‹ Rhétorique franc̜aise, composée pour l'instruction de la jeunesseChapitre 28 sur 40 · IV. Des Digressions et des Réflexions · texte numérisé non relu

IV. Des Digressions et des Réflexions

Les digressions sont des ornemens d^ns l'histoire : elles y répandent une agréable yariété > -qui charme l'esprit du lecteur , sans cesser de l'occuper utilement. Mais il faut qu'elle ne nuisent point à la régularité de l'ouvrage ; qu'elles tiennent surtout au fond du sujet par quelque chose d'intéressant, et qu'elles soient plus ou moins étendues , selon leur plus ou moins de liaison avec te corps de l'histoire. C'est ainsi que Garnier, dans son Histoire de France s désapprouvant un traité que signa Louis XII avec César JSorgia, au nom du pape , fait une digression aixssi curieuse qu'instructive sur l'origine et les progrès de la puissance des souverains pontifes e1; des empereurs. Lorsqu'on s'engage dans une digression» on doit se mettre en garde contre la vivacité de son imagination , et ne consulter quç son jugement; c'est le moyen de ne pas s'éloigner de son but. '

L'historien a encore un devoir bien important à remplir : c'est de ne rien dire dans son ouvrage qut ne porte un caractère de raison et d'équité ; qui ne montre la droiture de son cœur , et l'honnêteté des ses sentimens. C'est à lui qu'il appartient de distinguer le vrai et le

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iûux mérite , la véritable ^t la fausse gloire , les actions réeïlement vertueuses et celles qui ne le aont qu*en apparence ; de démasquer hardiment le vice ^ d'exposer la veriù dans tout son jour, et de lès peindre Tun et* l'autre avec les seules couleurs qui leur sont propres ; en un mot , de ne louer que ce qui mérite les éloges do Thomme honnête et éclairé. Mais> tout ^^elai doit se faire dans le corps du récit. Les réflexions particulières, 1^8 sentences figurent mal dans Thistoire , à moins qu'elles ne naissent naturellement dû sujet , à moins qu'elles ne soient courtes et pleines de sens. Encore même l'historien devrait-il les laisser faire au lecteur , en se bornant à lut en présenter le gerine; ' •

y^ Du Stylé de PHlsïoîre.

On vient de voir que la perfection d'une histoire consiste, en grande partie, dans Texposit^n et la liaison des, faits dont la vérité est bien constatée ; dans le détail des grands évènemens et de leurs circonstances essentielles ; dans le développeraient des négociations importantes, et dans l'expressi(»i fidèle des caractères des personnages. Tous ces difTérens objets 'bien présentés donnent au lecteur une idée aussi étendue et aussi juste qu'elle puisse Têtre ; du gouverne-

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mont etdes mœurs d'une nation. II ne me re&te plus qu'à dire un mot du style, /-•

Le / genre historique n'admet ni les grandes passions, ni les figures hardies et' trop magnifiques. L'ob}et de l'historien tt est point de se rendre maître des coBursi, où de flatter seulement l'imagimation» Il ne^ prend la plume que pour instruire et iéclairer l'esprit par, le récit des faits.. U doit doÀc se borner à raconter avec simplicité y à mettre dans son style de la clarté sans diffusion , delà précision, sans obscurité , de l'éléyation sans enfliare , du nombre, de l'harnaonie , el'diS'FalgréBBieBt^nsart. Le style ne doit presque pas se faire remarquer dans l'his^ toire.

Cela n^emp^che pas qu'il ne doive être proportionné au sujet , se plier , pour ainsi dire, ^ièux eircon^taiiees , se conformer aux caractères, se diversifier sèlt^'lèà^étènem^ns^. IL sera tantét sériêO^ ^ tantét enjoué) tantâtt uroble et tantôt • naïf; tantèt totfcbamt* "^ ttantôt léger (i tsJâtëtUkiple et tantôt inéme «u^ blime. S'agit-il éé» "Crayonner les ra va w* de la guerre , et les suites déplorables des discordes civiles? te style doit être rapide, énergique et véhément. S'agit-il der ^ Aécfhy^^m^ fruits hearetix de la paix , et le '^tmn^iA&m âes peiKples? le style Affii &té <TféW^-%WiÇ,\%\i% i brillant et.

fletii4. ' < ^mW^^^m âétôéler les ' décrets

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ressorts de la • politique et des n^ociatiens ? aue votre style soit uni , grare , méthodique et nerveux. Voulez-vous dévoiler les intrigues des cours , et le manège des courtisans ? que votrç style soit fin , saillant , précis et varié. Si vous avez à célébrer les vertus et la gloire d*un souverain qui remplit tous ses devoirs , et dont la présence porte la )oie dans tous les cœurs , votre style doit être facile , harmonieux et plein de douceur. Si vous avez à peindre un prince odieux et mé-

firisable , qui a été la honte du tr&ae et e fléau de son peuple , votre style sera vif et animé du coloris le plus mâle et le plus vigoureux..

ARTICLE IL

Dt8 différenus Espèces tPHtstoire.

On peut considérer les hommes dans leurs rapports avec la divinité ^ et dans leurs rapports entre eux. De là, deux espèces générales d'histoire; l'Histoire sacrée f et l'Histoire profane.

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