CHAPITRE PREMIER
Observation personnelle.
Salle Saint-Barlhélemy N° 2.
Rhumatisme cérébral survenu au 20% jour d'un rhuwatisme articulaire aigu ; pas d'hyperthermie, traitement par les bains froids ; guérison.
Blancheton, jeune soldat au 2° Génie, arrivé sous les drapeaux en décembre 1883. II n’a jamais eu de maladie grave et notamment jamais de rhumatisme articulaire.
L’affection actuelle a débuté deux jours avant son entrée à l'hôpital, c’est-à-dire le 17 avril 1884. Le premier jour, il ressentit un malaise général avec céphalée, anorexie; le lendemain l'articulation tibio-tarsienne droite était envahie, les jours suivants un grand nombre d’articulations furent atteintes et le rhumatisme se généralisa rapidement. Il fut envoyé à l'hôpital et entra le 19 avril dans le service de M. Kiéner, salle Saint-Barthélemy, N° 2.
On constata un rhumatisme articulaire aigu généralisé, avec bruit de souffle à la base et au second temps indiquant
LL 0 EE l'endocardite secondaire: les sueurs étaient profuses, il y avait de la tendance aux épistaxis et la température oscillait entre 38 et 39°5. Tous les symptômes résistèrent au salicylate de soude donné pendant cinq jours consécuüfs. Le traitement par la digitale institué ensuite amena au bout de cinq jours le collapsus et des vomissements sans amender l'intensité des douleurs et la tuméfaction articulaire: les urines restaient aussi rares et sédimenteuses.
Le 4 mai, se produisirent, vers le soir, des accidents de dyspnée et dans la nuit de lagitation, des rêvasseries et même du subdélire, le malade s'étant levé malgré ses arthrites multiples et sans pouvoir en donner la raison.
Après une nuit agitée, le 5 au matin, le malade accusait un mieux général: le faciès altéré, les sueurs profuses, la température élevée, tout cela faisait craindre l'invasion de symptômes encéphaliques.
Cependant le 6 au matin, on apprend que la nuit précédente avait été bonne et les douleurs articulaires avaient reparu.
Le 7, on constate une intelligence nette, mais de l’accablement, une grande faiblesse avec amaigrissement notable, teint terne et jaunâtre, respiration calme quoique le malade ait eu hier un accès de dyspnée. Les genoux sont tuméfiés et fluctuants ; plusieurs articulations du membre supérieur sont aussi tuméfiées et douloureuses. La matité précordiale est très considérable et mesure 14 centim. de long sur 7 de haut; la pointe bat avec force et sur un large espace dans le cinquième espace intercostal en dehors du mamelon; il existe à la région précordiale une voussure notable. Les bruits du cœur sont sourds, comme lointains; le premier voilé à la pointe par un léger souffle et couvert à la base par un souffle plus fort. Le pouls est trèsirrégulier avec 3 ou 4 intermittences par minute, puis des séries de pulsations brèves et avortées ; pas d'æœdème aux malléoles ; lèvres an peu brunes sans être
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cyanosées. Hier et avant-hier ont eu lieu de fortes épistaxis. Langue blanche, appétit faible, soif vive; selles régulières, urines rares et briquetées. On fait appliquer un vésicatoire à la région précordiale et on continue une potion avec 6 gr. de nitrate de potasse que le malade prend depuis quatre jours.
8. Hier au soir vers 10 heures le malade à eu un accès de délire ; efforts pour se lever, pour arracher son vésicatoire ; paroles incohérentes. Cette période d’agitation dure environ une heure et le malade s'endort. Dans toute la journée du 7, le malade n'avait pas eu son intelligence bien nette, on s'était aperçu à différentes reprises qu'il prononçait des paroles incohérentes ou appelait les infirmiers sans motif.
Ce matinle malade a le front baigné de sueur, le pouls est très irrégulier avec des intermittences très rapprochées : les genoux sont encore notablement tuméfiés et fluctuants, les articulations des coudes et des mains sont plus libres.
9. Hier de 9 à 11 heures du soir, nouvel accès de délire avec cris et vociférations, par moments tentatives pour se lever, sommeil tranquille après 11 heures.
Ce matin, depuis 5 heures, loquacité, hallucination de la vue (eau, personnes absentes). Il se croit coupé en deux; passage rapide de la colère au rire; aberration et dédoublement de la personnalité ; en nn mot, désordre absoluet véritable ataxie de la pensée. Altération profonde des traits, face pâle et jaunâtre très contractée; sueurs abondantes. Les douleurs articulaires ne sont nullement ressenties et les membres sont toujours en mouvement. Les genoux sont beaucoup moins tuméfiés que les jours précédents, et l’épanchement à en partie disparu. On constate des contractures dans les membres inférieurs, plus dans les membres supérieurs, pas de trismus. Pouls fréquent (124 pulsations), inégal, petit par moments; les intermittences sont très nombreuses, la température est à peu près normale; la langue est