SECONDE SALLE
Vanpyok. — Dans la salle suivante il y a trois admirables tableaux de Vandyck, savoir : Saint Sébastien, la chaste
2. Attribué maintenant à un imitateur du maître, n° 867. UN ONT SES)
Suzanne et une Notre-Dame de Pitié. Les deux premiers‘ sont l'ouvrage de sa jeunesse ; montés de ton, dans la manière de son Jupiter et Antiope du cabinet de M. Dasch à Anvers, d’un tableau de mème sujet à Lord Coventry, de son portrait chez le duc de Grafton, et du portrait de Rubens qui est chez moi. Jamais il n’eut dans la suite une manière aussi brillante de colorier ; elle éclipse tout ce qui les environne. Derrière sont des cavaliers, touchés avec beaucoup d'esprit. C’est la première manière de Vandyck, quand il imitait Rubens et le Titien, et qui suppose le soleil dans la chambre. Dans les tableaux qu’il fit ensuite 1l a représenté les effets d’un jour ordinaire : l’une et l’autre manière étaient également dans la nature ; mais sa première manière emporte un avantage et s'empare de l'attention, : tandis que les ouvrages de sa dernière manière courent risque de n'être pas aperçus.
La Notre-Dame de Pitié * est aussi fort bien coloriée (quoique non pas de cette brillante espèce), bien dessinée et finie avec le plus grand soin et la plus grande précision.
Il y a encore trois autres tableaux de Vandyck dans cette chambre ; l’un est la Vierge avec l'Enfant Jésus avec Saint Jean * : la Vierge baisse ses regards vers saint Jean, qui présente son écriteau à l'Enfant Jésus. Les deux autres sont de petits tableaux : Sainte Rosalie portée au ciel, et la Vierge présentant Sainte Rosalie à la Trinité : l’un et l’autre fort indifférents.
Deux portraits de femme en pied. Dans le portrait en noir, le coloris est passé; son visage est plus blanc que son linge.
AMORrOSsO. — Une petite fille endormie à terre. par Amoros0 *, simple et naturelle.
GÉrarp Dou. — Le tableau le plus estimé ici et dont cette salle a pris son nom, est le Gérard Dou* : un Charlatan sur des tréteaux, qui harangue des figures de différents âges, mais je ne puis ajouter de différents caractères; car il n’y a réellement point de caractères dans ce tableau. Le fini en est pré-
1 2N°623,:822. 4. Château de Schleissheim, n° 1136. J'HN930 5. N° 394.
cieux, mais il n’a rien d’intéressant. Gérard Dou s’y est représenté lui-même regardant par une fenêtre, sa palette et ses pinceaux à la main. Les têtes n'ont pas de caractère, et le peintre n’a peint aucune sorte de circonstances divertissantes. La seule qui s’y trouve, d’une femme qui essuie un enfant, est de celles qu’on eût mieux aimé ne point voir ; les autres figures sont debout tout autour, sans invention ni variété. On croit que c’est la plus grande composition du maître, dont les autres tableaux ne contiennent guère plus d’une seule figure ; et on voit bien que celle-ci était trop pour lui, et plus que ses talents n’en savaient mettre ensemble. Les accessoires mêmes qui sont au fond, sont mal distribués et disproportionnés : un tronc d'arbre est trop petit, et les herbes sont trop grandes; l'un et l’autre sont traités avec la même attention que si ces objets étaient les principaux. En résumé, la seule figure qui tient un livre du cabinet de M. Hope, vaut mieux que cette grande peinture, qui peut-être a demandé dix fois plus de travail.