsi que les amateurs, s’étonnent souvent de voir une peinture où