OBSERVATION VIII
Début par crise articulaire aiguë et fébrile
d'une polyarthrite déformante. — Insuffisance mitrale
Le nommé D..., âgé de cinquante-neuf ans, corroyeur, est entré le 28 novembre 1890, pavillon Vulpian, lit ne 499.
Ant. hér. — Père asthmatique, mère morte subitement. à.
Ant. pers. — Etait exposé à l'humidité; travaillait les peaux mouillées. Avait des habitudes éthyliques. A eu la variole étant jeune.
Histoire de la maladie. — À douze ans, douleurs très vives, mais sans fièvre dans les membres inférieurs. A dix-neuf ans, douleurs généralisées avec fièvre et gonflement des jointures. Reste sept mois couché, puis reprend son travail, mais les déformations persistent. Reste deux ans sans souffrir, puis a une nouvelle poussée douloureuse avec gonflement et fièvre..Les déformations s’accentuent peu à peu. À trente-deux ans, bronchite, depuis tousse de tempsen temps. À eu depuis encore deux nouvelles crises de douleurs. Entre temps ne souffre pas des articulations. Les déformations ont même subi une régression et le travail aurait eu sur elles une influence favorable. A quarante-six ans contusion thoracique suivie d’hémoptysie; excès alcooliques ; le malade est pris d’un tremblement
accentué et continuel; il entre à l'hôpital Cochin, fait un
long séjour ; il est très dyspnéique. C'est surtout à cause de cette dyspnée qu’on le fait entrer à Brévaunes. À son entrée, on constate de la cardalgie, un pouls petit, irrégulier, un souffle systolique de la pointe. Un examen du fond de l'œil fait noter une atrophie partielle de la papille. ILest'sujet à des syncopes, des maux de tête, des crises de dyspnée ; œdème des jambes quand il
marche. —2 juillet 1901. Asystolie. Dyspnée intense, cya-
nose des lèvres, œdème des jambes, œdème des bases
pulmonaires, insomnie, urines foncées roses, rares. Digitale pendant trois jours. Le 5 urines abondantes, grande amélioration.—19 juillet 1901. Urines : 500 grammes. Indican et pigments biliaires, foie parait petit. Cœur irrégulier arythmique, ni sucre ni albumine.—5 mai 1902. Souffle systolique. Irrégularité des battements cardiaques. Gros foie. — 24 juillet 1904. Oligurie ; léger œdème des malléoles. Souffle intense de la pointe propagé à l’aisselle. Pouls petit, irrégulier, inégal avec des pauses. Examen.— Main droite : première phalange du pouce fléchie, deuxième en extension, saillie de la tête métacarpienne Les autres doigts ont leurs segments fléchis légèrement, l'extension complète est impossible. Pas de déformations osseuses ou articulaires nettes, mais pour vaincre les attitudes vicieuses on est arrêté brusquement comme par des brides fibreuses. Saillie accentuée de l’aponévrose palmaire et de ses arcades qui sont dures et rétractées. Main gauche : même type qu’à droite avec doigts moins fléchis. Saillie accentuée au creux de la main correspondant au tendon de l’extenseur de l'index. Quelques épaissis-
sements des articulations des phalanges, Pouce : même
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type. L'aponévrose palmaire est tendue. Pieds: Hallux valgus surtout à gauche, tête métacarpiennesaillante, Grandes articulations indemnes.
Foie déborde de trois travers de doigt et est douloureux. Cœur, souffle systolique à la pointe. Obésité : varicosités du nez et des pommettes, dyspnée. Un peu de congestion des bases, quelques râles fins. Réflexes rotuliens très diminués.
Température moyenne 364, Tension artérielle 17.