I. Du. Choix et de C Arrangement des
Faits.
Xe champ qtii s'ouvre aux yeux de^hist^rien est d une étendue -immense > pui^
3ue l'histoire embrasse toutes les actions es hommes célèbres , tous les êvënemens dont l'Univers a été lé théâtre^.
Mais serait^il vi'ai que toutCGf les afjjtibns » tous les éviéQeineiis dussent indi^inbtement passer* soés la plume de l%istorito?
Non » sans doute : il y a un choix à faire *,' et ce choix dépend' d^un esprit sage' et )u-) dieieux , d'un discernement ausét fin que' juste.
Les choses grandes et dîgdesi d'être racontées s c'eeMndire » les chOs^^^hilé^
ressaùtes parJ'agrémeiit ou' pet« le>)fit)ilfi^ d'instruction' qu'elles présentellb,*'^6iit' les ' seulesiiqui peuvent ftiire Ià> matière' d'une histoire. Il faut surtout que^ k
^j2 hh^torique
vépJRé«^(HV^ bîoa cpostetée- Le premier dÊlt^i* • j^e . A'hUtiNPtQo • ^ 1 4e distinguer , avec la plus exacte précision » le faux da vrai , de rejeter tout ce qui est incertain ou d*une autorité H^apifiCta.»' et de n'admettre quexé quine peut pas être révoqué en iloute. L'histoire n'est >le récit que des choses vraies : J'his^orien s'annonce pour être l'drgane de ià Vérité. S'il rapporte des choses* fiàbsiek /bit . qu'il, doriiie pour dés véritésdéàimpléscorij^céureSjîl trompe le pu1>lic , il en iikiposc è/ l'Univers , pour lequel il écrit. , . . i ,. ■
j 'U^vôbs'dbhb 9 gui voùïèz* présenter aux siècles futurs' le tableau des siècles pasâé^nif) ^h^rohes^ U y^ité daoB sa premit^r^ source , dajM. 1q$. «oàùboiresi^bien sûr^,^,bifi# iidàl^ , crt v q«»aad; vûû$ l'au- T£^t tTQuy.^ 4 4farip6^Hir0Uà >d'ti&. courage ii}4hf(à^fibh i poiMT k' dire sam détour , san^i^qMÎ^^il^i^tsai^ le Qo^tnjlrei diégutsem§ii^ taîni de. v>aff$. le;^^ qpnéî^i^/» Ui passif ; l>'i3^Ht M. '. pArti»' Tf^prit naf itinal môiftei. «^ «K>iAeoit ,'XA y (m 'maoiez «ké pi^ceeax^de Kbi^toirel^ ^m» n»i Ae^et être ) dt'nuibuMe 9'etete > 4'aucta] .pajjfs^ Yotté qualité d'historien vous donne le titriolde )«ge/;'>i}»i^i$;fi^ivieiiez-^ro«i8^^«aiift eêa6«'i}he VûM^rtiei poi4«e;&»io,ii9 di«^«nMèr d^éUtei on ji|g«^^eJisin^tibtèçrû»fàil;é^ard(i«sé«BaB« gensi^t dfijVû» ûeifciftoyahi)^ à[l'>ég{^d^y alliée; doivott» patrie let ^ ^eâ ipliis » unpla^ i ci^bles lenoeioîs^. ii \ i 'if' . ' )( i
• FRANÇAISE. SyS
Après aroîr recueilli les faits întëressabset vrais dont rhistorien doit corn-
Poser son ouvrage, il les mettra dans ordre et l'arrangement les plus convenables : c*est en'quoi eonsiste Itf forme de l'histoire. Uti espril susceptible de grandes' idées , et capable d'élévatSon , lui est QécesdaÂre ' pour faire uii plan vaste 'y exadt , Men lié daiis toutes ses parties, et' idont =*la: seule » exposition an- H'clbee clairement tout son dessein. Il faut qu'il se reiide maître de son sujet , q^a'il Pembrasse, qu'il le possède tout entier;, qu-*il en* mdn^re l^untté , en- le.
prés^ntant' sous ^oA^^vé^téblë' poinl-devnel^'*él> <|M'il' ikè- '^^nne. àe^ulè sburce. Iesiprincip^K!^évén(emeiis qii^iL doit race^itét*. -"•• • -• "•■ ' ' ' - '
IL 'Du Béûk des Faits' et de Umrs Ctr-
constances. ' '
i L^Mst;ori«ii doit avoit» €^itf 'de né riëti didkdè'Mpef41u daim le 'técAt'de^'ftits^r c^esl j^'moiren dé rendre* la narration vive, rapide , îpkirte^ dé "force et dé dignité 5 c'es* ^le moyen d*attacher constamm^'ft'lè J^teup-disIriAt ou volage.
S^îl s^abandèdtie à ^là 'fOd^e deson^îma- ^irtfionv \\ dévfendrta^ diffîi^'; eV^rAi TA^Éfire, Ir^d îët^^ languissant. -GepéiidafAit il ne doit pas se dispenser , en suiVatfC 1^ cfad&ie 4é$ évèrietoens, d'eli obs^rV^t* la
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cause et les effets; de saisir surtout et de faire yoir le rapport qu'ils ont eu , ou qu'ils ont aujourd'hui avec le bonheur ou le malheur des peuples.
Quoiqu'on doive s'assujétir à la chronologie , on peut néanmoins ', on doit méiae ; en bien des circonstances , s'en écarter , pour suivre un ordre que prescrit la raison. Souveiit un fait essentiel qui n'est pas le plus reculé , doit être raconté d'avance, parce qu'il répand la lumière sur d'autres faits qui lui sont antérieurs. Souvent un autre fait ne
peut être exposé dans tout son jour , qu'après un grand nombre d'autre» » qu'il
5 récède dans l'ordre des temps. C'est au iseernement » à la justesse d'esprit de l'historien 9 de choisir l'endroit où ces grands évènemens seront le mieux placés pour la perfection de son histoire.
Que le fil de la narration ne soit |a> mais rompu»; que tous les faits 7 soient enchaînés sans la moindi'e contrainte. Le
Srand art de l'historien consktie à passer 'un sujet à un antre , non-semement sans distraire le lecteur , mais- encore en l'at- . tachant davantage , et en augmieiitaQt son plaisir.- La liaison des faits dajffs l'histoire dpiti êfre» poyr ain$i dire, aussi naturelle qi^la liaison des divers membres du.coFpa' humain.
Les principaux évènemens rapportée
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a^ec toutes leurs circonstances , rendent une histoire bien agréable et bien instructive , quand ces circonstances sont essentielles , intéressantes et vraiment util^. On a dit que c'était pour avoir lu les détails des batailles de Gréci , de Poitiers , d' Azincourt , de Gravelines , etc. » que le célèbre maréchal de Sasçe se dé* terminait à chercher, autant qu'il pou- Tait , ce. qu'il appelait, des affaires de poste. Il en est de même ^e tous les faits dont les détails peuvent être utiles aux lecteurs de toutes les classes^ au simple citoyen , au militaire , à l'homme d'État »
aux souverains même.
Aucun des détails propres à éclaircir un événement ou à relier une action mémorable , ne doit être passé sous silence. C'est ainsi que Tito-Live , décrivant la marche d' Annibal en Italie » en rapporte toutes les circonstances capa-* blés de donner la plus haute idée de cette enireprise si hasardeuse. Ce morceau est , au jugesnent du P. Rfipin (*) , le plus achevé de son histoire. II s^ei trouve , dit-il , peu de chose de cette force dans l'antiquité. Jamais un plus grand dessein n'est tombé dans une âme plus extraordinaire y . et jamais rien ne s'est exécuté ayec plus de hardii^sse, ni de fermeté. Il ^'agissait de sortir} de
(*") RéflexioDS sur THistoire.
rAfri<pie; de passer tente l'Espagne , de surmonter les Pyrénées; dé traverser le Rhdne , si vaste et si rapî^ vers son embouchure , dont les rivages étaient bordés de tant d^ennemis; de s^oiivrî^ un chemin à travers les Alpes où l'on n'avait jamais passé ; de ne marcher que sur des précipice* ; de disputer cbaque pas qu'il fallait faire à des peuples postés partout en embuscade , dans des défilés eontlliueils , parmi les * neiges , les glaeeâ , les pluies , les torrens;- de défier ces orages et ces tonnerres , si fréquens et si furieux 'alors dans les montagnes ; de faire la guerre au ciel , à la' ferre , à touè» les^élémens; dé traîner après sol «ne àrméè de'cènt miille honîimes,d:e nations di{Sèrentd9 » mais tous gens mal satisfaits d'un capitaine dont ils ne pouvaient imiter le courage. L'efiroi est dans le coeur des soldats; le seul Anniba?l est tranquille. Le péril qui l'envîroftne ^ te/ntes part^, jette fe (rouble da(ns té^te rkrmeè ;' sànsi ^'il' en soit èmiii Tèût-est péîïit Ôah* un détail: de circonstances' affreuses : l'image dû danger est- exprimé dans chaque parole de rhi^orien ; et jamais tableau n'a paru plus fini darft l'histoire , ni 'touché de plus fortes ëouteurà' et avec* de* pliis grands traitai i'"^- • ' • -■■ . 1 n^l^ '-