‹ Rhodésie et Transvaal: impressions de voyageChapitre 15 sur 23 · PRETORIA ET LES BOERS. J · texte numérisé non relu

PRETORIA ET LES BOERS. J

avec lequel le moindre employé a le droit d'infliger une amende d'une livre et plus à un voyageur pour un billet en relard, etc., etc. Les transports qui doivent rapporter, comme les charbons, sont taxés à dn« prix exorbitants. C'est là un des beaux cfiets du mon^pôle. Mous ne parlerons pas des autres monopoles dp. la dynamite, ni de la douaue et de ses tarifs. Il y a peut-être des raisons à tout cela, et dans toute administration, au Transvaal comme ailleurs, il y a d^ gens indignes. D'ailleurs l'administration du Transv;»»! est beaucoup plus hollandaise que boer; il ne faut pfl« tout rejeter sur les Boers.

On ne peut pourtant pas exiger de paysans, qui le sont depuis des générations, qu'ils deviennent tout à coup des gens très civilisés. Il en est beaucoup qui étaient allés volontiers au Charterland, et à qui Rhodes avait donné des fermes, et c'est tout ce qu'ils demandent en Afrique : de l'espace et des troupeaux. Ils sont admirables comme pionniers, comme trehkers, selon leur terme, pour ouvrir un pays et soumettre les nègres, ou bien comme fermiers, pour vivre des produits de leur terre, mais ils sont en retard comme industriels, administrateurs, financiers. Et justement sur ces divers points ils se sont trouvés avec les premiers financiers et industriels du monde entier. Le conflit n'a pu tarder à se produire. Donnons-leur Iq temps, et tout finira par s'arranger dans l'Afrique dif

Sud; le bon sens des uns, l'audace et la ténacité des autres ne peuvent que produire les meilleurs résultats, parce que précisément les uns possèdent ce qui manque aux autres. Chacun son métier, et les vaches seront bien gardées; les Anglais apporteront les capitaux pour développer les mines et les affaires, et les Boers apporteront la colonisation agricole et Tart de dominer les noirs et de les utiliser.

C'est une chose très difficile et très longue que d'étudier les hommes, et je suis loin de me flatter de connaître les Boers : je ne puis cependant m'empêcher de protester contre les articles venimeux de certains journaux qui leur attribuent toutes sortes de basses qualités d'esprit et de cœur. Ils sont plus près (le la nature que nous, gens civilisés, mais ils ne sont pas pervertis : j'ai eu l'occasion d'être reçu dans plusieurs fermes, et j'y ai trouvé partout la famille bien unie et bien constituée, l'autorité du père respectée, et la mère estimée et aimée, et je ne parle pas sans affection aussi des enfants, que j'ai vus tout jeunes dressés à réunir à cheval les nombreux troupeaux de moutons ou de bœufs, très obéissants sur un signe de leur père et prêts à lui rendre tous les services. Il n'y a qu'avoir le regard avec lequel ils écoutent celui qui leur témoigne de la bonté pour comprendre la droiture et le naturel de leurs cœurs; il y a longtemps qu*on a dit que les yeux sont le miroir de l'âme.

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