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sujets 9 il nous présentera le bon^ q^ii intéressera notre cœur»
Peu. importe que ces objets imités , lorsqu'ils sont physiques» spient agréables ou désagréables à la vue ^ soient nobles ou bas , -grands ou petits. Peu importe , lorsqu'ils» sont* moraux , qu'ils excitent §n nous Famour ou .la haine, l'horreur ou l'admiration , le mépris ou l'estime.
Une campagne aride > hérissée de ronces et d'épines , et un coteau riant , couvert de fruits et de moissons; un irep- j tile qui se traîne dans la (ange des marécages » et un aigle (^ui pjane au sommet des airs : le caractère d'un Néron, l'opprobre du genre humain» et celui d'un Titus, les/délices de son peuple; le caractère d'un menteur , lâche et impudent , et celui de l'ami «ferme et courageux de la vérité, tiennent également à la belle nature y lorsqu'ils sop|| bien ifpités , c'est-à-dire , représentés avec tous les traits qui les rendent parfaits , chacun dans son espèce.
11 n^est point de serpent , ni de monstre odieux ^ Q ut, par l'ait imité , ne puisse plaire aux yeux (*).
Ce n'est cependant point cet objet odieux qui nous plaît en lui-même; c*est la des crîption vraie qui nou^ en est tracée. « Tout ce qui consiste en imitation -,
[*) BoUeau y Art poétique, cb. 3;
FRA]^GAIS£. 2p3
># dit Ariétotù ( * ) , est agréable , quand y> • bien même ce qui aurait été imité serait » trèsnlésagréable *en soi. Car le iplaidir » qu'on a de voir une belle imitation , » vient, non pas précisément de ce qui 7» a. été imité; mais de notre esprit , qui » fait alors en lui-méine cette réflexion i> et ce raisonnement , qu'en effet , il »' rtest riwi de plu$ ressemblant y et », ifû^on dirait que c'est la chose même ^ » et non pas une sinip le représentation » .
Ainsi , quand nous lisons une description bien faite de l'âme d'un scélérat , notre esprit est agréablement flatté , parce qu'il compare cet objet représenté avec l'ob)et imité» et qu'il trouve que r imitation est exacte et fidèle, voyant que l'âme de* ce . scélérat ressemble à celle d'un ou de plusieurs scélérats qui existent ou. qui peuvent exister. Il est vrai que l'âme de ce scélérat, ainsi décrite, inspire à notre cœur le plus vil mépris , l'aversion la plus forte* Mais c'est là l'effet que voulait produire l'écrivain, lorsqu'il nous en a offert la desxriptioB.
Dans la prose comme dans la poésie , la belle nature est estimée ,• c'est-à-dire, que dans. la prose, les objets réels ou possibles, et aussi beaux qu'ils puissent l'être , sont exprimés et décrits par le
(*) Rhétor. , Uv. I , cbap. 9^
(fiM^onrs tit»^ , et dans fa pHoédks , "peêt \c àiêtxmn mesurée Le dUoour» litre n'est amuféti ni au nombre Àè syitabé» , ni à la ecMiTenance des sons. Le discours meêuré f est assojéti , et consiste ^ par oônséquent , daûs ua certain Arrangeifient de ii»»t8 , sinraiH dfesi lèghss d4 terminée».,
SI le prio»âl«mt écrit un «^bjet avec ccilte vérité , c^ette force fui totiche , retûtre-, j^er»«ade; éi , par «xemple^, dà&s la vue de nous inspirer de l'berreur pcnir la flatterie, il nou» en expose toute h bassesae , toute la lâcheté, touti» la honte, et nous laisse intimement persuadés cpi'^lle ne dmt fam-ais avilir notre ame,> èé pï'OSateur sera éloquétit. Si le vorsîficatour décrit un objet avec cet art , ce coloris qtki nous M% prendre l'image de Tobjet pour l'objet m^^e; si , par exem* pie , en nous traçant les agrémens de l& campa^e , 9 nous en faît une descrip^ iion si vive et si animée > ((ue non»
croyons être transportés au fi^lieu des champs , voir de no* propres yeux li^ beautés que la nature y étale, et partager m^me avec teu% qm les habitent , les ptàisirs purs qu'ils y jutent ; m ^emù* eate^r sera vraiment pt^e.
Hègles fondamentales des Productions
littéraires»
Ce que je vieDs de 4ire touckaBt le principe de» beaux-^rt$,a dû faire juger
Ïu'il y a des règle& pour la composition es ouvrage^ cte littérature -, soit eu prose , soit en vers ; règles qui , émanées de la saine raison » fondées sur la nature du cœur humain , sont invariables , in* dépendantes du caprice des hommes, et qui , par conséquent» ont été et seront les mêmes dan^tous les temps et chez toutes les nations. Ces règles sont au noralM% de »Uf.f dont les trots premières servent à faire un bon ouvrage , et les trois autres, à le rendre aussi parfait qu'il puisse l'être.
Ce sont , 1."^ la vérité: elle co&siste dans l'exacte représentation des seuls objets, eu réels, ùu. vraisemblables, ou pessihlc^s. 2.'' Uardre: Ù consiste dans la disposition et l'arrangettient des parties qui doivent former l'ensemble d'un ouvrage. 3." La froportio<ti : elle consiste dans l'assortiment convenable et l'accord mutuel <le ces parties. 4«* h^agrément : ij consiste dtos le judicieux emploi des richesses du style, et des divers autres ernemens. 5.* \a utilité: elle eon*
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siste dans les instructions salutaires , relatives à nos besoins et à notre bonheur.
6.* h^ honnêteté : elle consiste . dans le respect pour la vertu , que l'auteur , de la nature a gravée dans notre âme en caractères ineffaçables.
Ainsi y un ouvrage est bon /lorsque les choses dont il est composé sont vraies ou vraisemblables; lorsqu'elles sont bien disposées et bien arrangées; lorsqu'elles sont bien assorties , et qu'elles se conviennent réciproquement. Ce même ouvrage est parfait , lorsqu'il est bien écrit, lorsqu'il est instructif, lorsqu'il respire la vertu. Mais il est bien essentiel d ob-*
server qu'un ouvrage où cette vertu ne
irait pî toutes les autres qualités requises f se-
serait pas respectée , réunît-il d'ailleurs
rait , à juste titre > regardé comme mauvais , parce que , si l'on a eu raison de dire : Rien nest beau qu& le vrai , on doit dire avec plus dé raison encore:
Bien n'est beau guet honnête.
Telles sont les règles fondamentales de toutes les productions littéraires en général. Mais chaque espèce d'ouvrage en a de particulières, qui se rapportent toutes à celles-là , et ce sera dans * expositioh de celles-ci que les premières se trouveront suffisamment développées.
En fait d'ouvrage ^e littérature , l'esprit est dans l'homme la faculté de penser et de raisonner^ le' génie , la faeulté
d^Itaagmèr et djny.eDter ; le goût , la faculté de discerner et de sentir. Quoique ces trois facultés de l'âme concourent toutes ensemble et en-méme>temps à la composition d'un bon ouvrage ,. il est cependant vrai dédire que la principale fonction de l'esprit est de choisir le sujet ; celle du génie , de créer le plan ; celle du goût , .
de fournir les embeliissemens. Or, les'rè- ■ gles aident l'esprit dans le choix du sujets soutiennent le. génie dans la création du plan , dirigent le goût dans la distribution des ornemens. Les règles servent de guide et de flambeau, pour qu'on puisse voir si le sujet est bien choisi, si le plan est bien construit, si les ôrnemens sont bien assortis.
Ces règles sont donc d'une nécessité indispensable , et à l'auteur qui compose»
et à l'amateur qui juge. S ils les ignorent, l'uû se flatterait en vain de produire de bons ouvrages , l'autre de les bien apprécier. L'homme même qui né lit que pour distraire son ennui » retire de la connaissance de ces règles les plus grands avantages . Elles lui font découvrir , nonseulement mille beautés qui lui seraient échappées, mais, encore la source et le principe de celles qui le frappent. On conçoit aisément que cette découverte doit ajouter beaucoupau sentiment agréable que lui cause la lecture d'un bel ouvrage.
9oS rhétobk^vii
Je V9ii 9k^8t;f ici lt% règles ées dinsri (ouvrages e& pnise ; 6t> pour B^en omeli^i'd auciiadûftprificipdttii, )e parlerai, i.* ûa dûcàwTê &NUûire etk pbaétBl ; 2.<^ de ses diff*éttn4eê espèeeê; 5.* du *^nre hi9t^-rù/ue^ 4** ^^ ^enfe didaeU^ue; â.^ 4û