‹ Rhodésie et Transvaal: impressions de voyageChapitre 2 sur 23 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

LIBRAIKIE PLON

Ë. FLON, NOURRIT et Ui*. IMPRIMEURS-ÉDITEURS

Te»t drolii rfuroét

5^s^%s.oo

S\JLT\X,JI^ 4.A>v\>^cA-.

A MES FRÈRES PâVL ET HeNRV,

Je vous adresse ce livre, composé avec les lettres que je vous ai écrites pendant un premier séjour dans V Afrique australe, spécialement au Transvaal et en Rhodésie (1895-1896).

Ce ne sont que des notes pittoresques sur le pays et sur les habitants : je nai pas voulu m'occuper ici du point de vue économique, que j'ai traité ailleurs en même temps que les questions minières et métallurgiques (1).

// me semble que la connaissance des hommes et de la nature même d'une contrée a une importance réelle: il faut aimer un pays pour s'y consacrer et vouloir y faire une œuvre utile. Si l'Afrique australe n'a pas la beauté de nos pays du Nord, elle a pourtant des régions intéressantes qui méritent d'être connues et qui ont un charme particulier. J'ai goûté ce charme parfois, et je serais heureux de le faire res-

(1) Les mines de l' Afrique austrate^ par A. Bordeaux. Mu volume. Gh. Duinod, éditeur.

sentir à ceux qui ne peuvent venir chez les Boers et

chez le* Afrikanâers.

lis il y a autre chose que du charme dans les iges africains: ils offrent un but à poursuivre, différent de ceux qui nous agitent dans nos vieux d'Europe. Lorsqu'il s'agit de contrées où te sol \che, les eaux abondantes, le climat admirable, le en bien des parties de l'Afrique australe, ces veulent qu'on les fasse connaître. Il y en a res, comme le Canada et la Sibérie, qui soUit aussi notre attention, et qui conviennent peutmieux à nos aptitudes et à notre nature ; mais \que du Sud a son soleil et son beau climat. Si stfort en retard au point de vue agricole, c'est ertaines régions sont à peine connues, et que les 'S sont, depuis plusieurs années, soumises à des i de toute sorte : sécheresse prolongée, saute- ■; peste bovine ; mais on peut surmonter tout ■ n'a-t-on pas d'ailleurs à lutter contre le froid et 'tempéries ?

•ant à lauvre de l'ingénieur, létude géologiqiif pays et, par suite, la connaissance de ses res •es minières et industrielles, elle ne peut i,ue •.r à être accompagnée de la vie pittoresque des s, qui fait mieux découvrir leur détail; et, en \che, combien souvent ces points de vue utent-iU pas d'intérêt à létude attentive aes iges?

En décrivant les luttes et les travaux accomplis par les pionniers de V Afrique australe, et en faisant connaître la nature du pays auquel ils ont consacré tous leurs efforts, il me semble servir aussi l'œuvre de sa colonisation ; et cette idée m'a encouragé à soumettre au public des pages qui n'étaient à V origine écrites que pour un cercle de famille. Je voudrais ainsi intéresser ceux qui, prenant une voie souvent pénible^ mais souvent aussi hautement récompensée, vont se créer au loin une nouvelle patrie, oit qu'ils la choisissent, tout en restant fidèles de cœur à leur vieille patrie française.

Juillet 1898.

Albert Bordkaux.

RHODÊSIE ET TRAKSVML

Page 1