LA SOIF DES AMOURS
Héléna, je vous suis tout vendu.
Augustus Mac-Keat.
Viens, accours, fille jolie!
Viens, que j'oublie en ton sein
Le chagrin, Qui, partout, dans cette vie, Suit le pauvre pèlerin.
Qu'un autre envieux de la gloire Dans le tracas coule ses jours;
Moi, toujours, Riant de ce mot illusoire, Je n'ai que la soif des amours!
Viens, accours, fille jolie!
Viens, que j'oublie en ton sein
Le chagrin, Qui, partout, dans cette vie. Suit le pauvre pèlerin.
i5a RHAPSODIES
Qu'un buveur, la tasse remplie.
Aux coteaux consacre ses jours;
Moi, toujours, Sans goût savourant l'ambroisie, Je n'ai que la soif des amours!
Viens, accours, fille jolie !
Viens, que j'oublie en ton sein
Le chagrin, Qui, partout, dans cette vie, Suit le pauvre pèlerin.
Qu'un ladre accumulant sans cesse, Sur ses trésors traîne ses jours;
Moi, toujours, Méprisant honneurs et richesse, Je n'ai que la soif des amours!
Viens, accours, fille jolie!
Viens, que j'oublie en ton sein
Le chagrin, Qui, partout, dans cette vie.
Suit le pauvre pèlerin.
Qu'un Anglais trace sur la tombe Des vers sombres comme ses jours;
Moi, toujours, Sur des fleurs ma lyre retombe, Je n'ai que la soif des amours!
RHAPSODIES i53
Viens, accours, fille jolie !
Viens, que j'oublie en ton sein
Le chagrin, Qui partout, dans cette vie, Suit le pauvre pèlerin.
Le temps éteindra sous ses ailes
Les feux ardens de mes beaux jours;
Moi, toujours, Je serai galant près des belles.
Je n'ai que la soif des amours !
Viens, accours, fille jolie!
Viens, que j'oublie en ton sein
Le chagrin, Qui, partout, dans cette vie, Suit le pauvre pèlerin.