CHAPITRE XV
C'est dans le but de retrouver, en passant à Beïra, les bagages que j'avais laissés quatorze mois auparavant à Umtali, et qui n'avaient pu me suivre plus loin dans le Charterlan<l, que je revins en France par la côte est de l'Afrique.
J^allai m'embarquer à Durban, désirant passer une huitaine de jours dans cette ville qu'on appelle déjà le Brîghton de Johannesburg, vîien que la distance soit plus grande, le trajet est plus rapide que pour aller à Lorenço-Marquez : il faut vingt-quatre hqures au lieu de vingt-sept à vingt-huit. Je quittai Johannesburg à sept heures et demie du soir. Vers dix heures, je dis un adieu à la petite ville de Heidelberg, dont les lumières brillaient à distance dans la nuit noire, puis je m'endormis jusqu'au matin.
Bientôt nous entrons dans la colonie de Natal, et le changement se manifeste surtout par la présence d'un
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restaurant. Jusque-là, les Boers n'avaient pas daigné s'occuper de ce détail; bien qu'il soit déjà tard, il a été impossible de rien obtenir nulle part.
Quant au paysage, il est toujours aussi uniforme jusqu'à la descente des hauts plateaux. Là, il devient plus pittoresque et rappelle celui qui lui correspond sur la ligne de Lorenço-Marquez. Ce sont des ravins profonds encaissés dans des montagnes aux sommets rocheux et aplanis : c'est un caractère commun à tous les paysages de l'Afrique du Sud, ces sommets aplanis des montagnes.
Ce n'est guère qu'à partir de trois ou quatre heures de la côte que l'activité de la colonisation se manifeste par des plantations d'arbres, des jardins, des prairies irriguées, des fermes et des chalets. Pietermaritzburg est dans ce joli cadre vert, d'un vert plus opulent que celui de l'intérieur de l'Afrique; on y reconnaît la culture.
Plus près encore de la côte, ce sont des plantations de canne à sucre, de bananiers, et toutes sortes de cultures : les grands arbres indigènes attestent la puissance du sol et manifestent de plus en plus le climat semi-tropical. La nuit tombe, et les ombres des arbres viennent accroître l'obscurité. Mais peu à peu on sent venir des émanations salines, la mer se fait connaître de loin. Du haut d'une pente, on distingue les lumières de Durban, encore à près d'une heure de distance, et
la lumière électrique du phare au sommet du « bluff» .
Peu à peu ce sont des fanaux électriques près de la Toie, la senteur de la mer s^accentue, on en croit déjà sentir la houle, la brise est forte, Tatmosphère est humide, bien que le ciel soit embrasé d'étoiles; nos pores, trop longtemps habitués à la sécheresse des hauts plateaux, s'ouvrent avec délices à cette humidité bienfaisante. On est en août, et les soirées sont bonnes. Enfin voici une grande gare éclairée à Télectricité ; nous sommes à Durban.
Nous allons au Beach Hôtel, Thôtel de la Plage ; il y «a une certaine distance depuis la gare. Des nègres nous transportent enjinritcha, une sorte de chaise à deux places et à deux roues, et nous roulons sur une belle route, dans la nuit éclairée par des fanaux électriques. Devant nous s'agitent les jambes du nègre, qui file presque aussi vite qu'un cheval. C'est fort curieux, ces hommes-chevaux, qui font eux-mêmes leur boniment et piaffent pour se donner des airs de coursiers fringants.
Au Beach Hôtel, situé sur la plage même de Durban^ c'est enfin le véritable bruit de la mer qui nous berce ; elle est là sous nos fenêtres, et l'on s'endort, paisiblement bercé par ce bruit continu, monotone et pourtant varié, qui a toute la puissance contenue des choses infinies. Le matin, ma première pensée est pour la mer; à l'aurore je me lève, je veux voir le
soleil se lever sur cette immensité, et je vais me roa- 1er dans les vagues et Técume avec les délices de ceux qui sont avides de se mêler ainsi avec la nature et qui en ont été longtemps privés.
Il n'y a personne encore ; la plage s'étend en arc de cercle immense, à perte de vue; le sable est d'une extrême finesse, il recouvre peu à peu les arbres et les bauts buissons qui viennent mourir sur ses bords, tandis que de l'autre côté, ce sont des vagues qui viennent doucement le refouler lui-même, tout en soulevant chaque fois de longues traînées d'écume. Elles ont l'air de peu de chose, ces vagues, mais lorsqu'on va les recevoir, elles vous recouvrent facilement tout entier, et leur force vous repousse irrésistiblement vers le rivage. Nulle cabine de bain : la plage est telle que lorsqu'elle appartenait aux nègres; seulement, comme je le vis ensuite, les hommes ont fait choix d'un endroit plus éloigné, par courtoisie pour les dames : et il y a tant de place sur cette plage infinie qu'on ne songe pas à se la disputer.
Pendant huit jours, je connus ainsi les délices des bains de mer dans ce séjour admirable de Durban. Pendant la journée nous faisions des courses à cheval dans les bois environnants, ou bien à Béréa, cette côte forestière parsemée de villas qui parait un fantastique et immense parc naturel, et que je crois bien unique au monde. Le soir, c'était toujours le même charme
de retrouver le bruit des vagues et de passer la soirée, souslavéranda obscure, à regarder, sur les eaux noires, les lumières des vapeurs et des voiliers ancrés au large. Car la passe de Durban est trop petite, et, malgré les améliorations qu'on a faites à l'entrée du port, les gros navires ne peuvent traverser la barre. Les requins viennent quelquefois s'aventurer jusque-là, et il ne fait pas bon de vouloir s*y risquer à la nage.
Un soir, vers quatre heures, pendant que nous étions plusieurs à prendre un bain de mer, voilà un nuage qui crève tout à coup sur nos têtes, et une pluie torrentielle qui vient rejoindre Teau de la mer. Nous nous précipitons vers nos vêtements et nous voilà courant à toutes jambes vers Thôtel dans des costumes de sauvages, tout en cherchant à nous habiller. II y avait vingt bonnes minutes à faire ainsi sur ce sable, si fin qu'on y enfonce à chaque pas. Nous arrivâmes heureusement, et grâce à ces retards, à ne pas causer trop de scandale, mais non sans avoir perdu quelque pièce de vêtement plus ou moins importante. Le lendemain la mer avait tout emporté. Ce sont là les surprises des bains de mer, qui sont loin d'être désagréables dans un climat aussi doux que celui de Durban, où l'on est dans l'eau comme dans son élément naturel.
Cependant, au matin du 12 août, le bateau allemand, le Kanzler, par lequel je devais retourner en France, venait jeter l'ancre au large, en face du Beacli
SOUS cette île, et lorsqu'on fonce un puits, on a des cbances de rencontrer Teau de mer. La côte est à plusieurs kilomètres de distance, et il n'existe aucune communication avec elle autrement que par bateaux Il eût pourtant été facile de jeter un pont sur les bancs de coraux qui affleurent jusqu'au rivage. Mais les Portugais avaient une telle défiance des noirs de la côte qu'ils préféraient se tenir bien isolés dans leur île.
Ils y ont bâti une énorme forteresse en pierres de taille venues des Indes à grands frais, et ces lourds bastions rappellent tout à fait nos châteaux du moyen âge. Seulement, ici, ils font un contraste curieux avec le climat tropical et le ciel toujours bleu. Dans la forteresse il y a une chapelle et des prisons où l'on jouit d'une fraîcheur délicieuse, presque trop grande. Autrefois, elle était à quelque distance de la mer; aujourd'hui ses murailles y plongent directement, et môme en maint endroit les coraux s'enfoncent en retrait par dessous.
Voici le beau jardin de Mozambique, de belles avenues, de grands arbres; les quais et les rues sont d'une merveilleuse propreté. Des bancs d'un vert éclatant attendent les promeneurs qui n'existent plus. Les maisons sont d'une blancheur éblouissante) avec des toits en terrasses pour drainer les eaux des pluies dans des citernes ; mais la plupart paraissent inhabitées ; à tra-
vers les fenêtres et les portes grandes ouvertes, on voit de vieux meubles qui s'abîment dans des chambres où la chaux se désagrège. Personne dans les rues, sauf de-ci de-là des nègres qui battent le sol en cadence pour raffermir contre les pluies, et des zébus, ces bœufs à haute bosse, qui transportent de la terre et des pierres dans des charrettes. On dirait une ville en train de mourir et que la solitude envahit peu à peu.
Il y a plusieurs Français à Mozambique : d'abord les employés du câble de Madagascar, qui habitent une grande maison aux vastes pièces désertes devant un jardin que personne ne cultive, puis des commerçants qui font le trafic des arachides, le seul de ce pays.
J'ai eu la curiosité de goûter des mets indéfinissables du pays. Dans de vastes salles blanchies à la chaux, des gamins noirs agitent de grands éventails. Le soir, il y a tellement de mouches qu'il faut emporter les lampes dans une autre pièce et manger dans l'obscurité. Sur les quais et dans les rues, la nuit, des gamins accourent chasser ces importunes mouches pour obtenir quelques sous. La mendicité est affreuse; seuls les Indiens font encore ici quelques affaires.
Nous passons deux jours entiers à Mozambique ; c'est plus qu'il n'en faut pour en faire la connaissance complète. Cette ville a eu sa splendeur, et il y en a encore quelques restes; malheureusement, on a démoli plusieurs anciens édifices, comme la cathédrale,
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qui eiistait encore Tan dernier, mais qui gênait un passage. Plusieurs maisons ont des restes d'architeoture intéressants : la principale est celle qui sert de siège au gouvernement de Mozambique.
Cest un ancien couvent de Jésuites, avec une chapelle, précédé d*un jardin, sur les quais et en face de la mer. Le bâtiment est très grand ; la façade, régulièrement percée de petites fenêtres, a peu d'intérêt, mais il y a une cour intérieure au delà d'un vestibule de colonnes qui a encore une certaine grandeur. De chaque côté d*un perron en marbre, deux hautes figures en bronze, je crois, représentent des pages en costumes portugais du moyen âge. Le reste de Tarchitecture est aussi de style moyen âge et vient évoquer la splendeur de la marine portugaise, après les Vasco de Gama et les audacieux aventuriers qui ont découvert cette côte de T Afrique.
Mais comme tout cela est loin maintenant ! Ces restes sont en train de mourir. L'Anglais, qui est le voisin, pourrait seul maintenant ressusciter cette côte, rouvrir le commerce avec l'intérieur; il le convoite, et il réussira avec ses millions. Les Portugais ont tout abdiqué ici ; ils songent même à quitter définitivement Mozambique pour installer leur gouverneur à Lorenço- Marquez, et là encore ils ne tarderont pas sans doute à baisser leur pavillon devant l'Union Jack.
Un dernier regard sur Mozambique avant de partir.
La rade est pleine de ces bateaux indiens qu'on appelle des sampans ou des banyans, et que nous trouvons partout sur la côte est de TAfrique» Ils jaugent souvent
moins de cent tonnes, et viennent pourtant des Indes à travers l'océan Indien, profitant de la belle saison. Ce sont des voiliers en bois. Leur poupe domine de beaucoup la proue, et ce haut gaillard d'arrière est couvert de fines sculptures sur le bois poli, dans le genre des galères et des caravelles du moyen âge et de Christophe Colomb. L'avant s'abaisse comme pour mieux fendre les vagues, et j'imagine qu'il faut rester à l'arrière pour ne pas être inondé. Le mât unique est fortement penché vers l'avant ; il est peu élevé et porte une grande voile carrée : tout est à l'inverse ^de nos voiliers, et il parait cependant que ces banyans peuvent prendre une très grande vitesse. Mais ils courent souvent risque de naufrage, et on me dit que les marins et les commerçants indiens font leur testament avant de s*y embarquer.
Nous devions avoir encore une autre surprise à Dar- Es-Salam, le principal port de la colonie de l'Est africain allemand. Mais cette fois c'est une agréable surprise. Le port est une baie profonde tout encadrée de forêts vertes, de grands palmiers et d'arbres très toufi*us qui se touchent les uns les autres et viennent plonger dans la mer. C'est un lac entouré de bois, une perle bleue enchâssée dans du vert. Tout sourit à l'œil ; il est
impossible de contempler une nature plus riante. Et pour être en harmonie avec elle, on a construit sur les bords de cette baie, oh la mer vient mouiller les herbes et les bois, une série de jolis chalets à colonnes et à tourelles avec de larges vérandas, des kiosques, des restaurants, des jardins exubérants où tout réussit à merveille. Tout invite à venir se reposer dans cette splendeur tropicale ; Ton passe des soirées délicieuses sous ces arbres caressés par la brise, devant ce lac où viennent mourir les dernières vagues de la mer.
Tout près, il y a des plantations de café, d^aloès:
on y arrive par une passerelle en bois jetée sur une
rivière limpide. Des huttes rondes et pointues abritent
la population nègre ; si Ton n^envie pas les huttes, on
envie les ombrages qui les couvrent et y font Tobscu-
rite en plein midi.
L Non loin s'élèvent des montagnes bleues; sur leurs
i premiers contreforts, on distingue la végétation tou-
' jours splendide, et qui parait se prolonger bien au
|\ delà.
[ Les grands palmiers nous font de loin, avec leur
^ bouquet de grandes feuilles, reOet d'énormes insectes
verts poses sur des perches de dix et quinze mètres de
hauteur. A côté d'eux, les baobabs contrastent par leur
lourdeur. Des oiseaux-mouches, petits comme des
^ mouches, animent ces ombrages ; des chants d'oiseaux
h s'y répondent, des perroquets et des cacatoès y font
ressortir leurs vives couleurs. C*est, le soir, un vrai jardin de verdure et de fraîcheur. Il parait, cependant, comme nous le montre un cimetière magnifique de végétation riante, que la malaria sévit ici, et que le climat n'est pas aussi favorable que semble l'indiquer cette nature.
Le 25 août, nous étions à Zanzibar. La grande île s'étend à notre droite ; à gauche, c'est le continent et Bagamoyo. Zanzibar est encore une île de palmiers d'une végétation luxuriante. Les rues y sont étroites et sales; mais ces hautes maisons font du moins de l'ombre dans cet air à lui seul chargé de chaleur. L'on est immédiatement saisi de moiteur, car cet air est humide. Il y a surfout des Indiens qui font tous les commerces, dont le plus lucratif est celui des roupies. Nous passerons là trois jours, et nous y verrons des choses que nous n'aurions pas imaginées.
Après avoir couru tout un jour les boutiques d'étofifes luxueuses indiennes, de coffrets en bois de santal, de cornes d'ivoire, et de toutes sortes d'antilopes, d'armes et de plumes d'autruche, nous pensions n'avoir plus rien à faire à Zanzibar, quand la nouvelle se répand de la mort du sultan.
Devant nous, sur la berge, s'élève son palais et son harem, et entre les deux la tour qui porte au sommet son pavillon rouge. Le palais a trente mètres de haut en trois étages, sans autre décoration que des colonnes
le soir même, est un cadre aussi vert que Dar-Es- Salaam. C'est la même nature luxuriante, plus sauvage, car il y a moins d'habitations modernes. De plus hautes montagnes s'élèvent à l'horizon : elles ont des formes régulières et arrondies, et paraissent dépasser deux mille mètres. Ce sont les premiers contreforts de cette chaîne qui aboutit aux pics de Kiliman- Diaro et de Kénia, hauts de six mille mètres et situés à cent kilomètres à peine de la côte. Je vois un commencement de vallée qui doit conduire à d'autres paysages autrement grandioses. Vraiment cette colonie est un beau pays, et le climat doit être sain là-bas dans ces hautes montagnes.
En6n, c'est Guardafui, ce cap énorme qui dresse sa silhouette au loin à l'horizon, en face de nous. Les rochers arides ont remplacé la splendeur des tropiques. Voici Aden, qui me laisse un souvenir aride. Les citernes sont sans eau, la chaleu.^ est torride, on dirait une nature maudite. De partout accourent des canots de gamins somalis qui viennent plonger pour attraper nos pièces de monnaie. Ils jettent seuls une jolie note dans ce triste paysage ; ils sont si vifs et si alertes, ils sont si contents de rire de leurs dents blanches, leurs figures sont si jolies sous leurs cheveux souples et ondulés! Us ont de la gaieté plein la figure, et cela nous met en joie aussi. Au moins j'emporte ce joli souvenir
d'Aden.
Depuis Zanzibar, il m'est impossible de dormir dans ma cabine. Pendant toute la traversée de la mer Rouge, je vais continuer à dormir en plein air sur une chaise. On cherche à retenir de la brise tout ce que Ton peut.
Tout le long de la mer Rouge, c'est la suite des rochers d'Aden : il en est qui surgissent à peine de la mer, ce sont de vrais écueils; il faut une attention continue dans ces parages. Le Sinaï est là-bas parmi ces rochers rouges brûlés de soleil.
Suez nous apporte la première note d^Europe, on nous remet des lettres et des journaux, mais on ne peut descendre à terre : nous sommes en quarantaine. A la nuit, nous pénétrons dans le canal.
Le canal ne me fait pas l'impression que j'en atten* dais. C'est pourtant merveilleux, cette course dans un hôtel flottant à travers le désert de sable. De nuit, c'est plus saisissant encore de voir ces hauts réflecteurs électriques à la proue des navires, qui se suivent d'une vitesse presque nulle, glissant sans aucun bruit, et l'un après l'autre se mettant dans les garages pour laisser passer ceux qui vont en sens inverse.
Ce désert, ce silence de mort, ces lamières éclatantes font pourtant du canal de Suez une vision unique.
Enfin voici la Méditerranée, c'est-à-dire l'Europe. L'Afrique est bien loin derrière nous ; le canal nous a
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isqaement transportés d'nn continent daDS l'autre, ait frais, je puis reprendre ma cabine.
C'est d'abord la Crète qui élève devant nous ses îles montagnes rocheuses, puis c'est un cuirassé nçais qui se rend à Congtanlinople, et nous le saluons nme |un poste avancé de la France.
Vous traversons le détroit de Messine en pleine nuit nouvelle lune, mais Reggio et Palerme nous ïirent ; le passage est étroit, une erreur minime is jetterait sur Charybde en voulant éviter Scylla.Ce it les souvenirs latins qui nous reviennent, et il est lie de les entendre citer par des Anglais avec leur ent.
i'oici l'EIna, le Stromboli, enfin le Vésuve et la baie \aples. Mais cela, c'est trop bien l'Europe pour en 1er. Naples m'a fortement déplu avec ses mendiants esseux, sa musique agaçante, sa cttte dénudée. Pour able, j'ai vu au matin un homme assassiné sur un ic de pierre, la chemise couverte de sang, et la le ne paraissait nullement émotionnée.
tious longeons la Corse par le nord, en vue de tia, et enfin, après trente-sis jours de traversée luis Durban, nous entrons à Marseille. Cette fois ;t plaisir de voir la vie et le mouvement, contrast d'autant pins avec la nonchalance de Naples; et dic merveille d'y trouver le soleil aussi radieux en Afrique I
Merci à Notre-Dame de la Garde avant de filer en express vers les montagnes de la Savoie ! Mais, qui sait? des rives du Léman, nous voguerons peut-être à nouveau vers ces lointains rivages que nous avons appris à apprécier. Ce n'est plus le continent noir des vieux navigateurs; la nature africaine dévoile peu à peu toutes ses splendeurs de joie et de soleil.
8 décembre 1896.