Voir p
tableau, pour décider s’il est original. Gainsborough possédait cette légèreté de manière et d’ effet à un degré dontiln # a, je crois, pas d'autre exemple; mais il faut convenir en même temps que les sacrifices qu'il a faits à cet ornement de notre art sont trop grands; c'était préférer en vérité de moindres perfections aux plus grandes. :
Je conclus. Quelque excuse qu'on allègue pour les défauts
de Gainsborough {je veux dire en particulier de son défaut de précision et de fini), qu’il a su si ingénieusement couvrir par des beautés, et qui ne sont pas de la plus grande importance dans la partie de l’art qu’il cultivait, il faut que vous vous rappeliez que le style qu’on enseigne dans cette Académie est justement de ceux qui ne permettent absolument pas ce défaut. Ce style doit faire l'objét de votre application. Votre premier devoir dans cet effort est de ne perdre jamais de'vue les grands principes et les règles de l'art formés sur l'exemple des grands maîtres et confirmés par l'expérience. Voilà le fond de toutes vos études. A cela, il vous sera permis d'ajouter le profit qu’on peut faire (comme je voudrais que vous le fassiez aujourd’hui) de l'expérience particulière et des talents personnels d'artistes vivants ou morts. Tirez des lumières de leur pratique et recueillez-en des idées. Mais aussitôt que vous faites d'eux des modèles, vous tombez beaucoup au-dessous d'eux; vous courez le risque que des mérites qui sont moins la dépendance de l’art que le propre de ces artistes, ne servent qu’à votre corruption, et qu’une imitation de
ce genre ne vous rende mauvais copistes de bons maîtres. Une seule chose se recommande à votre imitation, c’est la
vérité générale de la nature.
STE hËS
TE VELS