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le rhumatisme cervico-sciatique se rencontre aussi fréquemment en hiver qu’en été. Son apparition n’est guère influencée par les saisons; elle rappelle celle du rhumatisme articulaire aigu que l’on observe aussi bien dans les mois de l'été que dans ceux de l'hiver.
Le froid et surtout le froid humide paraissent cependant jouer un rôle dans le développement du rhumatisme cervico-sciatique. En effet, sur 1.962 malades entrés dans les seize mois, 114 sont atteints du syndrome cervicosciatique, soit une proportion de 5,8 pour 100. L’hôpital des contagieux ne recevant pas les rhumatisants, si on en juge par la forte proportion obtenue, on déduit que l’année 1916 qui a été pluvieuse et humide a provoqué un grand nombre de cas de rhumatismes.
Les conditions d'existence auxquelles sont soumis les soldats sur le front paraissent également jouer un rôle.
Presque tous nos malades sont des fantassins, les uns jeunes, les autres plus âgés. Les jeunes, en première ligne, vivent des semaines et même des mois dans la tranchée, couchent dans des abris souterrains, servent de guetteurs des heures entières aux avant-postes el sont parfois dans de l'eau jusqu'aux genoux. Le secteur d'où nous arrivent nos malades borde une rivière et est un des plus humides du front. Les autres, plus âgés, territoriaux sont occupés aux travaux des routes, au déchargement des trains ou à d’autres travaux de ce genre, mais toujours au grand air. Ils sont donc exposés à toutes les intempéries : froid, vent, mouillage.
L'âge paraît influencer le développement du rhumatisme. Ainsi, du !l* Mai au 31 Décembre 1916,
793 hommes sont entrés à l'hôpital des contagieux. Sur ce nombre : \
497 sont âgés de 20 à 30 ans.
296 — — 3! à A ans.
Parmi ces entrants, 49 sont atteints de rhumalisme
cervico-sciatique; on trouve :
37 cas 20 à 30 ans soit 7 pour 100 12 cas 31 à 41 ans. — 4 — 100
Dans le chapitre des complications cardiaques, on à vu que les cardiopathies s’observent également plus souvent chez les sujets jeunes que chez ceux plus âgés. On trouve en effét :
43 pour 100 de cardiopathies de 19 à 22 ans 39 — 100 — — 23 à 30 — 18 — 400 — — Hàw —
Chez tous ces malades, il semble bien que l'affection soit de nature rhumatismale. Les uns sont d'anciens rhumatisants, les autres font une complication cardiaque et l'évolution de la cardiopathie est identique à celle du rhumatisme articulaire aigu. Il est enfin des cas où le rhumätisme cervico-sciatique s'accompagne d’autres arthropathies. Au début, le malade ne présente que des douleurs au niveau de la nuque et des membres infé-
rieurs, mais, dans les jours qui suivent, d'autres articu-
lations deviennent douloureuses: L'épaule est prise à son tour, puis le coude, le poignet et le malade fait soit
du rhumatisme articulaire aigu localisé à un membre, soit généralisé.
hate taie us dit tutos
RES RSS er SE tee D RS
Obs. XI. — Bon... Il y a deux jours, brusquement, frissons, céphalée, fièvre et courbature. |
Le 14 Janvier : Contagieux.
Céphalée frontale et courbature. La température est de 3808. La langue est saburrale. Le foie et le poumon sont normaux. La rate mesure 19 centimètres. Le cœur a sa pointe derrière la 6* côte à deux travers de doigt en dehors de la verticale mamelonnaire. | =
La nuque est douloureuse, de même les points atloïdoaxoïdiens et transverses. Il existe du Lasègue bilatéral et les points fessiers et péroniers du sciatique sont sensibles.
On fait une ponction lombaire, laquelle ne soulage pas le malade. L'examen du liquide donne de nombreux lymphocytes.
Le 15. — Persistance des lies de la nuque, du sciatique et de la céphalée. La face dorsale du pied est douloureuse et un peu gonflée. La température est de 39°2 le matin el de 40° 4 le soir.
Le 16. — Les douleurs cervicales sciatiques et de la face dorsale du pied ont diminué; mais le soir, le malade est pris de douleurs au niveau des poignets et des coudes.
La température est à 38°2. Le 17, les douleurs diminuent puis disparaissent dans les jours qui suivent, Le cœur n'a pas été touché. ,
\ Rhumatisme cervico-sciatique, fièvres typhoïdes et paratyphoïdes.
Il est des cas où le syndrome cervico-sciatique est la manifestation initiale d’une affection typhique ou paratyphique. F
Il en a été ainsi pour quatorze malades, pour lesquels, le diagnostic a été vérifié par l'hémoculture, quelquefois par le séro-diagnostic.
ne
Ces malades sont arrivés à l’ambulance avec des états fébriles qualifiés sur le bulletin d'évacuation de courbature fébrile, d'embarras gastrique fébrile, ou même de cérébro-spinale suspecte.
Dans treize cas, le syndrome existe au complet.
Les mouvements de rotation de la tête et les points atloïdo-axoïdiens sont douloureux. Aux membres inférieurs, il existe des signes plus ou moins manifestes de sciatique: Chez certains malades, la pression du globe oculaire est douloureuse.
Le quatorzième malade n’a pas de douleurs cervicales, les mouvements de la tête sont libres; mais le trajet du sciatique est sensible et il-existe du Lasègue nettement marqué. 1
Le liquide céphalo-rachidien est hypertenda et le taux de l’albumine augmente.
La constatation du syndrome cervico-sciatique ne doit pas surprendre car on sait depuis longtemps que le torticolis est un symptôme fréquent au début de la fièvre typhoïde, surtout chez l'enfant.
L'hémoculture positive chez tous ces malades a permis d'isoler :
5 fois le bacille d'Eberth — Para A.
— Para B,
Obs. XII. — Bres.. Lucienne, 9 ans.
La malade est envoyée comme suspecte de méningite cérébro-spinale. Contagieux, 30 Juin.
La malade est couchée en chien de fusil; elle a de la
céphalée, de la constipation, un Kernig léger. La BRésRon des globes oculaires est douloureuse.
La langue est saburrale. Vomissements.
On fait une hémoculture et une ponction lombaire. On retire 20 centimètres cubes de liquide céphalo-rachidien clair, hypertendu, dans lequel on trouve 2 leucocÿtes par millimètre cube. La température est à 39°2.
1° Juillet. — Les sciatiques sont douloureux; il ÿ a une ébauche de Lasègue. Les points atloïdio-axoïdiens, les mouvements de rotation et de flexion de la tête ainsi que le pression des globes oculaires sont douloureux. La langue est saburrale. La malade a de la diarrhée, la température est à 39°2 et le pouls régulier.
L'hémoculture est posilive pour le bacille d'Eberth.
Le soir, la malade est somnolente. Le ventre est météorisé. La rate est de 12 centimètres. Pas de raie méningitique.
2 Juillet. — Nuque un peu raide et douloureuse, un peu de Kernig. La diarrhée persiste, On fait une ponction lombaire ; on retire 5 centimètres cubes. La température est
à. 29° le matin, 838°5 le soir.
Le 3, — Nuque toujours un peu raide, un peu de Kernig. Malade somnolente, La température est à 39°%5 le matin, 38°9 le soir. La diarrhée continue. Dans lanuit, malade agitée.
Le 5. — Ventre très météorisé, la diarrhée disparaît,
Le 6. — Réapparition de la diarrhée, Température 39°2,
Le 7. — Ventre moins ballonné. Température 398,
Le 10. — La température monte à 41°. Même état.
Le 15. — L'enfant a une mentalité bizarre, Elle cherche à mordre. Jusqu'au 18, l'enfant PHÉSANTE de la confusion mentale manifeste,
Le 19. — Elle refuse toute nourriture. Dans la nuit, agitation et l'enfant meurt.
Obs. XIII. — Merle... 28 ans. :
Entre le ? Février avec le diagnostic d'embarras gastrique fébrile..
Air ee
Depuis un mois, malaises et depuis deux semaines, céphalée, fièvre, anorexie, épistaxis. A
Contagieux. EP : :
Même état. Mouvement de rotation de la tête et points atloïdo-axoïdiens douloureux. Le sciatique est sensible.
Langue saburrale. Rate de 18 centimètres. Poumons : quelques sibilances. Le cœur et le foie sont normaux. La température est à 39°4,
La ponction lombaire est pratiquée le soir. On retire 23 centimètres cubes d'un liquide clair hypertendu dans lequel on trouve 0,44 -d'albumine, 0,25 d'urée, 7,02 de.
* chlorures. Lymphocytes, 75 par champ.
Le malade est soulagé et la nuit du 3 est bonne.
Le lendemain 4. — Les points atloïdo-axoïdiens sontencore un peu sensibles, mais les mouvements de rotation ne sont plus douloureux. La température est à 38°2.
Le 4. — L'hémoculture est positive. Bacilles paratyphiques A. : |
Le 5. — Les douleurs ont presque disparu.
Rhumatisme cervico-sciatique et vaccination antitypho-paratyphique.
À la Réunion de la V° Armée, le 28 Octobre 1916, MM. Nobécourt et Pevyre font une communication sur « quelques manifestations de la maladie vaccinale conséculive aux injections antiparatyphiques » (X)-et, dans les observations qu'ils donnent, on trouve deux fois le syndrome cervico-sciatique.
Les deux malades sont jeunes, ont 23 et 25 ans. Aussitôt après l'injection, ils sont pris de céphalée et de troubles digestifs. Ils sont amenés dans le service et on
observe les mêmes symptômes : anorexie, vomissements,
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diarrhée. La céphalée persiste, la fièvre est de 38° dans un cas, de 40 dans l’autre et le pouls n’est pas en rapport avec la température. Les deux malades ont de l'anurie; un a émis à peine quelques gouttes d'urine ; l’autre n’a pas uriné depuis vingt-quatre heures.
Trois jours après l'injection de vaccin, on observe le syndrome cervico-sciatique.
Dans les jours qui suivent, les troubles digestifs diminueént, cessent et la diurèse reparaît. Un: malade est resté vingt-quatre heures sans uriner, l’autre soixanteneuf heures. S Ù
A la première émission d'urines, on les analyse et on les trouve albumineuses. À la sortie de l’ambulance, l'albumine a disparu.
D'autre part, le sang est analysé chez ces deux malades. Le sérum sanguin contient dans un cas 2 gr. 40 d'urée par litre, dans l’autre 1 gr. 45 et cinq et onze jours après ce dernier taux tombe à 0 gr. 92 et 0 gr. 25 avec des constantes d'Ambard de 0,154 et 0,07,
Obs. XIV. — Claver.…., 23 ans.
: Entre le 30 Janvier 14916, dans l'après-midi.
Jl a toujours été bien portant. |
Ila reçu 3 injections de sérum antityphique en Avril et Mai 1915, et est actuellement en cours de vaccination antiparatyphique. La première injection de vaccin A B, recue le 21 ou 22 Janvier, a provoqué des suffocations, de l’anorexie, des vomissements, de la diarrhée. La deuxième a été faite hier matin : elle a été suivie, au bout de quelques minutes d’une sensation de paralysie, d'impotence ; le malade n'a pu se déshabiller seul; il se soutenait à peine sur ses jambes; à partir de midi, il n'a pas uriné. \
A l'entrée, l’anurie persiste depuis vingt-quatre heures. Il y a une température axillaire à 38°2 et 120 pulsations. Sa respiration est fréquente. IL existe depuis la veille un état nauséeux, des vomissements bilieux, de la diarrhée (8 selles en 24 heures). Le cœur et les poumons sont normaux. Le sérum sanguin obtenu par des ventouses scarifiées placées sur la région lombaire contient 1 gr. 45 d’urée par litre.
Le 31 Janvier. T. 36°6-88-94 pulsations. Le pouls est petit. Le facies est vultueux. L'anurie, les vomissements, la diarrhée persistent. La nuque est douloureuse; les points atloïdo-axoïdiens et apophysaires nettement caractérisés. Les muscles des mollets et des cuisses sont hypéresthésiés; on provoque de la douleur par la pression des points péroniers, fessiers et lombaires sciatiques. L’effleurage de Ia peau détermine l'apparition d’une raie’ blanche, rapide et nette. è
Le. ler Février. — Le malade se sent mieux,les vomissements et la diarrhée se sont arrêtés. La langue est rouge; il existe un érythème scarlatiniforme sur la face dorsale des mains et des poignets. e
À 9 heures, se produit une première émission d'urines qui contiennent de l’albumine en petite quantité L’anurie a duré 69 heures.
Le 2 Février. — Les urines sont abondantes, toujours légèrement albumineuses ; l'érythème a disparu
Le 5 Février. — Il n'y a plus d’albumine.
Le 4 et le 10. — On dose respectivement dans le sérum sanguin 0 gr. 92 et 0 gr. 25 d'urée par litre et les cEnSERutes d'Ambard sont de 0,154 et de 0,07 (1).
Le malade sort guéri le 16 Février,
(1) Les recherches chimiques ont été faites par le pharmacien aide-major Laruelle au Laboratoire de Toxicologie du Groupe de brancardiers du corps d'armée.