I. De l'Histoire sacrée
., L'histoire sacrée est en général l'histoire de la religion ^ , depuis l'origine du monde jusqu'à nos jours. Nous y V^oyons, dans une suite d'évënemens miraculeux ,
FAANÇ^AISE. 385
le chef-d'œuvre de la divinité; Dieu luimême prononcer ses oracles et dicter ses lois à son peuple; établir , dans les temps marqués par sa sagesse , son Eglise inébranlable sur ses fondemens au milieu des erreurs , des crimes , et des persécutions des hommes , au milieu des révolutions des âges , et du bouleversement des empires.
La religion se présente à nous relativement à son existence» sous un double point-de-vue ; dans les siècles où elle a été connue d'un seul peuple , et dans ceux où elle a été répandue par toute la terre# C'est ce qui a fait diviser l'histoire sacrée en histoire sainte et en histoire ecclésias' tique.
L'histoire sainte a été écrite par des Histoire taînte. hommes inspirés de Dieu. Elle comprend tous les siècles qui se sont écoulés depuis la création du monde jusqu'à la- publication de l'Évangile. Les livres saints , où sont consignés les évènemens antérieurs à la naissance de Jésus-Christ , sont appelés^ Y Ancien Testament. La narration açs quatre évangélistes y et lès actes des apôtres , qui contiennent l'histoire delà vie de Jésus- Christ , et les faits immédiatement postérieurs à sa mort, sont appelés le Nouveau- Testament.
Il n'y a point d'histoire qu'on puisse comparer à celle-ci pour ](a certitude , la^ grandeur y l'importance, et la variété
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des événemens. C'est l'histoire de Thomme, l'histoire du ciel et de la terre, l'histoire de Dieu même. Cet Être sou-^ verain , dont elle nous donne une idée nette et précise , y est peint avec tous ses attributs. Il y déploie 1 éclat de sa toute-
Imissance dans la formation de l'Univers, a justice de ses décrets dans la punition de l'homme coupable , de la sublimité de ses desseins dans la conduite de sonpea-
fde chéri , les trésors de sa sagesse dans e grand ouvrage de la rédemption , qu'il prépare et qu'il consomme. .Un enchaînement de prodiges sans nombre , opérés à la vue des nations; une suite de pro> pbéties , qui se sont vérifiées à la face du monde entier ; tout annonce dans les saintes Ecritures, que Dieu lui-mênrte â ,
Eour ainsi dire, emprunté la pititne des ommes; pour apprendre à l'Univers l'histoire de notre religion.
Danks l'Ancien Testament , le plus ancien et le pins authentique de tous les , livres, sont marquée» la propagation du'
fente humain , la diistribution des terres, origine des sociétés , des empires et des arts. II renferme la basé de toutes nos connaissanq^;]» bistoriques , et répand ta plus vive clarté sur les ténèbrcrs des temps fabuleux. Les cai^^ses des faibles^ses et des'knisères humaines, Ûiïè le pliilosophe* ne peut décèluvHf pafr ies seulésf bimières de sa raison, y s^onf bxposées
VRi.KÇAISE« $3$
daas le plu« grand jour. Ôa y voit , ainsi i|ue dans le nouveau Testament , tracées par le doigt de Djeu v^ême , le# maxin^es foodaineotales de la ?ii9ie morale. Leg kommes de tous hê a^s , de toutes les conditions » tjpouyent dans ce lirre des libres la route qui doit les mener aia vrai Iionbeur*
" A pe coBaidérer Vmicien et le nou-veau Testament que comme des ouvrages purement hîstoriqiies , oo p&ûj; assurer
• qu'il a'en est poijit en ce genre d'aussi beaux , d'aussi parfaits. Les écrivains
' sacrés néunisseni au plus haut degré toutes les q«ialiiÉés . qu'on peut admirer dans les meilleurs bist^riens. Nul seor timeot ïétraAger h leur objet m& Içs ianime:
ils ne sont occupés qa'è peindre la vérité telle ^'elle est. Les événemei^ sopjt ioujB présens à lewts yeux « et se placent d'eux*mémes dans J'arrangefioieint: îe plus naturel. L'élo^enee continue qui règoe dans les liyres sainld n'y doit riçn aixx ressources de l'art : elle est toule dans les choses , et n'en est que pl«s belle « plus touchante , plus persuasive. La simplicité du slyle fait le caractère pr$^ pve des histeriens aaerés; niais c'est une simplicité » tantôt ma jostueusa « i»»tM énergique « Aaniftt nalvie, ^antôt pleine de douceur, H toujours une simplicité aublime,^ui transporte et maàtrise l'anie;^ aiœpKcité adniîrable^ quj aeule sériai «
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pour rhomme qui réfléchit, une bien forte preuve de la vérité dés écritures.
Histoire L'histoirc ccclésiostiq uc a été écrite par
ecciéMMtiqiie.] jçg homiues aîdés de leur seul génie*
Elle comprend l'espace de temps qui s'est écoulé depuis la publication de l'Évangile jusqu'à nos jours. De tous les événeméns dont l'Univers a été le théâtre , il n'en est aucun qui soit* aussi frappant , aussi digne de notre attention, aussi grand , aussi utile aux hommes , que l'établissement et la perpétuité du Christianisme.
La religion païenne , si favorable aux passions humaines , consacrée, pour ainsi dire , par une longue suite de siècles , était la religion de tous les peuples.
Douze misérables pêcheurs , sans crédit, sans^ puissance , sans appui , sans aucune ressource de la part des hommes, soutenus seulement par leur confiance en la parola de celui qui les a envoyés, et qui a subi le supplice ignominieux de la croix , entreprennent de détruire et d'anéantir cette religion. Ils ont a combattre l'ignorance et la prévention des peuples, les sophismes et l'orgueil des savans, l'amour-propre et la fierté des empereurs , tous adonnés aa culte des idoles, et intéressés à le maintenir. Ces hommes de la lie du peuple se partagent néanmoins le monde entier , et vont prêcher une religion à laquelle il faut sa-)
-crifier tous ses préjugés ,' tous ses penchans , tous ses intérêts personneb. L'E-
{;Hse s'établit : mais elle voit aussitôt 'idolâtrie réunir ses plus formidables efforts pour en abattre les premiers fondiemens. Elle est inondée du sang de ses martyrs; mais ce sang même devient^ la semence la plus féconde des Chrétiens.
L'Eglise s'étend' , s'agrandit , et attire dans son sein toutes les nations de la^ terre. C'est alors qu'elles voient la vérité -dans tout son jour , la vertu dans toute sa pureté , le bonheur suprême qui doit en être la récompense; et c'est presqu'enmême-tempsquecettelumière si éclatante, ces. connaissances si sublimes, opèrent la
tdus heureuse révolution dans les mœurs, 'esprit , le caractère , la législation , et le gouvernement de tous les peuples.
Cependant aucun siècle ne s'écoule sans que l'Eglise soit attaquée et déchirée par les noinbreux ennemis qui ont conjuré sa* ruine. Mais elle sort glorieuse et triomphante oe tous ces combats; et nous la voyons , au milieu des fréquens assauts que lui livrent le libertinage, l'erreur et l'incrédulité; nous la.voyctns constamment inébranlable , telle qu un rocher au pied duquel vont se briéer , en mugissant , les flots soulevés par les plus violens orages.
Cette histoire renferme tous les faits rrelati&> non-seulement à la publication
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et à la propagation de TEvaiigiiey mais a core à rétabltô^emcHii des lois et de k dis^ cipline ecclésiartique; à la manière dont rÉglise a été gouvernée par ses pontifes, et aux troubles exei(és par les hérétk{vtes , hommes téméraires et aodacievx , €pà mveutaieut ou adoptaient des err^mns umr traires aux vérités qu'elfe enseigne. Les 1ns* toires des papes , aes conciles , des kéré- * sies et des schismes p font partie de Ffaîsloîre eoclésiftstiqve.
Pour la bien traite» ^ il fa«it être profondément instruit des augustes mystère», de la jaaorale sublime de h retigion , et du droit eanonicfiie: ùue ooonattre le véritable esprit des lois , des règles , des dédstioas, des usages» des pmîlégesdeTÉglftse; sestnrmJeSf m do^oee, sa foi , retendue et les bonnes et sa jundictioq , soil autenté à laqiaelb tous les fidèles du monde doivent étns sotmiis en ce fui concemi^ puneoMttt b spirîluel. Le devoir de l'histiwien eti aussi ^oons»crer la mémoire des aeiivierakis fui mi^ protégé h reltgioii , des savans qui Tont défendue , des béros chrétjms qui T^vt cimentée de leur sang.
Un des meitteurs modèles que puissent se proposer ceu^ (pii ipeulent s^adoD»«r à ce genre d'histoire , est l'aUbé Fleuri , auteur de Y Histoire ecclésiastique y écrivain aussi s£^ et cificonspect ^ue savant et judideux. Nous In detons aussi les
PKÂUÇAISB. SSg
Mœurs^ iUèCkréUtns, exceUeitl otrrrage, où il BOUS fait parfaHement coimaltre ces homaie» si admirables par leurs yertu», supérieurs à tons \m héroê par leur courage , et dont le grand C^meilU d dit avec autant d'énergie qu« de rérité , dans sa tragédie de PaiieHcte :
No» princes ont-ils eu des soldais plus fidî^Us? Furieux dans ta guerre, iNsSouffreht nos bourrcajix, Et lioas au cùnàtak , Ib meareot en agneaux.
il. De l'Hiët&ir^ profane.
, L'histoire pro&de est ou cihile^ou tit" téraire, ou natureUe.
Tous les événemens qui se sont passés Histoire eîNiU. dans les empires et les divers États de la terre ,jont la matière de Tliistoire civile.
Si elle embrasse le monde entier et tous les siècles qui se sont écoulés jusqu'à nous, elle est universelle. Si elle n'embrassé qu*une.des quatre parties du monde, un royaume » une prorince , une tille , un érénement , la vie d'un seul liomme , elle est partieulière.
On divise encore l'histoire (Virile en histoire ancienne et en histoire moderne.
L'hi^oireanceenne commence à la création du monde, et finit, suivant quelques-uns , à la naissance de Jfésus^Christ; suivant d'autres , è l'établissement desmouarchies modernes, c'est-à-dire, à la^ fin du quatrième siècle , ^oque de la division de
3gO RHÉTORrQUB
Tempire comain en empire â*orient et en empire d'occident. II y en a même
3ui terminent Thiatoire ancienne à la fonation d'un nouvel empire d'occident par Gharlemagne y couronné empereur en 800. L'histoire niodeme s'étend depuis l'une de ces trois époques jusqu'à nos jours.
C'est une entreprise bien difficile que' celle d'une histoire universelle y quon veut écrire dans tous les détails nécessaires : elle est au-dessus des forces d'un seul homme. Cette histoire , en effet , doit présenter le fond de toutes les histoires des peuples, dans une étendue proportionnée au corps entier de l'ouvrageé II faudrait, avant de prendre le pinceau, dit l'abbé Batteux {*) f rassembler les fistes. de tous Ie6 empires , les monumens de tous Jes faits , être sur de les avoir authentiques, de les entendre dans leur véritable sens. Alors il^ ne s'agirait plus que de former une société nombreuse de savans, de leur communiquer la même ame,et de la faire passer par une sorte de métempsycose, dans les continuateurs, jusqu'à .la perfection entière de l'entreprise.
Pour bien "faire l'histoire complète d'une nation , il faut remonter jusqu'à son origine , marquer ses progrès et son
(^) Principes de Uttë^ature , tome IV,
FRANÇAISE. SqI
accroissement ; démêler tous les ressorts de sa politique ; donner une notion juste de. son caractère , de songéoie , de sa religion 4, de ses lois , de ses richesses » de son ' gouvernement ; exposer tous les grands changemens qu'elle a éprouvés., et les divers états par lesquels elle a passé ; développer les véritables causes de sa décadence ou de son élévation , et la suivre pas à pas jusqu^à sa ruine totale, ou jusqu'au dernier période de sa grandeur.
Si l'on ne veut écrire que l'histoire de ses révolutions^ on passera sous silence tous les faits qui ne sont pas bien intéressans : mais on. enchaînera avec goût tous ceux qu'on racontera , en exposant succinctement ce qui est arrivé dans les intervalles. Les histoires de répolutions exigent un style plus élégant, plus vif, plus rapide et plus orné que celui des autres histoires.
Quand l'historien se borne au récit d'un seul événement important, il doit faire un préambule , pour mettre le lecteur au fait des temps , des lieux , des mœurs , des intérêts , des caractères. Il faut ensuite qu'il présente le germe de l'é- • vénement qu il sp propose de raconter , qu'il le suive dans ses circonstances et dans ses progrès , et le conduise jusqu'à sa fin.
Dans la vie d'un homme illustre , l'historien ne rapportera que les événemens
puMici ofa don pefftoimage ffors joué tfn rôle considémMe. Il doit priocipa* leldent s'arrêter stir hs détail» de sa goih dûlte parttcalièi^ , développer d'une mafiièrér nette et précise le» motifs de ses actions , et for mei^ , sou» des traits Iriet lûarqués , ufl tableau de ses faiblesses et de ses vertus. Les reflexions de t'bistO' fien seront en très-petit nonabre , et placées h propos. Mais il ne se permettra jamais le blâme ni la lovange. Le seul ré> cit des faits doit tenir lieu de censure ou d'éloge.
Remarquons ici qu'il y a une diffi^ renée assez essentiel entre Vht^oire et la vie d'un homme illustre. Dans la première 9 on considère Tbomme piiblic plus que i'hoimue privé. Dans la seconde, on Considère autant l'homme privé que l'homme public. Si , par exemple , *oa écrit V histoire d'un général , on doit rapporter en détail toutes ses actions guerrières y ainsi que les événemens qui s'y trouvent liés , et passer assex légèrement sur sa conduite privée. Si l'on écrit la vie de ce général , on doit y joindre au rédt circonstancié de tous ses faits d^armeSy celui de ses actions particulières.
Au reste , les- vies des hommes illustres ont ce grand avantage» de nous faire commeuicer Tétude dn cœur humain , en nous montrant les hommes da
prèd et tds qu'ils sont. Qùeï fruit ne pouvons-notts pas retirer de cette lecture ! C'est là , plus que partout ailleurs^ que l'histoire instruit les hommes par les hommei» même^. « Ceux, dit Mon^ » taigne, qui ëerÎT^t les vies, d'au- » tant qu'ils s'amusent plus anx conseils » qu'aux érénemens , plus à ce qui se » passe au-dedans qu'à ce qui arrive » au-^dehors , ceux-là me sont plus proy près : Toilà pour(|lioi c'est mon homme » que Plutarque » . Les grands ëvénemens, en effet, nous frappent , nous étonnent , nous jettent dans 1 admiration.
Mais ils nous font sentir en-méme4emps notte impuissance de nous élever jusqu'à l'imitation de ces actions d'éclat , qui ont fixé la destinée des empires et le Sort des peuples : au-4ieu que nous ne îugeons pas au-dessus de nos forces morales , les actions particulières d'un homme *, quelque illustres qu'aient été son rang et sa naissance.
Quant aux abrégés d'histoire , il faut convenir qu'ils ont leur utilité, lorsqu'ils sont bien faits. Les ignorans y puisent des connaissances générales,, et les savans y trouvent certains |aits dont ils avaient perdu le souvenir. On sent que ces sortes d'ouvrages ne sont susceptilbles ni de grands détails , ni do bien riches oraemens. Il faut cependant n'y rien' omettre d'essentiel, y rapporter tous tes
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faits Traîment imp( rtai s , avec leurs prÎDCjpflles circonstances , et dire as- 8iz de ch 8 s p' ur ii.slruire et intéresiser 1' lecteur. C'est ce que n\. por t fait un sbréviateur de V Histoire sainte, dans cet endroit cù il se borne à dire que Jo^ teph fut vendu par ses fières^ calom* nié pnr la frinme d'^ Putiphar , et qu'il devint le surintendart d'Egypte.
Qu'y a-t*il dans ces lignes qui puisse in« struire un h< mme ign#rart ? L'écrivain aurait dû faire connaitrr^ les p^rsoi. nages dont il paile , et raconter brièvement l'histoire de Joseph. Un discernement juste pour le choix des événemens » est nécessaire à celui qui veut faire un bon abrégé d'histoire. 11 lui faut dé plus le taloi t rare de dire beaucoup en peu de mots, c'est-à-dire , la plus grande précision dans le style; qualité qui n'e«t pas la plus brilla r) te , mais qui peutrétrc est la plus difficile de tr)ntes. .
Les mémoires sent des histrires écrites par des personnes qui ont eu part aux airî.ires , ou qui en ont été les témoins oculaires. £lles y joignent , au récit des événemens publics et généraux , les particularités de leur vie , ou leurs principales actions. Ces auteurs , étant obligés de parler souvent d'eux-mêmes, doivent , en prenant la plume , nonseulement se dépouiller de trente paswon , pour n'altérer en rien la. vérité ,
FRANÇAISE. Sg^
mais encore assez respecter le public pour ne Fentretenir que de chosesr qui peuvent intéresser un lecteur honnête et seiîsé. "^
Les Anciens sont nos maîtres dans ^•''^^""'^ Tart d'écrire ThUtoipe. Supérieurs en ce genre aux meilleurs historiens modernes , ils ont en général la marche plus libre, plus noble , plus naturelle , des transitions plus heureuses dan» le ré-' cit et Tenchainement dès faits ; plus de sag'^sse, de gravité , de nerf, et enméme-temps de simplicité dans la dic^ tion ; des traits plus irappans , d 's coups de pinceau plus vigoureux dans la peinture des mœurs et des caractères. Il serait trop long de faire connaître ici tous les bons historiens , tant anciens <{ue modernes. Je vais seulement indiquer les principaux , soit grecs , soit latins , soit français.
Historiens grecs. Hérodote, né à Halicarnasse , capitale de la Carie, dans l'Asie mineure , vers l'au 4^4 ^vânt Jésus~Christ , a* été appelé le Ptrcr de Chis toire, parce qu'il a été le premier qui Tait écritq. Mais il l'a défigurée par une foule d'oracles menteurs et de contes puériles: c'est c" qui lui a fait donner aussi le nom de Père du mensonge. Son ouvrage contient^ outre -l'histoire des guerres dt*s Perses contre les Grecs , depuis le règne de Cjrus jusqu'à celui de
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Xefâés; celle de la plupart des autres nations. Il passa dans la Grèce , se rendit k Vise, peÂdant qu'on y cabrait les jeux olympiques , et y lut son histoire. Elle fut si applaudie, qu'on donna le nom des neuf muses aux neuf litres qui la composent. La narration A^Héroda$e^ est eu effet coulante , le style j^in de grâces , de douceur et de Noblesse. Le savant Ijar- * cher a donné uiie fort bonde traduction de cette histoire , qu'il a enrichie d'exodlentes notes»
Diodore de StôHe, ainsi appelé parce
Îu'il était né (enriron soixante ans avant ésus-Christ ) à Agyre , ville de l^cile , avait fait une BiMiotkèque historique divisée en quai^ante livres , dont quinze seulement ïious sont parvenus avec quelques fragment. Cet ouvrage comprenait l'histoire des Egyptiens , des Syriens , des Mèdes , des Perses , des Grecs»
des Romains et des Carthaginois^ Le style^ en est simple et grave. Mais on accuse cet auteur de n'être pas toujours exact et impartial. L'abbé Terrasson l'a fidèlement traduit.
Thucydide, né à Athènes l'an 47$ avant Jésus-Christ, en entendant lire l'histoire d'Hérodote aux jeux olympiqhes , sentit naître , dit-on , son talent pour ce genre d'ouvrage^ Il écrivit en efiR&t VHiêtoite de la guerre du Pélopanèêes qu'il ne çoûdui^t que jusqu'à la vingt-
unième année. C'est le pins parfait de tous les historiens grecs , soit pour la manière de raconter , soir pour l'exactitude des faits , soit pour la noblesse , la chaleur et la précision du style : près-
3ue tous ses mots , suivant Cicéron, sont es sentences. Il a été traduit par à^Ablancourt.
Xénophon^ né à Athènes, vers l'an 45o avant Jésus-Christ, publia l'histoire de Thucydide, et la continu|i sous le titre à^ Histoire grecque ^ jusqu'à la bataille de Mantinée. 'Nous avons aussi de lui la Cyràpédie ,' on Histoire de CjruSs ainsi ^que Y Histoire de Texpédhion de Cyrus te jeune , et de la mémorable Retraite des Dix-mille» Il charme par la pureté , la douceur/ et tous les agrémens de la diction. Les Grecs lui donnèrent les surnoms ii Abeille grecque, et de Muse athénienne, T)* A blancourt a traduit son Histoire grecque, et Dacier sa Cyropédie. Le premier a donné aussi une traduction de la Retraite des Dix- mille ; ina\^ elle est oubliée depuis que Larcher a publié la sienne.
Polybe ^ né à Mégalopolis , ville du
• Péloponèse , dans l'Arcadie , vers l'an
âo3 av.ant Jésus-Christ , fut du nombre
de ces mille Âchéens qui, durant » la
5uerre des Romains contre Persée, roi e Macédoine , furent emmenés à Rome.
Il y avait composé , mais en grec , une
Histoire universelle » qui commençait aux guerres puniques , -et ânisi^ait à celle de Macédoine. Elle était divisée en quarante livres , dont il ne nous reste que les cinq premiv rs ; avec des extraits de quelques endroits des autres. On en trouve le style uu peu négligé. Mais cet écrivain est généralement regardé comme un des plus judicieux de 1 antiquité. Il parait s'être principalement proposé , da'iS son histoire , de former des politiques^ et* des militaires. Don Tkuilier en a donné une traduction , qui était presque ignorée , lorsque le chevalier Falard la tira de l'oubli , en y ajoutant un excellent commeùtair:'. C'est un corps de science militaire , enrichi de notes historiques et critiques , où toutes les grandes parties de la guerre sont expliquées et démontrées.
Je dois remarquer ici que les militaires ne sauraient lire avec trop de r^exion Thucydide^ Xénophan et Pair he^ Ces écrivains étaient eux-mêmes ne très -bons généraux, et ta description qu'ils font des batailles » en hommes du métier , ne peut que donner les plus gr.' nies connaissances de l'art de la giier.e. Le lecteur est conduit, c mme
far la main^ dans les sièges et les com- ; ts qu'ils décrivent. Les ruses , Içs stra- . tagèmeSjles fausses marches, les attaques vraies ou simulées , les campemens« ks
décampemens, rien n'échappe à ces capitaines historiens. Tout est présenté sous le point-de-vue le plus favorable pour faire pai1#e ou perfectionner les idées»
Plutarque , né à Chéronée, dans la Béotiér, vers*ran 5o de l'ère chrétienne , écrit avec. forcé et avec clarté dans ses f^ies des hommes illustres. Cet ouvrage est un chef-d'œuvre, et le plus propre, en ce genre , à former les hommes , soit pour la vie publique , soit pour la vie privée. Nous y voyons d'ailleurs lès plus grands héros que Rome et la Grèce aient produits. ''Les comparaisons que fait l'auteur de ces Grecs et de ces Romains , sont d'ime justesse et d'une sagacité d'esprit admirables. Nous avons quatre traduction de cet ouvrage , l'une d^Amyot ^ en vieux gaulois , qui offre encore un air de fraîcheur; l'autre de Tallem^ant, la troisième de Dacier , et la quatrième del'abbé Ricard,
Pausanias , né à Césarée en Cappadoce , dans le deuxième siècle de Tère chrétienne , a laissé un Voyage historique de la Grèce y où il avait^ fait un long séjour; ouvrage aussi instructif, par la vaste érudition dont il est rempli , qu'agréable par la description des objets et par la richesse du style. En faisant connaître la situation des lieux, les beautés de la nature et« les monumens de* arts, l'auteur mous trace Torî-
4oO RBÉTORIQUB
gine des divers habitans de cette char-» mante contrée, et nous apprend quelle était leur religion , quelles étaient leurs lois , leurs coutumes , leurs mœurs. On peut puiser , dans cette relation si bien circonstanciée, une infinité de connaissances en matière de goût, dé chronologie, de géographie^ d histoire et de cri> tique. L abbé Gédojrn en a flonné une traduction.
Deniê itHalicarnasse , ainsi appelé du nom de cette ville de la Carie , oii il était né vers l'an 60 avant Jésus- Christ , ayant été à Rome , qu^il habita pendant vmgt-deux ans , y composa , en langue grecque, V Histoire des Antiquités romaines, divisée en vingt livres. Une nous en reste que les onze premiers , -qui vont jusqu'à Tan 5i 2 delà fondation de Rome:
c'est-à-dire, à l'an 44^ avant Jésus- Christ. L'auteur y montre une grande exactitude , un génie facile et un bon ju-
Sèment. Mais il est quelquefois traînant ans sa narration. Le P. le Ja,y ^ jésuite»
l'a traduit. '
Historiens latins. Troyat - Pompée , natif du pays des Yoconces , dont la capitale était Yaison , dans le comiat Venaissin , avait fait , vers le commencement de l'ère chrétienne , une histoire où il retraçait tout ce qui s'était passé de plus important dans l'Univers jusqu'au règne i'Auguste. Environ cent
emqoatité ans après , Justin en donna un Abrégé , qui fit perdre l'histoire mêmer 11 y a de très-beaux morceaux et des peintures très-vives. La narration de cet historien est nette , la morale sage et le style pttr , à quelques mots près , qui se ressentent de la décadence de la langue fàtine. Favier en avait donné une traduction, qui a été éclipsée par celle de Tabbé Paul.
TitC'Live, né à Padoue , Fan 5g avant Jésus-Christ , passa une grande partie de sa vie à Rome, où il s'acquit l'estime à* Auguste , dont il reçut des mémoires poflr composer son Histoire romaine.
Elle commence à la fondation de Rome, et finissait à la mort de Drusus, sous Auguste. De cent quarante livres qu'elle renfermait, on n'a pu en sauver que trentecinq ; encore ne sont-i]s pas d une même suite : nous devons les' supplémens à Freinshemius. On admire dans Tite-Live la plus belle imagination , la nobloise despensée^ et des sentimens , là variété dû style, qui se soutient topjouVs également, et surtout le grand art d'attacher €t d'intéresser le lecteur : c'est le prince des historiens latins. II a été traduit par Guérin.
Salluste, né Tan 85 avant Jésus-Christ^ à Amiterne, ville d'Italie, aujourd'hui ruinée^ montre dans son Histoire de la ^conjuration de Catilina , et dans celle
40S BHiTOKIQUE
des Guerres de Juguriha, une justesse d'idées et une profondeur de génie qui étonnent. II pense fortement, et s'exprime toujours de même : son style est énergique , serré , nerveux ; mais sa précision d^énère quelquefois en une brièveté obscure.
11 a eu deux traducteurs , le P. Dotteville de l'Oratoire , et Beauzée de l'Académie
César ^ né à Rome , Fan 98 avant Jésus- Christ , nous a laissé le détail de toutes ses guerres dans ses Commentaires. Le style de ce capitaine historien est pur , simple , précis , et peut-être trop dénué d'ornemens. Sa niarration, unie et rapide , enchaîne le lecteur. D^Ablancourt les a traduits. Mais la traduction nouvelle , anonyme , est meilleure que la sienne. Henri, duc de Rohajn, a donné, V Abrégé de cet ouvrage , sous le titre de Parftitt Capitaine, Les militaires instruits le regardent comme un chefd'œuvre.
Velielus Paterculus, né à Naples quelques années avant l'ère chrétienne , avait fait une Histoire abrégée de la Grèce , ^ de l'Orient , de Rome et de l'Occident.
Il ne nous en est parvenu qu'un fragment de l'ancienne Histoire grecque, avec V Histoire romaine j depuis la défaite de Persée, dernijer roi de Macédoine , jusqu'à la sixième année de l'empire de .Tibère, Cet auteur est exact
dans la chronologie» et' admirable dans ses portraits: il peint d'un seul trait.
Il est fâcheux qu entraîné par la reconnaissance, qui» portée au-delà de cer taines bornes , cesse d'être une vertu , il ait flatté le monstrueux Tibère et son digne favori Séjan, qui avaient été ses bienfaiteurs* L'abbé Paul Ta traduit.
Tacite, né à Rome environ l'an 53 de Tère chélienne, appelé avec raison le Bréviaire des politiques, a écrit des Annales qui contenaient I histoire des empereurs Tibère, Caliguta, Claude et Néron, Il ne nous **este que les histoires du premier et du dernier, à-peu-près entières, et la fin de celle de Claude. Le savant et judicieux P. Brotier , jésuite , en a donné une édition revue , corrigée , et enrichie de supplémens, qui en remplissent les lacunes. Nous avons encore de Tacite, la Fie de Cn» Julius Agricola, son beau-père , et les Mœurs des Germains* Cet historien excelle dans l'art de saisir les moindres nuances des passions, et de faire connaître tout le manège des cours. "Son coloris est mâle et vigoureux : tout ce qu'il peint , il le peint en grand maître. Le règne de Tibère passe pour un chef-d'œuvre de politique , et la Vie d^Agricola ; pour un des plus beaux et des plus précieux morceaux de l'antiquité. L'abbé de la Bletterie a traduit ce dernier ouvrage, lé§
Mœurê des. Germaine, et lés six pre^ mlers Kyres des Annales. Le P. Datteville a traduit le reste.
Quinte-Curce, qui, suivant !*opinioii la plus probable , vivait à la fin du premier siècle de Tère chrétienne, avait composé Y Histoire (T Mlexandre - le- Grand en dix livres. Les deux premiers ont été perdus , ainsi que la fin du cin~ quième et le commencement du sixième :
Freinshemius y a fait des suppISmens.
Le style de cet ouvrage est pur , noble , élégant , fleuri , et plein d'urbanité. Mais on reproche à Fauteur quelques fautes de chronologie» de géographie et d'histoire. Vaugelas Ta traduit , et après lui Beauzée»
Cornélius Nepos, né à Hostilie, près de Véronne , dans le dernier siècle avant l'ère chrétiennes a 4<)i^né les f^ies des plus illustres clpitaines de Ut Grèce et ile Rome, C'est un des meilleurs écrivains du siècle d'Auguste, L'élégance, la délicatesse, la clarté, la prë^cision et le goût, le caractérisent. Il peint d*ailleurs , sous des traits frappans et vrais , les grands. hommes qu'iLveut faire connaître. L'abbé Vallart l'a traduit.
Historiens français. Nous en avons un très-grand nombre. Mais les bornes de cet ouvrage ne me permettent que d'en nommer quelques-uns des plus estimés.
Ce sont;
FRANÇAISE. J^oS
Bossuet, dans son discours subUme sur l'Histoire UniverseUejus^umu temp$ de Charietnagne : la coBtîouatioû 6a a été ùitd par une auipe aiaui. Il semble que Tillustre éTêi|iie «la Meaiix ait pri»
son vol yers les ^ux , potur cemidérer la teri^e -et tooa ses habilaiis » la iiais^ sance et le ceur§ das^ siècles , la auite et l'efichaStieineiit 4e6 affaires h^maîiies.
C'eat de là que, siiîvani l'ardre des ieœps, il iMNis jpf^seiile le tableau le mieux deistni , le plus éik^gique , le plut vrai de iaiia les^ éfémemeim do moode el des caracières des div«rs peuples. Il ex^ peaè daa^ (oui leur jour les faits qui nom montrent ta durée per p^uelJe de la re)%ian» et eeux ^i aous dt&eouTreul lea causes des cba^emeoa ambrés dasa les empires. L'objet de . l'orateiif* hi$U>^ rien eà de Êûre "roir le rapport des
Srandes r饫lutiens ayee TéUibussemeiiè e la relipon cjirétienne: idée la plm vaste et la plus sublime penl-étre que le gé«ie puisse en&nter. La grandêar de l'exécntiofi répond parfiiitemeftt à la grandeicr du désseî». Ce discours » q»i , sdon Folàmire^ n'a eu ni modèles ni imitaieurs , est un des plua beata merceaMX d'éloipieiioe qui soient sortia delà finin des hommes » et ea-mêfiae* temps celui qui nous apprend le miens; l\isage ^e nows devutts faire de Y\ toire*
4o6 RHÉTORIQUE
Rollin , dans son Histoire ancienne des Egyptiens s des Carthaginois , des Assyriens, des Mèdes, des Perses, des Grecs et des Macédoniens. En prenant pour guide les auteurs grecs et les latins , il a recueilli tout ce qu'ils ont de plu9 intéressant et de plus beau, soit pour les faits» soit pour les réflexions.
Cet écrivain est queiqirefois un peu crédule, verbeux, et lent dans' sa narration, quoique libre et aisée ; mais en général , son style est pur, harmonieux, et souvent éloquent. Cet ouvrage d'ailleurs respire la vertu et la fait aimer. Son Histoire romaine ^ depuis ia fondation de Rome jusqu'à la bataille aActium , lui est inférieure. Mais elle est la plus estimée de toutes celles que noos avons en français.'
Montesquieu, AdJi^%e% Considérations sur les causes de la grandeur des Ro • mains et de leur décadence. Le titre de cet ouvrage dit assez que ce n'est proint une histoire complète et rigoureusement suivie , où tous les événemens soient Vacontés en détail. C'est une histoire purement politique de la naissance et de la chute de- la nation romaine , où , si l'on veut , le recueil des faits divers, dans lesquels l'auteur découvre , par son génie , les véritables causes ^de la grandeur de. ce peuple, et celles de sa décadence : vrai chef-
FRANÇAISB.' 4^7
d'œuvre, qu'on ne peut lire avec fruit que quand on possédera bien l'histoire romaine jusqu'à l'extinction de l'empire. C'est le moyen de saisir toute la justesse , toute la vérité .des réflexions fines et profondes dont il est rempli.
Le Beau, dans son Histoire du Bas- Empire, qui commence à Constantin.
Le style ^ la narration , les détails , les portraits , les réflexions , tout y ofire le plus grand intérêt. Il serait bien difficile de lire quelque chose de mieux fait sur cette partie importante de l'histoire des Romaine. Les tomes 2 1 . • et 2 2 . " n'ont partr qu'après la mort de l'auteur. La fin du dernier de ces deux volumes, ainsi que le 23.' et le 24»* sont è! Ameilhon , qui continue cette histoire.
Le Pi Mainbourg, jésuite, malgré les critiques sévères , et bien souvent injustes, qu'on en a faites. Il eut (P abord trop de vogue, dit Voltaire {*) ^et on l'a trop négligé ensuite, C^di est vrai: mais il est vrai aussi ( et personne ne le conteste ) que le P. Mainbourg a du feu, de l'énergie et de la rapidité dans son style ; -que toutes ses histoires offrent un grand nombre de morceaux pleins de ehaleur et d'intérêt , et qu'il en est plu^ sieurs que l'homme de lettres , jugeant sans prévention , ne fera jamais difficulté
(*) Siècle de Louis XIV,
l^ BHiTOlIOUS
de i^acer parmi les bons ooTraget en of
rire* Voici le jugement ^e porte sur P. Mainbourg le fameux BayU (i)« Îu'oo ne soupçonnera certainement pas e partialité. « Je crois pouvoir dire que » le P. Mainboarg avait un talent par- » ticulier pour cette sorle d'ouvrages.
9 II y répandait beaucoup d'agrément , > plusieurs traits vi& , et quantité d'in- » stroctions incidentes. Il y a peu d'his^ » toriens» parmi même ceux qui écri^ » vent le mieux , qui aient plus de savoir 9 et plus, d'exactitude que lui ; qui aient 9- Tadresse d'att^her £9 lecteur «utafli » qu'il fait ». J'ajouterai à ce ténioi* gnage celui de l'abbé Lenglet Bufresnay «• Veut-on repasser , dlt41 (s), tous j» ces temps de troubles , et connaître » m^e 1^ différends survenus dans » Tempire •d^ Allemagne ? on peut lire 9 l'excelleot ouvrage que le P. Maif^ » bourg , jésuite , a publié sur la Décix^ » iUnc^ de l'Empire ; livre eslimé même » par les plus savans d'entre les AAe- » mands, qui sont extrêmemei^ préve-
• nus contre ce que les étrangers écrï^
• vent sur leur histoire » . Oa estime principalement son Hietoire de la dé^ jcadenà€ de l'En^pire après Chartemor' gM^i êon Jlistûîre des Chi^isctdes ; soo
(i) NotiTelles de la Rëpubt^ue des liettret.
(3) Tablettef chronologiqiMs.
Histoire de ta Ligue ; son Histoire du .pimUftoat de saint Grégoire- U^rand y et celle du 'pontificat de sainP Léotirle^ Grand. -
Le P« Daniel 9 jésuite, dans sm His-^ toire de France depuis smt établissementde la manarekie dans^ les^ Gaules* II. a meia^fail; à?Ia-yépité, l'histoire de la DattoQi que C]E$lle de ses guerres; mais il a exolttsiFement le ^mérite d'avoir débrouillé le chaos des deux premières Races de nos rois : il est d'ailleurs, exact* sage» vrai-, et arrange bien les faks. Son style est pur* et naturel, sans avoir pourtant tottlê lai chaleur et tout le cok^ris qiA'on pourrait désirer. Le président Ué03Muit, jcpn assurément connaissait notre hittoiie^,^ et qui était bien en état d*appréci^ les auteurs qm l'ont écrite, dit de celui - ci : // est plut' impar-tial et plus instruit que. bien des gens n€f l'oKi^ cru. Le, P; Grifjfj^.y jésuite, a donné une édition de cet. ouvrage , qu'il a- enrichie de grandes et do belles dissertations, et auçQfientée d'une excellente Histoire de IjQuis. XIII, ainsi que du Journal historique de Louis XIY. AU reste, l'histoire du P. Daniel n'est pas aussi recherchée que Y abrégé qu'il en a* ' fiât lui^mêaie^ Cet auteur nous a donn^ aussi une Histoire de la Milice française. Ellô est fort bien faite >, très^^in^ téres^nte-, très-uttle pdur ^ les mili^^
4lO RHÉTOEIQtB
taires, et curieuse pour- tous les lecteurs.
L'abbé f^elfy , dans son Histoire de France depuis l'établissement de la monarchie jusqu'au règne de Louis XIY ; ouvrage non moins estimable par la recherche , le détail et la liaison des faits , que par l'élégance et la pureté du style.
Le caractère et les usages de la nation , les divers fondemens de notre droit public , les progrès successifs des sciences et des arts y sont développés,» sans qu'aucun des principaux évènemens y soit {>assé sous silence. L'abbé Felly n'a aissé que les huit premiers volumes de cette histoire. Filtaret l'a o<mtinuée avec succès , quoiqu'il se soit quelquefois trop abandonné à sa verve. La mort l'a surpris lorsqu'il en était au règne de Louis aI; l'abbé Gamier en a été Je continuateur.
Le P. à^Avrigny^ jésuite; dans ses Mémoires poi^ servir à l'Histoire universelle de l'Europe, depuis 1600 jusquen 1716. Cet excellent historien a eu le sage discernement de bien choisir ses matières , et l'art de les rendre dans un Hylenon moins élégant que précis. On le voit toujours rejeter le faux , discuter le douteux , et ne s'attacher qu'au vrai.
Ces mémoires réunissent d'aiOeura tout ce qu'il y a dans cette ^époque de plus curieux» de plus instructif» et de plus agréable. L'aufeur ne pouvait pas y ra§
sembler plus de faits intéressans , tiv le* accompagner de ¥éflexions plus judî-' cieuses. '* , '
- L'abbé de Vert'ot , dfcins son Histoire des Révolutions de ia république romaine , un de nos meilleurs ouvrages historiques. On y admire un style noble , ^égant et orné aVec goôt', une narratioti: nette», rapide , et pleine de chaleur : c'est le tableau le plus brillant et le plusvrai de ces funestes divisions , qui pensèrent tant de fois entraîner Tanéantissement de la république. Lés Révolutions de Portugal, du même auteur > n'offrent pas de bien profotides recherches; maî« elles sont tin chef-d'œuvre pour le style et la marche de la narration. Ses Révolutions de Suèdesont écrites d'un style pit- .
toresque ; et n^ présentent que des objets très-intéressans.
Le P. di Orléans , jésuite , dans son Histoire 'des Révolutions d'Angleterre , où brille l'imagination la plus vive , la plus noble , la plus élevée , mais en-mêmetemps la plus sage et la mieux réglée.
Le style en est toujours agréable , toujours riche , toujours animé. Cette histoire donne d'ailleurs une très-juste idée de l'ancienne constitution du gouvernement anglais. On reconnaît sans peine le même écrivain dans ses Révolutions d'Espagne , depuis la destruction de l'empire des Goths, jusqu'à l'entière et
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parfaite réunion des .rûyai^^e^ de C^ipttlle et d'Ar;agon en u|^ 's^^ierC^ofMrcbie. Les; faits y choisis avec goûts., y sont. p|a.Cié& avec ordre » eucl)Ç^lDés«i^vec\clairt4', racontée aveccib^leur» No|iS(^a,v(^a.dM) 19^19^ siuteur unei Jltstoire pa^ticiUièiie.., trè^-cur rieuse , et.- qui s^^ fajif. lire avç/c M^U de Tiatérét : c'est c^e^i^^^uo^ c<pi^^u«^raap[^, tartaresCkunçhi H Cainki, qui,0At spbn ju^é la Gbi()f3«
Le P. Botigeanfs jéi^^iU^, dan$^a.belli& Histoire du, TraUé- lU fVestphalie, à. laquelle on a réjaqi ceQ^t ^ Gwtires et des NégocicUion^ qm prépédè^^^ ce traita. Ces deu» ouvrages Ciontionn^ilt Tei^posé de TÉta^i pojitiqiuei de l'&MK^pQi»
depuis le co.mjneqceii^enV! du djl^-âeqpr' tièôpQke siècle, jusqu'ep. 164$» époque où.
ce mémorable' traité fut, signé* L'auteur y montre partout des talçns . supérieure pour la politique,, un^ dî'sçeiruemwt juste , un esprit pénétrant et un/g^o^CU exr . quis. Il ne serait, pas. possible d'y ^i''^''des réflexions, plus sages , d^es recherche»., plu» curie^$es etplus intéro^^aptQs, \m.
plus grand développeno^ent du Garacjtère.
et. des rusiss deS; négociateurs, un. stylet plus élégant , plus précis., plus pur , plus . no}>le et plus agré^le.
L'abbé du Bas, dans son Histoire de.
la Ligue de C€iâ(nh.rai; profonde» poli* tiqua , et bien écrijte. G^tte ligu^.fut hxmée en i«5o8 par le pape Jules Ils refUr
FRANC AfSE. 4*3
p'éreiir Maàbimilien I , Loat* XII , roi de France, et Ferdinand V, roi d'Espagne, coét'pe la république de Venise , dont la trop 'grande puissance donnait dfe •t'otiïl) rage à' toute l'Europe.
h^ahhé' de Saint-Réal, dans son Histoire de la Conjuration que les Espagnols formèrent en 1618 contre la république, de Fejiise: Ily â^ dit-on, quelques faits imaginés. A cela près , c'est un ïhorceau très-précieiix; Les réfliexions y sont sensées, les portraits d'dh coloris vigoureux; et peu s'en faut que- le stylo n'ait l'énergie et la précision de celui de 5^;^/- /a^^e, que A$amï-B<jrt/ paraît avoir pris pour modèle-
Sarrasin^ dans son Histhire du siège de Dunkérque y et dànsxelle de la conspirati&n de Walstein : deux vrais modèles, la seconde surtout, pour la noblesse , la simplicité et la rapidité du style.
D^Auvignj ^ dans lès huit premiers volumes des f^ies des Hommes illustres delà France; ouvrage écrit avec chaieûr , et qui'hônore autant la littérature que la nation. La Fie de l'amiral de Colignj surtout est tï*ès-bien faîte.
Fléchier y dans son Histoire de l'empereur TliéodosCy composée pour l'instruction du grand-dauphin. C'est ua chefd'œuvre de style et de sagesse , où règne Ja vraie éloqucace de4'histoire.
4l4 Bh£tOBIQU£
Voltaire, dans son Histoire de Char^ les XII , roi de Suède , regardée comme la meilleur de tous ses ouvrages historiques. Elle passe pQur être très-exacte.
Le P. BouhçurSs jésuite, dans son Histoire du grande-maître d'Aubusson ; infiniment propre à former le goût en ce genre..
Le président Hénault offre , dans son Abrégé chronologique de l'Histoire de France, le plus parfait modèle qu'on paisse choisir pour ces sortes d'ouvrages :
c'est le chef-d'œuvre des ahrégés. On est étonné d*y voir un si grand nombre de faits rassemblés avec autant d'ordre , de méthode et de clarté. Les portraits, le* réflexions, les remarques donnent un nouveau prix à cet ouvrage, si souvent réimprimé , et qu'on ne saurait trop relire.
Les Mémoires les plus estimés sont :
■ Ceux de Lacume de Sainte-Palaje , sur l'ancienne chevalerie. C'est un tableau détaillé , très-instructif, et fort bien présenté, des moeurs , de la bravoure , et de la noble simplicité de nos anciens chevaliers.
Ceux de Joinville, écrits du vivant même de Saint-Louis. Ils sont un chefd'œuvre de vérité et de naïveté.
Ceux de Çommines, chambellan de Louis XI : un des meilleurs morceaux de notre histoire jpour le règne de ce
monarque» et celuî de Charles VIII.
« Vous trouverez en mon Philippe de » CommineSj dit M&ntaigne^ le lan- » gage doux et agréable d'une naïve » ' simplicité , une narration pure , et en 9 laquelle la bonne-foi de l'auteur reluit » évidemment; exemple de vanité , par- » lant de soi , et d'affection pt d'envie , » parlant d'autrui ».
Ceux de Henri, duc de J^ohan , sur la guerre de la Valteline^ sous Loruis III; importans pour cette partie de notre histoire , et très-propres à former de bons militaires.
Ceux de madame de Motteville , pour servira l'histoire d'Anne d'Autriche, reine de France, épouse de 'Louis XIII; intéressans et curieux par un grand nombre d'anecdotes.
Ceux de la minorité de Louis XIV , par le duc de La Rochefoucault ; écrits avec beaucoup d'énergie et de vérité.
Ceux du cardinal de Retz, pour la guerre de la Fronde. Le style en est inégal ; mais il y a bien dcjs endroits où l'auteur se montre , par la force des expressions et la profondeur du génie , le digne rival de Salluste.
Ceux du comte de Bussi , depuis 1 634 jusqu'en 1666. C'était un bel-esprit de la cour de Louis XIV , un des écrivains les plus élégans et les plus polis de son siècle^ mais dont le mérite se trouvait
4l6 AKisTOKlQUE
déprécié par iin grand fonds d'cahourpropreet de vanité. AiMsi parie-^t^l peutêtre trop souvent et tropavairlageusemeot de lui'-méme dans ses Mémoires , qui d'ailleurs «ont très -bien écrits, et ne contiennent que des faits intéressans et ▼rais.
Ceux de madame de la Fayeue, pour les années 1688 et 1689; éorils d'un «tyle animé, plein de grâce et de délicatesse; semés de portraits finis , et d'anecdc^tes vraiment curienses.
Ceux du marquis de Tùtey , pour servir à l'histoire des négociations , 'depuis le traité de Ristvick en 1697 ,ftisqu^à la ,paix dfVtreeht en 1713. ils font trèsbien connalCre les affaires du temps. La pureté du style '6n4gidè la'nobl^sse : ^la vérité seule est^le guide de l'aateur , et la modération en fait le HMrttfclère.
Ceux de madame de "Staal , remarquables par l'esprit , le goût , <l^lég«nte simplicité , le ton piquant avec lequel les événemens sont racontés, de sont proprement les Mémoires de sa vie, où elle peint au naturel le cœur humain.
Mais^ilsrenferj^ènt aussi bien des paiNiicularités concernant la régence du duc d'Or- UaHs , et les portraits de plusieurs personnes les plus distingués de la cour.
Enfin, les Mémoires pour servir à f histoire de Louis , dauphin de France, père de Louîs'KSi; bien faits pour plaire
FiSANÇAlSE- 4*7
i Itroïnthe de go^t , et j^our être lus arec diéiictes par les âtnes sensibles et ver- ^uens^s.
L'btstoîf^ littératf'e cdtmptend la nais- Histoire 'sftteè, les progrès, la perfection, la déc^dfence et te tenôuVèliettieht des sciences et des 8f<*fs, et doit en-même-temps dffVa» àû tabteaudfe ce cju'îîs biit prôijuit, datm les dîfférehs siècles , de plus agréabte , de pltfs grand et de plus utile. Le ^t*itacî^ài devoir de Vhislorieh est de distinguer le ton , le talent , le génie partîcaller de chaque auteur , dé les peindre tous , *;t de les caractériser d'après leurs ioiiNhpages ,'dorit il doit doiitter une analyse exacte, ^v^c une trtitiijue judicieuse et Itepartîate.
Pour l^étripKr av^c succès ce dernier objet , qui est un des plus impôf'tans , il faut <!« il j'oigme à la finesse de Tesprit , ' à la justesse du discernôtnent , et à là îiélicates'se du gorût , uhe étude sérieuse des matîferès tjt^e • cè^ auteurs ont Iraiiéies; tju'il Irse IteÙT^ écrits sans la moîn- 'tfre prévention; tpi'il Wmonte jusqu'aux temps àh ils ont vécu , se transporte dlartlsîes pays qu'ils ocrt habités, et ob»
•serve la relrgîoti , les rtiœurs., les usages , te gout doniintint de leur sîôcle, TTel où' vrage justement applaudi dans les âges qui Viom ont pt*éc1éaés , est aujourd'hui ou» blië , parte ^^le les mœurs iie sont plus les - mêmes.
4]8 BnÉTORIQUE
. Juvénal de CarUncas a donné un
«a ce g«jirc. Essat, SUT l'histotrc (tcs belles-lettres , des sciences et des arts , dans lequel il trace en abrégé l'origine et les progrès de chaque science et de chaque art en particulier , et caractérise presque toujours d^un seul trait les auteurs les plus célèbres. Il y a beaucoup d'érudition dans cel ouvrage, écrit d'un style pur, rapide et précis. Tout ce qu'on pourrait y désirer y c'est qu'il y eût un peu plus d'ordre .et de méthode . Les matières purement littéraires y sont trop confondues avec les matières scientifiques.
U Histoire littéraire des Troubadours
a été rédigée par l'abbé Millot, sur les immenses et profondes recherches de La^ curne de Sainte- Palaye , qui â tiré de l'oubli ces pères de la jittérature moderne.
Elle contient leurs vies et des extraits.de leurs ouvrages.
L'abbé Lambert a fait V Histoire littéraire du règne de Louis XIV. Mais il n'a pas rempli le titre de son ouvrage :
il s'y est borné à faire connaître Içs grands hommes du siècle dernier , en donnant un recueil d'éloges historiques ^ des gens de lettres , des savans et des artistes , avec une notice de leurs ouvrages.
Dans V Histoire de P Académie française ^ par Pélisson , et continuée par l'abbé aOlivet , on voit comment ce
corps littéraire s'est établi ; quels sont ses statuts ^ les lieux , les jours et la forme de ses assemblées ; ce qui s'y est passé de remarquable; ce qu'il a fait depuis son institution , et quels sont ceux de ses membres qui se sont le plus distingués.
On trouve , à la tête du recueil des Mémoires que l'Académie des belles-lettres a publiés^ un Précis kistartque de son établissement , par Boze,
UHistoire. de l'Académie des sciences a été faite par Fontenelle, On y voit de quelle manière cette compagnie a été établie y et le but qu'elle se propose dans ses travaux.
Les Eloges des membres des diverses académies font partie de l'histoire littéraire.
Tous les ouvrages dont le souverain Histoire créateur a embelli le globe que nous naturelle. habitons , toutes les productions que la terré étale à nos yeux , ou qu'elle cache dans son sein , sont la matière de l'histoire naturelle. Elle comprend ce qu'on appelle le règne animal , c'est-à-uire , les moeurs et le caractère des dijOférentes espèces d'animaux , leur formation , leur structure , leur manière de vivre , leur industrie; le règne végétale, c'est àdire , le dénomlbrement des plantes qui croisseut sur le sommet des montagnes, au milieu des plaines , dans le creux des vallées, à 1 ombre des forêts; le
4iN> jmÉTOBIQirB
rèfj^ne minéral , c'esl-à-dîre , la direm^ té d<»s métaux , des iniûéraax ei de toutes les 8ubsta 'cos qui se >f noeut dans lt% en^ -treilles de la terre. L'hUitiric!! doit étreioi «n sage et la])< rîeim observatear : il faut qu*il ait a8S< z d'iiiielltgence |>our bien voir « aësez de patience four bien 'ob- «' r?er , aii6«K de pérrétratisn «^ i>iir l;aat -«fyprof'odir, «Mez de sagacité pour ne rien confondre.
HUiorîe.s Ariêtote , »é 4 Stagyr^, ville delMa- *° ** t*"'*' cédoîne , l'<aîi.384 avant J.-C. , avait fait Y Histoire des AnhnauOi. De 4|irarante livres dont eile «était composée, il ne nous en est parvenu que dix. Gura Ta onise en latin ; et Leecmtus eu a tlooné une traduction française ^i n été hma accueillie.
Tkéophraste , natif d'<Eves«se^ "ville de Lesbos, et disciple à^Aristotc, nous ii iabsé un Traiteriez Pfttnes# très-<curieax »
tra^duit aussi ^ea latin «par Gara , et une Histoire '^ies Pierres , doi.t Hill a donné -une belle édition à Londres, en grec ^i en anglais. '
Nous avilis de Pline 'Canem^ » aimi ;, surnonMné pont le dis^»«g«ier de Plin»
ie jëurm^ srth twevteii , le «panéjjwiste de Trajétn, «tie HinaiPB ncumrêile qui e^ 1t»ès-eS«4mëe. Elle renferaïe une érudition îmrtiense , et offVe , suivant ^uffon , ^wxrni de variété q«e ia natow» «ttêmç, '€e grand bosaiiïiB s^fttnapi^ï^hé ït^)^
f)rès du mont Vésuve ,.pcur en observer a terrible éruption qui se iit l'an 79 de J.-C. , fut suffr^cfué par les uiaUgnes vapeurs , h Tâge de 56 ans : ce qui Ta Fait appeler le martyr d& la nature. Le savant P. Brotitr , jésuite , a donné une belle édition de «on histoire , revue sut les manuscrits , et rnrichie de notes.
PoinsinetdeJSivrj Ta traduite en fiançais.
Parmi nous , Pluche a fait Je Spectacle de la nature. Cet ouvrage est très-insl ruetif et agréable à lire, malgré les négligences du style.
• Buffon, dans^son Histoire noéurelte^ est un des plus grands peintres de la nature qui aient jiaru. D Aubentùft a fait la partie anatomique , avec un succès qui répond parfaitement à robjét de son travail.