LES V ALLEES DE M A Z 0 E AU M A S HO \ A L A \" D
marchons pour nous réchauffer à côté de notre wagon ; ce jour-là nos bœufs font plus de vingt-cinq milles.
Ln sécheresse. — Décidément les plaies ne durent pas, et c'est la sécheresse qui recommence. Tout le moude nous dit que l'année est exceptionnelle. La sécheresse est générale et cause une véritable disette ; le sac de mais se vend 150 francs, les trausports de bagages et de matériel sont impossibles, car on ne peut trouver à nourrir les bœufs, l'herbe verte nouvelle refuse d'apparaître, et on n'a rien d'autre à leur donner. Les pauvres mules qui font les services des mail-cooch, de Buluwayo et de Mafeking, sont exténuées par le manque de nourriture, et la malle a huit jours de retard à chaque courrier. II faudra me dépêcher si je veux voir Buluuayo et le Matabeleland. J'irai plus vite que pour le Mashoualand, j'userai des coachs et des chevaux; mais je garderai un bon souvenir de mes bœufs et de mon chariot, et de mon guide aussi, et même de mes deux noirs. D'ici à quelques années, certaiucs mines auront pris du développement sans doute, et il sera temps de revenir.
Avant de quitter Salisbury, je veux pourtant faire une chasse avec M. de P... et un autre Français, M. G..., employé de la Chartered Company; nous prenons une journée et nous partons.
Xous allons à une dizaine de milles de Salisbury, et nous croisons une quantité de chevreuils, de perdrix,
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(lo lièvres et suitout de piufades qui voyagent par troupeaux considérables. Mais ce qui m'iuléresse le pics, ce sont les restes d'une ancienne ville nègre ou indienne; il y a de nombreuses murailles eu pierre sècbe, dont une double enceinte circulaire. Le tout est euvabi par les broussailles et par les arbres. Je n'avais pas entendu [larler de ce que peuvent cire ces vagues ruines.
Uensemhîe du pays. — En concluant mes notes sur le Mashoualand, je trouve qu'il ne fait jamais, sur les bauts plateaux, des cbaleurs insupportables, et dans le bas pays il suffit, après les mois d'biver, qui sont doux, de juin à septembre, de ne pas trop se fatiguer pendant la grosse cbaleur, de midi à quatre beures. Je ne puis pas parler de la saison des pluies, ne l'ayant pas subie. A Salisbury et sur la baute régiou, !e vent souffle constamment; ce serait le cas d'installer des moulins à vent; en lout cas, c'est une cause de grande salubrité. D'un autre côté, il ne fait jamais froid, mais les nuits sont fraîches : à un habitant des Alpes, il manque évidemment les grands froids et surtout les liantes montagnes.
Ce pays a pourtant deux immenses avantages : l'un, c'est le soleil qui ne se cache jamais pendant plus de trois cents jours de l'année ; l'autre, c'est le plein air, l'espace intiui ouvert devant soi : on peut marcher des jours et des jours sans rencontrer personne. Il n'y a ni propriétés ni maîtres; c'est la liberté absolue du