NOTIONS PRÉLIMINAIRES
Précis des quatre Ages de la Littérature»
' Les Gre;ps sont les premiers peuples du monde qui se sont immortalisés
I)ar des ouvrages de littérature en tous es genres. Nous leur devons des chefsd'œvivre qui ont fixé jusqu'ici , et qui fixeront à jamais l'admiration de tous les siècles éclairés et polts. Homère s'éle- ^^ ^^r,l^ vaut, par l'effort de son seul génie , aux «* plus sublimes hauteurs de la poésie , en déploya dans l'épopée tout le feu , tout le coloris., toutes les richesses. Hésiode décrivit en vers les travaux de la campagne , et donna des préceptes ^sur le premier et le plus utile des arts, f^c^pe prêta dans l'apologue un langage aux animaux , pour instruire les hommes. L'é}égant Anacréon embellit ses badinages de toutes les grâces d'une poésie douce et légère. Le fougueux Pindare chanta , sur le ton le plus énergique et le plus élevé , la puissance des Dieux et les exploits des héros. Eschyle, Sophocle et Eu- * ripide firent vQÎr , sous l'appareil majestueux de la tragédie ^ les terribles effets des passions humaines. Aristophane et i/(jnanrfre livrèrent sur la scène comique.
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au fléau du ridicule , les travers et le^ vices dé leurs concitoyens. Hérodote j Thucydide et Xénoph/m y prirent le^ crayons de l'histoire , pour transmettre aux siècles futurs les évènemens des siècles passés. Démosthène défendit, par les foudres de son éloquence, la liberté de" sa patrie, contre la politique et les armées de Philippe. Platon, Aristote, et mille autres sages enseignèrent les prin-^ cipes et les lois de la morale. Théophraste marqua les divers caractères des( hommes , avec autant de précision que i de vérité. Enfin, Théocrite, Moschus, et Bion tracèrent les plus agréables tableaux de la vie champêtre et des mœurs n naïves des bergers. ]La plupart de cesgrands hommes fleurirent dans le siècle dé Philippe et Ôl Aleoaandre -: âge heureux, qui est la première époque intéressante dans l'histoire de l'esprit humain.
Rome était encore presque sauvage , et n'ambitionnait que la' gloire des conquêtes. Des ambassadeurs athéniens s'y étant rendus pour une affaire particulière , tous les jeunes Romains qui les entendirent , furent ravis de leur éloquence. Le goût de cet art merveilleux s'empara de tous les esprits , et les plus illustres citoyens de la république s'y distinguèrent. Bientôt la Grèce perdit sa liberté. Les arts , exilés de ces belles
lonlrées , Tinrent établir leur empire lans Rome , et y brillèrent du plus vif Iclat sous César et sous Auguste.
Plante et Térence avaient déjà fait siècia {connaître la comédie. Ctcéron, quoique eU'^n*"^ moins nerveux que Démosthène , devint • le modèle des grands orateurs. Lucrèce^ né avec un génie des plus poétiques , l'employa , malheureusement , à préconiser un système non moins absurde qu'impie. Virgile entreprit avec succès î'égafer Homère dans 1 épopée , Théo-r ^n^ite dans lé genre pastoral , et surpassa Hésiode dans le géorgique. Horace Perfectionna le lyrique , en réunissant enthousiasme de Pindare à la douceur iiAnacréon, et fit oublier Lucile , qui avait été , chez les Romains , le père de la satire. Tibulte et Properce répandirent dans leurs vers élégiaques tout le pathétique du sentiment. Salluste, Titer iLive , César lui-même , et après eux , Quint&-Curce et Tacite ^ écrivirent l'histoire, et portèrent à un degré supérieur Fart de peindre et de raconter. Phèdre fournit avec gloire la carrière •que lui avait tracée Esope. Ovide fit étinceler dans ses diverses poésies l'imagination la plus féconde et la plus heureuse. Perse , et bientôt après Juvénal, marchant sur les pas d^ Horace j lancèrent avec vigueur les traits de la satire contre les vices de , leur siècle. Séncquo^ m^oraliste et poète ^
cultiva Vaviàes Sophocle et des Euripjido. ' Lucain peignit , en vers dignes do I ép<H pée , les fureurs des discordes cÎTÎies. :
dans les champs de Pharsale. Pline lel jeune consacra le talent de réloquencorl 'h louer uu des plus parfaits modèles des ' bons souverains. Mais le règne de la ' belle nature avait alors ^fait place au règne du bel esprit. Yainement sous les successeurs à* Auguste , Tacite et ^uin^ tilien avaient lutté contre le mauvais goût qui défigurait l'éloquence et la poésie. L'enflure y le gigantesque , les jeux d'esprit , les faux brillans du tragique romain et du chantre de César, ne firent qu'en accélérer les progrès; et le pané* gyriste de Trajan ne put en éviterla
contagion.
Les peuples du nord inondèrent l'Italie. Le siège de l'empire romain fut transféré à Constantinople. Les arts s'y réfugièrent , et y jetèrent par intervalles quelques faibles lueurs. Le reste de TEurope fut plongé dans l'ignorance et dans la barbarie. Heureusement les moines s'occupaient dans leur solitude à copier des livres, et nous conservèrent ainsi les trésors de l'antiquité. Au milieu de ces ténèbres , les Troubadours , ou poètes provençaux , firent entendre , dans nos provinces méridionales , leurs naïves chansons. Mais le Dante et Pétrarque furent les premiers poètes qui , en illus-
Irant Tltalie , annoncèrent la renaissance des .arts.
Quelque temps après , Constantinople sièci« lomba sous les elForts de la puissance ^** m*^^"- Ottomane. Des savans de cette ville furent appelés dans les Etats des Médicis , qui régnaient à Florence, et qui occupaient le trône de TEglise. Comblés des bienfaits de . ces souyerains , ils enseignèrent publiquement les langues ancieimes 5 et un des Lascaris , de la famille des empereurs de Nicée , ne dédaigna
(\9^ d'ouvrir une école de grammaire atine et grecque. Les chefs-d'œuvre de Rome et d'Athènes furent alors reproduits avec des commentaires qui en découvraient les beautés. Une foule de poètes , d'orateurs et d'historiens , firent revivre dans leurs belles productions la langue des anciens Romains. Erasme , la fléau du mauvais goût de son temps; f^da, critique habile et poète immortel ; Sadolet , Budée , Perpinien , Mariana j ce digne émule de Tacite , et mille autres savans non moins illustres, ouvrirent les sources de la bonne littérature.
L'Italie fut l'heureuse contrée où les lettres et les arts fleurirent avec le pla»d'éclat; Machiavel se distingua par la profondeur de son génie et par l'élégance de sa diction. Guichardin excella dans le genre de l'histoire. UArioste enrichit sa patrie d'un poëme admi*
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rable. Le Trissin ût luire dans l'épopé« l'aurore du bon goût; et le Tasse suivit d'un pas ferme et rapide les traces X Homère et de Firgile. En Portugal , le Camoëns cultiva la poésie épique avec de grands succès. En Angleterre , Shakespeare offrit , dans ses poëmes tragi- 3ues ^ un mélange de beautés sublimes et e défauts monstrueux. En France , Marot charmait les esprits par ses poésies pleines d'enjouement et de naïveté; de Thou crayonnait , dans la langue des Césars, les malheurs de son siècle , lorsque parurent Pibrac , Montaigne et Charron. Mais ces hommes de génie ne connurent point tous les agrémens dont notre langue était susceptible. Bientôt Malherbe les déploya dans une poésie noble , harmonieuse , énergique ; et , après lui , Balzac donna du nombre , de la, cadenc.e et de la grâce au discours.
sîè«ie ^^ f^" ^^* guerres civiles embrasait la
de Loais XIV .france. Richelieu , après avoir pacifié le royaume , établissait la balance de l'Europe , lorsque le grand Corneille , père de notre théâtre , créa une tragédie nouvelle , et partageisr le laurier de Sopliocle. Patru , le Maistre et Gautie commençaient alors à introduire la vraie éloquence dans le barreau. Louis XI monta sur le trône, et bientôt il se fifl une révolution étonnante dans le gou verncment , l'esprit et les mœurs de toui
les pelades de> TËurope. .Tandis cpie Milùoai pifUuaît «a Angiôtenfe son poème épique y on rit édove parmi nous . de»
prodiges ; des cbefs^^'œuvre en toas. ios ^nres. Ce sièelb de^ lumières ett dn rrat goût n'tut presqne vieil à entier .aux.
Waux aièel^ à^Âkxandre , d'jiuçufta et des Médiei^ La M&ohsfoucaufy ut us portisab aokevé: an emnr de llionuxie..
Meiièfie enleiift le sceptre de la eomédie:
»«x GrÉc» et aux Latins , el le laissa ^Ditre les miaias de Régnard^ La Fan-teAnjb, supérieur à E^ùpe et à Phèdre, montra Fap^ogae arec toute' la perfection imaginable. Pascal fit éclater dans ses divers écrits le génie le plus pénétrant, le plus sublime et le plus vigoureux. iBdarrfa/otte, Bo^swe^, Massillon, FUchieVy donnèrent à l'éloquence sacrée autant de force , d'agrémens et de majesté que Démostliène et Cicéron en avaient donné à Féloquenoe profane.
BôiUau suivit de près Horace^ et laissa derrière lui Perse et JtwénaL Madame d;e9 HoiUSéres offrit, dans ses IdyUes, de vrais modèles de poésie»' bucoliques. Haleine se montra le digne ri^al à^ Euripide, QuinauU créa et perfectionna le ^ectaele lyrique. La Bruyère égala Tkéopkraste.
F^n4^/<>» étala, dans une poésie non rimée, tout le merveUleui de l'épopée. L'élo- .
quent Bùss^uet , d^Orédans > et apr^ eux Ft^tot, manièrent avec le plus
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grand succès les pinceaux de rhistoire* Au commencement du siècle dernier-, à^AguusedUf Cochifi et Normand furent par :leur éloquence les lumière» du barreau. WAvrigny » Rollin et Bougeant se distiniguèrent' dans- le genre historique. Bimssfaù tira de' sa lyre des sons wj! Horace «t Pindare n'eussent point désavoués. Destouches ' et Piron produisirent des chefs-d'œuvre dignes de Molière, Crébillonteai la gloire de balancer Eschyle; et Foliaire, incom^rable dans les poésies légères , à qui notre scène doit une partie de ses richesses , fit d'heureux efforts pour atteindre à la* couronne épique.
Origine et Principe des Beaux-Arts.
Les arts en général ont été inventés , les uns pour le seul besoin de l'homme; ce sont les arts mécaniques : les autres pour son plaisir et son utilité tQut-à-la- £>is; ce sont les bçaux-arts , appelés libéraux, parmi lesquels l'éloquence et la jioésie tiennent le premier rang. Quoiqu'il ne soit question dans cet ouvrage que de ces deux arts, je dois nommer ici les cinq autres , qui sont l'architecture, la sculpture, la peinture, la musique, et la danse» On ne peut avoir
aàeuBe connaissance précisé de l'é}H>qae où les: arts furent inventés. Mais on a formé sur leur: or^ine des 'fconjecturês hiçn vraisemblables^ que je vais rapporter succinctement. ;. . • . >,
Dea antres creusés par la>imture dans le sein de la terre ou des rochers; des arbi^çs touffus , dont les branches étaient entrelacées./ . servirent- d'abord de fre-»
tçaite.ausi: premiers .hommes errans et dispersés. Ils ne tardèrent pas à 'conce-* voir la possibilité de rendre ces demeures plus solides et plus commodes.
Pour y parvenir, ils élevèrent :dés'nmrs de terre .détrempée , dans les ipefits espaces qui . se : trouvaient entre > les, troncs des arbres , : et ils. remplirent par "d'autres branches y ou par des roseaux joints ensemble 9 le vide des branchés qui formaient le toit de.rhabitation. De là l'origine de l'architecture.
Des besoins iréciproques forcèrent) les premiers hommes à se communiquer jr par la parole y leui!S pensée^ et leurs sentimens., Çélut qili les exprimait avec plus de justesse «t d'agrément, 'captiva l'attention des auitres » .et se fit écouter avec plaisir, fdàé , des lumières ;d'uné raison droite et(S|(ge > il entrevit des vérités qui devaient êtr^ ^Utiles à ses /semblables y telles que H'jétabltft^ement de certaine^ lois génér^tes^, l0> fixation* ^es propriétés particulières , îles heureuX' effets' d'une
iMMi^a «table eÉ jierniaiieBie , et/c* Il leur «xposa ces Téniéa, et il vrai à bo«t d'écUîrer leur esprii , en leur faisant con^vQtr ft^ propres idées; d'éehauffier leur âme , en leur faisant émoùyer ses
[propres Matsnens. De là rorigine de
lom les komi&es apporteRl en nais-^
saat ridée d'un Ëtm-Suprême. €^sux-ci,
«éuats em petites soctélés^ devaien!! pi»
eooaéquent en reeonnaHre Texi^eliçe,
et lui rendre, une espèoe^^ de culte. On
d'e&tve eux, admirant ces ebefs-d'eeravFS
dioitrtbii'rera est rempli V se leroaa une
idée^ quoique bidn imparfaite :, d& leor
autenf, demi ë éntrepi^it de pMiMier la
gloire. Plongé en <{Mlqtie façon dans
l'extase, «inais empoité tom-à^eoup pai^
tto^ imagination vire el ardente , it se
représenta sous une lopme visiBIo les
attributs du souverain créatewr : tl prêta
«a oorps ei^ une. âme a«rx éiCi^reBs êtres
soràs un sesf nains, et les^ traça de néme
dans un ' tangage plus agréable , plus
ridae , et bien pins étevé> ^{Mî le langage
ordinaire. De là l'origine àt ta ^bésie ,
inrentée d'abord en Thonneur èe- la di-
TÎnité. Le même ^bcunine , ^sê/m doute ,
admirant ceolc de fies sem^^les qui,
dans ' éek : occasions périlleuses', s'étaient
signalés par: leur feree «ou- jéut^^adrèsse ,
fit an réqit pompetii de léùn»>a€tioQS,
en y ajètutant: méttie < quelqij^s eirQoa-*
tiaoces yràisemyahles , qai ieilHr don*naient un plus grand éclat« De là enoonfe Fmginô de la poém, inventée' i^our célébrer les. bérosi
Noos naissons âvtecià.facidAé d)$ taribr lel» accSns et noiare foîx. Quand les pre^ iiiîers hemmes entendirent le ramage et le eoncerl natirel deè oiseaux. > celui en qui Torgane de Foiûe était plus 9^nsi]>le et pliM délicat, dut*, es être j^lu^iVii^e* méat émn que les autife's. Cette rémetinii le porta h tenter id«. oombinertoes softs »
et de les imiter d'une manière agréable à ToreiUe. II fit sims doute un pareil essai après avoir été affecté des divers tons sur lesquels les hommes s'exprimaient , selufi le sentimciil ou la pa^sioil dont ils étaieiit aplés. . De là l'ctrigine cie la musique. Dans là suite ^ le.stille^ ment des vents , le bruit ^ourd -que ren-f dent les corps creux quand on les frappe»
donnèrent lieu à l'infention des instru-*
âiens.
' Il est bien naturel à l'homme de> faire éelaier' la joie qui lé transporte, nori^ si^lement par la sérénité de gdu vis^ge^ par le feu et la vivacité de ses regards ^ mais e&cote par cco'taines attitudeâ et ceHains mouremens du corps.: C'est ee que fit^nt les premiers hotnmet. Un d^ entre eut observa ces attitudes «et <3êt mouvem^^s^ Il essaya v en les régtaatt par U %<m êm h vois, de le* faire avee
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grâce et avec mesure. De là Torigine de la danse. -
Enfin 9 parmi ces premiers* hommes enchantés du spectacle si varié que leur oiBTait.la nature., il était impossible qu'il ne s'en ' trouvât point qui fixassent priaicipalement leur attention sur les objets les plus proches d'eux. Lors même que nous jouissons, nous cherchons à augmenter^, à doubler ; pour ainsi dire , nos îouisaances. Ce fut sans doute dans cette irue qu'im obseriiateur imagina de donner à:4Ui morceau d'argile ou de cire la forme d'un objet qu'il avait sous les yeux. De là l'origine delà sculpture.
Il est très-probable que , dans le même temps, .on entreprit de tracer sur une superficie *plate , l'image 4'iin objet avec ses couleurâ naturelles. De là l'origine de la peinture.
On sent que les premières ébauches de ces arts durent être bien informes et bi^n grossières. Mais les arts ne furent pas nfoins. inventés. Le temps , l'expérience et le goût les ont élevés à ce point de .grandeur et de beauté où nous les yo^nsi
' Après cette notion , quoique très-superficielle , de l'origine des beaux-arts , il est. bien facile de reconnaître un principe qui leur est commun :4)rincipe qui, oomij^e l'ont dit .tous les anciens et tous les nH>dernes , e^t limitation de la belle
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naturei On voit en effet que TéfoqueDGe et la poésie l'imitcsit par les .' diverses formes et. lés /divers agrément: du discours; rarchitècture , paroles maises; la sculpture» par le relief; la peinture »
par les couleurs ; la musique , par les sons inarticulés; la danse, par les mouvemens et les attitudes du corps. Mais en quoi consiste cette itniuitian.f de: la belle nature ? C'est ce que je vais ;tâcher d'expIiqiMr en peu de mots, et sans m'élever au-dessus de la portée des jeunes gens.
Imitation signifie ici une' représenta^ tion exacte et fidèle* d'un objet. .C'est comme lorsque le portrait qu'on a fait d'unOv personne ressemble à Ja . per*- 8onne même. Par la TiatxjLre^ onenfeend tous les objets qui exfsteni , et tous ceux qui peuvent exister, c'est-à-dire., auxquels • notre imaeination peut donner uAe existence réelle. Par- la belle Ttature, on entend ces * mêmes objets présentés avec toute la perfection dont ils sont susceptibles. Il faut qu'ils soient |>arfaits en eux-rinémes , poiir - <!p'ils plabent à notre esprit ; voilà le beau, : qu'ils aient un rapport, intime avec nous pour qu'ils intéressent notre cœur, voilà le ban.
Quelques compajraisons familières vont répandre une vive lumière, sur ces définitioBS. ■ i '
Un peintre nous offre sur la toile un
âoo k «4 r o b 1 42 v £
jardni. q«e aoui afom m» et tel ^e ai«ii9 Tayeris vu àamê iotttéîi ses parties^ «vec téuft «61 leraeiomi». Yoîlà «ne «nUiMêiê/màe la nmtmrts^ «'ievl^indire » uBere- {«éaéntatÎQa fidèfe d'àR e^jet <|uî «xîste réelkMeiit.
€rc mêma pemtve trace sur la toile «tn jasiiin fu'si a kii-rinéme entièireineiit iaaaginé.* fiâMonne sr'ren a jamais fv de leitdUkifale à celoi-oi.: Là foroie en est ÉDoke. jBÎngidîèire';': la ^spositMi 'de . ses cdmpÉMnDent est tout^nfait naant, et originale , sans que pourtant .eetie SMrme»
<;^tte dinpoisition, choquent en thstt la t«î^n.^ le jugemeal dès bons «connaîs- Jtenrs. Viûftiè encore une imiêation de ia ^mi$ur€i', x'est>À*4ire, la repréaenlMrtson d'un ebjet qni n'existe pas, mms^fâ, dans l'ordre pb^iqne de» chdseSL, pent exister.
Siippososs (pe ce jardin «fxfetant^ on ce fârdin |K)siiU«; , •eiCre dans m fotm»
la phis exacte régufarité ; dans ses com^ partimen^^ Varrangetnent le plus 0(m^ vénable ^ via pkis Jnste proportion; dans k^Sfomemens^dont il «st décmil , k phas rèdkm Taiîété»: ^flenf si/ fontaine» > cii^ oades , ailées ,■ hercmàtm , groltes , Cabî*^ nets de verdure, sièges de mousse, etc. , rîen d'àgréeble n'y m»»|«ke^ tout y «^ de la pkis grande Idéalité I tout s'y réunit pour tenir nos yeux dans une «spèM d^cnchamiemeiit. voilé une- imiPMimv (U
1m belU nature i e'est-à-£rd; Uiie représentation fidèle d'ua ob|èl au^i parfait que BOUÀ pouvoBt^ le concetoir. Voilà le hêau, qui frappe notre esprit» qui le rai4t d'adntraiioD.
Supposons encore que d^n^ ce j«rdîn f fSitile êe trouve joiirt à Taçréable. Ici , ce ftont des itrbrei chai^gé» ée fruits d*un ^ôùi exquiè : là , ce sont des herbes odoriférâinted et des végétaux q«i peuvent nouê servir d'aiîmens : plus loija , ce sont des plantes salutaires , dont Tusase
Ktft seuia^er ou guérir les maux de tuoiànjté souffrante. Voilà le ban, qui a un rapport intimé avec nous , qui intér^se notre cœur. .
On voit bien que ce que je dis ici du peintre» doit s'appliqoer à 1 écrivain. €e que le premier liaiit par les couleurs, le second le fait par 1 expression. Si donc un éc#vain nous trace le caractère d'un roi » connu dans Thistoire , ou qui n'a pas existé , mais qui a pu exister , il imitera la nature. S'il nous représente ce caractère aussi élevé » aussi vertueux qu'il puisse l'être , et comme ayant été le .nrincipe des plus grandes et des plus brûlantes actions que ce souveraîn a faîtes ou qu'il a pu faire vraisemblable-, ment , 11 imitera' la belle nature, il nous montrera le* beau, qui plair^ à nofre esprit. S'il ajoiïle què'^és actions de "ce monarque ont produit le bonheur de^ ses