Maintenant à la Cathédrale
peut-être le plus considérable de tous les ouvrages du maitre, pour la variété et la science du dessin, et pour la judicieuse ordonnance du tout. Dans les efforts que font les larrons pour se dégager de la croix, il a surmonté avec bonheur la difficulté de l’art, et l’expression de douleur et de résignation est admirable dans la Vierge. Ce morceau peut en somme être considéré comme un des premiers tableaux du monde, et donne la plus haute idée des talents de Vandyck ; il prouve que ce maître avait vraiment le génie de la peinture d'histoire, si le portrait ne l’avait pas accaparé. Il est vrai que le coloris n’appartient pas au genre le plus brillant; mais son accord avec le sujet le rend aussi agréable que s’il avait la fraîcheur de Rubens. Un autre petit détail, c’est que l’air de saint Jean est commun; c’est la seule faute du tableau, si l’on excepte les cheveux de la Madeleine aux pieds du Christ, trop soyeux et qui ressemblent plus à un morceau de soie qu’à une chevelure. Il y a une gravure de la tête, à laquelle on a ajouté une tête de mort.
L’autel à droite, de Vandyck : Saint Bonaventure soutenu par un Ange, pendant qu’un autre Ange lui donne la communion ‘. Le prêtre à l’autel est sans majesté : il regarde pardessus son épaule, comme par un mouvement de curiosité pour voir ce qu'ils font. Le saint lui-même est d’une pauvre invention et ne fait qu'une médiocre figure au prix de la facon dont ce même sujet a été traité par le Dominiquin et par Augustin Carrache dans leurs Communions de saint Jérôme. Le coloris n’est pas brillant ; un ton rougeâtre domine trop dans les chairs, en particulier dans les ombres. C’est, comme je l'ai observé, le défaut de passablement de tableaux de Vandyck. Une gravure par François Vanden Wyngaerde.