CHAPITRE III
i,l:s hlines de zimbadwé au mashomalamd.
Notre séjour au Charterland n'a pas été assez long pour nous permettre d'étudier eu détail les ruines de Zimbabwe. Elles sont cependant si curieuses et si spéciales qu'il nous semble intéressant d'en donner une description aussi complète que possible; cela nous est singulièrement facilité par l'étude qu'en a publiée un archéologue anglais, M. Théodore Bent, qui est venu, en 1892, passer piès d'un an en Afrique dans le but unique d'étudier ces diverses ruines. Il a fait exécuter des fouilles et a décrit minutieusement ses trouvailles. MM. Svian, Willoiighby et d'autres, à commencer par l'explorateur allemand Cari Aîauch, qui les a découvertes, ont également décrit ces ruines extraordinaires.
Les ruines de Zimbabwe sont situées à 20' 16' 30" de latitude sud, et 31° 10' 10" de longitude est de Greenwich, à vingt-cinq kilomètres environ au sud de
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la nouvelle ville de Victoria, sur les bords du haut plateau central de l'Afrique du Sud, et cependant encore à près de 1,000 mètres d'altitude. C'est la principale d'une longue série de ruines qui s'étendent presque jusfiu'à la côte est d'Afrique, surtout le long de la rivière Sabi, à Matindela, etc.
Le sol est composé presque exclusivement de granit, et les ruines sont bâties en granit; c'est dans celte rocbe ou près de son contact avec d'autres que se trouvent les filons aurifères anciennement exploités dans la région de Zimbabwe.
Le moyen le plus simple pour se rendre aux ruines, c'est de partir de Victoria avec des cbevaux ou en cliariot boer traîne par des bœufs, ce dernier moyen permet de s'arrêter plus longuement. Le pays est très pittoresque; sur ce versant oriental du liant plateau, le climat est plus chaud, et la végétation devient plus belle et peu à peu tropicale à mesure qu'on descend les vallées. L'on passe entre les rivières Tokwe et Mtelekwe, dans une région couverte de forets et arrosée par des eaux abondantes. Des collines varient constaminont le paysage, mais bientôt on franchit un col et l'on aperçoit au delà un nouveau groupe de collines dont l'une, un kopjè de granité avec des parois à pic, porte un sommet couronné de ruines, comme seraient celles d'un château fort du moyen âge. C'est Zimbabufé.
Dès le premier coupd'œil, on distingue trois groupes
LES RUINES DE ZIMnABWÉ. 117
de ruines : une sorte de forteresse au sommet d'une colline, à l'origine même de la vallée; diverses accumulations de débris au pied de la colline, et une grande enceinte circulaire un peu plus bas dans la plaine : c'est cette dernière ruine qui est de beaucoup la plus curieuse, mais de toutes et de partout, c'est un inextricable fouillis d'arbres et de broussailles qui émerge au-dessus des murailles, ou bien, comme au pied de la colline, ce sont les champs de maïs des Cafres auxquels les ruines servent d'enclos, lorsqu'ils n'ont pas achevé leur démolition.
Il a été très difficile aux premiers visiteurs de pénétrer dans l'intérieur de la grande muraille, tellement les abords mômes sont obstrués de lianes, d'arbres et de plantes tropicales et de hautes herbes. Quant aux murailles, étant dépourvues de ciment, la végétation n'a pas eu de prise sur elles, et c'est grâce à cela, peutêtre, qu'elles sont si admirablement conservées.
La forme générale de la grande enceinte est celle d'une ellipse dont le grand diamètre est d'environ quatre-vingts mètres, et le plus petit de soixante mètres. La hauteur des murailles varie de cinq à onze mètres, et leur épaisseur à la base, de deux à cinq mètres. C'est la partie sud qui est la plus puissante et la mieux construite; toutes les pierres y sont d'égales dimensions et taillées avec une précision mathématique. Ailleurs, les rangées de pierres sont plus irrégu-
lis niîODÉSIE ET TRANSVAAL.
lièrcs, comme si elles dataient d'une époque différente, mais il n'y a pas de transition nette d'une manière de construire à une autre.
Il y a trois entrées, dont la principale est au nord el en face de la colline qui porte la forteresse. Cette entrée n'a qu'à peine un mètre de largeur; elle est placée obliquement dans la muraille, étant déjetée sur 1;: gauche, et le seuil conduit à l'intérieur par des degrés descendants cimeulés avec du granit pulvérisé. Les deux autres portes, au nord-ouest et à l'ouest, son! encore plus étroites.
Sur la paroi extérieure de la muraille du sud-esl seule, existe une idée architecturale et encore très grossière : ce sont deux lignes, figurant des chevrons, en granit taillé, les vides étant remplis par des pierres de petites dimensions, et un peu en retrait pour mieux faire paraître les chevrons en relief; en outre, sur cette partie de la muraille étaient intercalés de grands monolithes éqiiidisfants. Le sommet est assez large pour que l'on puisse s'y promener à l'aise encore aujourd'hui.
Le premier effet que font ces ruines est celui d'un labyrinthe. A peine a-t-on franchi l'entrée principale qu'on s'engage dans un long et étroit corridor où deux personnes ne pourraient passer de front, entre des murailles énormes, hautes de près de dix mètres, en moellons de granit d'une absolue régularité. A un cer-