‹ Reynolds, discours sur la PeintureChapitre 235 sur 302 · Maintenant au musée de Caen, n° 110 du catalogue · texte numérisé non relu

Maintenant au musée de Caen, n° 110 du catalogue

MALINES 371 quent de vigueur; ils paraissent d’une substance plus aérienne que le reste du tableau, qui a la solidité et la richesse ordinaires. Un des mages tient un encensoir : je mentionne le fait pour distinguer ce tableau du grand nombre d’autres que Rubens a peints de ce sujet. Il est gravé par Vorsterman.

À l’intérieur d’un des volets est la Décollation de Saint Jean- Baptiste, et sur l’autre Saint Jean l’évangéliste dans la chaudière d'huile bouillante. Les figures qui le mettent dans cette chaudière manquent de vigueur, ce qui n’est pas le défaut ordinaire de Rubens ; la tête du saint est vulgaire, ce qui au contraire n’est pas rare chez lui. L'ensemble est riche et moelleux de couleur. A l'extérieur des volets est le Baptême de Jésus-Christ, et Saint Jean à Pathmos : l’un et l’autre sont de sa meilleure manière ; l’aigle de saint Jean est supérieurement peinte, le Baptème a souffert beaucoup. Dessous il y a trois panneaux, où sont peints la Nativité, le Crucifiement et la Résurrection. Quoiqu'ils soient de Rubens tous trois, ils n’ont que très peu de mérite en dehors de la facilité du faire. De la Nativité il y a une gravure par Vorsterman, qui semble gravée d’après un tableau fini. Probablement le dessin tiré de la peinture par le graveur aura été corrigé par Rubens. Ce qui parait le confirmer, c’est la dédicace de cette estampe, adressée par Rubens lui-même à son ami Pierre Venius, Testem hanc exanimo, etc. Rubens a recu pour ces huit peintures 1 800 florins de Brabant, soit environ 180 livres sterlings, comme il paraît par une quittance qu'on garde dans la sacristie; et le tout fut commencé et fini en dix-huit jours.

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