‹ RhapsodiesChapitre 27 sur 45 · ORIGINE D'UNE COMTESSE · texte numérisé non relu

ORIGINE D'UNE COMTESSE

Ah! c'est très bien !. ..

La Camaraderie.

Très peu.

La Camaraderie.

Dieu ! Manon, comment es-tu faite ?

Ton mouchoir est tout déprimé, Et sur le dos de ta jaquette Le vert gazon est imprimé.

De cueillir au bois l'aveline, Venir à minuit ?... Vous mentez !

Sortez d'ici, sortez, coquine !

Ah ! je vois que vous en goûtez !

Mais votre regard est humide, Mais qui peut ainsi vous blêmir ?

A dix-sept ans le front livide !

Manon, vous me faites frémir.

A trente ans, moi, j'étais novice; A trente ans !... Vous en plaisantez ? C'en est fait, vous aimez le vice.

Ah ! je vois que vous en goûtez !

i48 RHAPSODIES

Alors, en action, son père Mit sa morale, et la rossait :

Quel affront! Azaïs, j'espère, Nous dira ce qu'il compensait.

Nouvelle Inchbald, dans l'indigence, Elle s'enfuit vers nos cités ; Que Dieu protège l'innocence !

Ah ! je vois que vous en goûtez !

A peine arrivée à la ville, Un évèquela remarqua ; Puis, se blasant de l'Évangile, Pour les drapeaux elle abdiqua.

Tour à tour pucelle, adultère, Qu'elle enivra de dignités De son gros amour sans mystère !

Ah ! je vois que vous en goûtez !

Enfin, elle a blason, richesse ;

L'Église nourrit son budget;

Un vieux seigneur, dans son ivresse,

Lui promit un Carnavalet;

Aujourd'hui, comtesse, on l'admire,

Elle a part aux indemnités ;

Au roi même elle pourrait dire :

Ah ! je vois que vous en goûtez !

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