BULU\VA\0 ET LE M AT AB E LE L AX D
Nous avons fait déjà avec notre chariot à bœufs, qui est resté chez un fermier de Salisbury, une partie de la route de Salisbury à Fort Charter; dans notre excursion à Hartiey Hills, nous sommes allés en effet jusqu'au passage de la rivière Hanyani. Ce soir nous y arrivons à la nuit noire, vers onze heures, et nous y prenons avec nous un jeune homme qui allait à l'hùpilal de Buluwayo, en convalescence d'une fracture de la cuisse. Jusqu'à ce moment, j'étais plutôt à l'aise pour dormir sur la banquette d'avantdu coach, oùnous n'étionscjuc deux, mais je fus trop heureux de lui laisser un angle pour qu'il put étendre sa jambe et s'appuyer sur mon épaule, moins dure que les parois de bois de la voilure. On aime à s'entr'aider en Afrique ; j'en ui eu besoin plus d'une fois, et j'ai toujours rencontré une sympathie sincère chez cette population anglaise du Chaterland.
Ces diligences sont aussi confortables qu'elles peuvent l'être pour le service qu'elles font; elles viennent d'Amérique, où l'on a acquis l'expérience de les faire, depuis celles de la Californie et du Colorado. Ce sont des voitures de style Louis XIV portées sur de grandes roues et des ressorts en cuir, qui sont plus doux et ne peuvent se briser sous les chocs. L'extérieur est peiul en rouge et orné de dorures; le siège, très élevé, a place pour trois personnes, un cocher blanc, un Hotlentot, et un domestique nègre. L'impériale est réservée aux colis, il y a place cependant pour quelques voya-
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gcurs, une place peu enviable par le froid de la nuil, la chaleur du jour, la dureté et les mouvements désor donnés du siè;je. A l'intérieur, il y a place pour douze personnes sur des banquettes en cuir jaune; celles d'avant et d'arrière ont seules des dossiers; sur celles du milieu, on est réduit à appuyer le dos contre une courroie de cuir tendue de chaque cùlé et suspendue au plafond. Aces places, il est impossible de dormir; aux autres, c'est déjà très difficile.
Après l'Hanyani, on traverse l'Lmfuli, où il y a fort peu d'eau, car les sources sont proches, et bientôt on tombe dans un sable très profond; connue sur la roule d'Umtali, il est impossible d'aller vite. Les Anglais disent que la route est lourde; c'est plutôt la voiture qui s'alourdit considérablement dans ce sable. Puis la foret fait place au terrain découvert, Vopen veldt.
Fort Charler n'est qu'un hameau de paillottes, des huttes rondes en terre et bois recouvertes de chaume. Je vais déjeuner en donnant le bras à mou pauvre boiteux, qui me témoigne de la confiance et commence à me raconter son histoire, une courte histoire : il n'a pas dix-huit ans! Avant de remonter en voituro, nous allons voir la rivière qui arrose Fort Charter; elle coule entre les herbes et les broussailles, et son eau lente et limpide est plaisante à la vue.
En partant, nous croisons des groupes d'élans; j'ai bien une carabine au fond de la voiture, mais nous