‹ Rhumatisme Chronique DéformantChapitre 29 sur 73 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Poly arthrite déformante survenue au cours d'une fièvre

typhoide.— Localisée aux mains

Le nommé C..., soixante-neuf ans, infirmier, est entré le 17 novembre 1898, pavillon Vulpian, lit n° 178.

Ant. hér. — Le père est mort paralysé ; la mère était rhumatisante.

Ant. pers. — Jamais malade jusqu’à cinquante ans. A cet âge contracte une blennorragie guérie en peu de temps, sans complications et surtout sans arthrites. A cinquante-cinq ans, il contracte la typhoïde dans son service à l'hôpital d'Aubervilliers.

Histoire de la maladie. — Dans le courant du troisième septenaire, douleurs généralisées et très violentes. Doigts ankylosés et rétractés d’une façon très accentuée. Épaules, coudes, genoux, très douloureux. Dans la suite, les douleurs se sont apaisées peu à peu et la mobilité des diverses articulations est revenue. Cette amélioration a porté sur les mains qui, toutefois. n'ont pas retrouvé leur

cat normal.

État actuel. — Les mains seules sont déformées, les: phalangettes sont fortement fléchies sur les phalangines, les autres segments sont légèrement fléchis. Les pouces

sont libres. Les articulations sont assez mobiles, seuls les

mouvements d'extension sont limités; en imprimant ces

mouvements on est ‘brusquement arrêté Peu de déformations ; cependant les articulations phalangiennes sont épaissies et élargies. Au creux de la main, saillie accentuée de l’aponévrose palmaire. Toutes les autres articulations sont libres, quelques craquements aux genoux. Rien de spécial à l'examen des divers organes.

Température moyenne : 36° 2. Pression artérielle ; 18.

OBSERVATION II Poly arthrite généralisée d'origine blennorragique

Le nommé Alphonse A..., âgé de trente-trois ans, employé de commerce, est entré le 16 janvier 4909, pavillon Cruveilhier, lit n° 102.

Ant. hér. — Mère bien portante. Père mort de la poitrine. Fièvre hémiplégique.

Ant. pers. — Scarlatine à neuf ans.

Histoire de la maladie. — Blennorragie à seize ans. L'écoulement dure quatre mois. Pendant le quatrième mois, douleur et gonflement du genou droit : ponction : on retire un liquide citrin. Reste quatre mois à l'hôpital pour cette hydarthrose ; peu après sa sortie, douleurs et gonflement des genoux et des chevilles. Jusqu'à vingtet un

ans, il a des douleurs fréquentes, il part au service mili-

taire et peu après. son arrivée entre à l’infirmerie, puis à Phôpital, pour douleurs articulaires durant un mois et demi. Il achève ensuite son service d’une façon normale et sans trop souffrir des jointures.

A vingt-huit ans, gonflement des pieds et des genoux ; gonflement des articulations sterno-claviculaires. Les douleurs gagnent toutes les articulations ; les ankyloses et déformations commencent. Depuis, le malade souttre souvent, les mains ont commencé à le faire souffrir à trente et un ans, surtout la gauche, qui est la plus déformée. Depuis son séjour à Brévannes, les déformations ont augmenté.

Examen. — A la main droite, les doigts sont mobiles et peu déformés, à l'exception du pouce dont l’articula-

tion métacarpo-phalangienne est saïllante en dehors et

- très augmentée de volume ; craquements articulaires et

douleurs à la pression. A la main gauche, les doigts sont raidis, la flexion complète est impossible ; le pouce est sans déformations, quelques craquements articulaires dans l'articulation métacarpo-phalangienne. L’éminence thénar avec le premier métacarpien et le pouce sont reportés vers le milieu de la main, dont le creux a presque disparu. Le poignet gauche est très déformé, faisant une saillie notable du côté du dos de la main et à la partie externe. Épaississements articulaires et ostéophytes ; craquements à la palpation. Les coudes et les épaules ont des mouvemenis très limités. Aux pieds, les orteils sont peu déformés ; la jambe est en flexion sur la cuisse et la cuisse en flexion sur le bassin. Il y a une atrophie musculaire très

marquée et une ankylose complète ; le mouvement des

genoux et des hanches est nupossible : le makade est complètement soudé. La tête est déviée à droite et regarde dans cette direction. Elle est absolument soudée dans

cette attitude ; elle est en même temps fléchie sur le

thorax. La colonne vertébrale est presque complètement

soudée. Le malade est dans son ensemble dévié à droite, le bassin est incliné à droite et la jambe* wauche fléchie recouvre la droite. Le thorax est élargi à gauche et le sternum est dévié vers la droite.

Les ongles sont friables et striés de blanc; la peau est

sèche, pityriasique, mais les poils sont conservés.

Rien de particulier aux viscères, notamment au cœur et

au poumon.

Fm

Température moyenne 37° 5. Tension artérielle 13.

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