‹ Rhumatisme CérébralChapitre 14 sur 16 · PL: EU · texte numérisé non relu

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s’il existe un groupe qui soit surtout tributaire de cette médication, c’est celui dont la pathogénie semble uniquement se rapporter à l’hyperthermie.

Ce qui prouve bien que même la forme méningitique s’accommode bien des bains froids, c’est l'observation que nous rapportons. Le délire violent, les contractures, le trismus, la constipation, la céphalalgie, le coma, tout semble faire songer à une méningite, et cependant l'issue de la maladie fait penser qu'il n’en était rien; j'avoue que dans le cas actuel je me demande si la terminaison favorable est due à la nature ou à la médication employée; la solution d’une pareille question est toujours bien difficile, d'autant plus que la température n’ajamais été très élevée, et que par le fait, nousn’avons jamais vu apparaître ce symptôme si redoutable contre lequel le plus souvent cette médication fait merveille. En tous cas, le fait quenous rapportons démontre combien il faut être prudent, et combien il faut se garder dans des cas de ce genre de porter un pronostic que la solution finale n'aurait pas confirmé.

Reste enfin une dernière question, à savoir comment doiton employer l’eau froide? D'abord, il faut savoir que l’eau froide peut être appliquée sous toutes les formes, lotions, frictions, affusions, drap mouillé, éponge, etc., cependant dans la pratique générale, il s’agit du bain froid avec ou sans affusion, et c’est de lui qu’il est réellement question quand on parle de la médication froide dans le rhumatisme cérébral. On n’est pas ici si unanime pour le degré de l’eau comme on l’est dans la fièvre typhoïde: dans celle-ci, les auteurs partisans des bains froids les donnent avec Brand à 16°, tandis que pour le rhumatisme cérébral il y a plus de divergences. Dans sa première observation, Maurice Raynaud plongea son malade d'emblée dans un bain à 16° centigrades ; Féréol maintint le sien dans un bain en moyenne à 22°; Blachez émit l’idée

Ho qu'il y avait avantage à donner le bain à une température initiale de 23 à 25°et à le refroidir au bout d’un quart d'heure de 3 à 5°; enfin, Béhier avaitrelevé aussi son degré thermométrique et ne prescrivait plus une température inférieure à 23°. D’autres auteurs ont encore élevé la température de l’eau etne descendent pas au moins au début au-dessus de 28°. En somme, on voit que d’une façon générale on maintient l’eau à une température un peu plus élevée que dans la fièvre typhoïde.

Pour la durée du bain, on ne peut rien dire de général. Cela dépend naturellement de la température initiale, de la facon dont le malade réagit, etc. Ce qu’il y a de mieux à dire, c’est qu’on sort le malade dès qu’il frissonne fortement et que ses extrémités se cyanosent. Cette durée peut varier de 10 à 40 et 60 minutes ; elle ne dépasse pas en général ces limites.

Le nombre des bains varie aussi suivant les cas et c’est le thermomètre qui sert de guide en pareille occurrence; c’est lui que l’on doit interroger et on pourrait presque dire lui seul. On ne peut pas dire d'avance: on donnera deux, trois, quatrebains. On doit donner le nombre de bains nécessaires pour maintenir la température dans les limites voulues. Et à ce sujet ilfaut bien dire avec Féréol qu'il est tout-à-fait illusoire et non sans danger de poursuivre la réfrigération du malade jusqu’à ce qu’il soit revenu à la normalede 37°, si la température ne remonte pas au-dessus de 38°,iln’y a aucune urgence de revenir au bain, et il suffit de se tenir prêt à y recourir aussitôt que cette tempéraiure remontera à 3805. Quatre bainssuffisent, en général, à gouverner le tracé thermique, au moins dans les cas où les bains doivent avoir une action bienfaisante.

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