‹ Rhodésie et TransvaalChapitre 21 sur 63 · LE CENTRE DU MASHOXALAXD ET S A LISEUR Y · texte numérisé non relu

LE CENTRE DU MASHOXALAXD ET S A LISEUR Y

du hirjh veldt vers le pays bas, il y a des collines et des cbaiicbes de vallon : ces vallons sont jolis, surtout au clair de lune, entre ces petites élévations boisées; il y a comme des cirques oii les cours d'eau s'étendent en petites nappes.

Enrevcuant du bas pays à Hartley Hills, nous retrouvons nos bœufs et notre cbariot boër, et nous rentrons à Salisbury en trois jours. La nuit, au bord de l'Hanyani où nous campons entre des berges en pentes fortes ou couvertes de roseaux , et de vagues collines, nous entendons au loin quelques rugissements. A une autre rivière, nous aidons avec notre attelage à tirer de l'eau un malheureux bœuf enlisé dans la vase jusqu'câ la tète; mais bientôt c'est le kopjc de Salisbury qui apparaît à l'horizon, et nous rentrons à l'hùlel sans incident fâcheux. C'est un plaisir tout de même de retrouver un lit après des semaines passées à la belle étoile et au soleil.

Il ressort évidemment de cette visite dans le district minier d'Hartley Hills que, si l'or existe indubitablement, les travaux faits sont encore insignifiants, et, avec la pénurie des transports, il se passera plusieurs années avant que des découvertes sérieuses et d'avenir puissent se faire.

Le inonde de Salishunj. — Aujourd'hui c'est dimanche, et à Salisbury, comme en tout pays anglais, c'est fort ennuyeux : les billards et les pianos sont

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fermés, et Ton mango froid. Et pourtant les pianos de Salisbury ne devraient pas être considérés comme faisant de la musique. Les milliers de kilomètres qu'ils ont faits en chars à bœufs n'ont pas passé inaperçus dans les sons qu'ils produisent. Xous avons été invités à quelques soirées : l'on est reçu d'une façon charmante, avec le sans-façon anglais et une sincère cordialité. Mais quelle musique on entend! L'anglais chanté est pénible, et ces jeunes gentlemen disent les chansons comiques avec une telle vitesse qu'on se demande comment ils peuvent si rapidement se tordre la bouche en grimaçant de toutes façons : la prononciation anglaise fait évoluer toute la figure. Ils ont aussi des voix inénarrables qu'ils produisent avec le plus grand sang-froid; le goût leur manque totalement, au moins ici, mais ils ont d'autres qualités : ils sont hommes d'affaires et d'initiative, ils ont de l'énergie et de l'riudace.

Il y a à Salisbury uu autre Français dont la connaissance est un charme pour nous. C'est M. de la P... Après avoir perdu en France une haute situation de fortune et de rang, il est venu chasser en Afrique : d'abord au lac Xyanza, où il a tué, dit-il, cent (|uatorze éléphants et des quantités de lions et de bufOcs. Puis il est venu au Charterland où son ami le docteur Jameson lui a donné, pour ses services de pionnier, le poste déjuge de district (et les districts sont immenses),

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