CHAPITRE PREMIER
APERÇU HISTORIQUE ET PATHOLOGIQUE LES CLASSIFICATIONS ÉTIOLOGIQUES MODERNES
A. — Aperçu historique
Le rhumatisme chronique déformant a, sans doute, existé de touttemps et on en a retrouvé des spécimens en étudiant les ossements retirés des fouilles de Pompéi (Della Chiage). Mais, pendant longtemps, goutte et rhumatismes aigus et chroniques furent confondus et il faut arriver au xvim° siècle pour voir, avec Boillou et Sydenham, distinguer et séparer ces divers états morbides.
Landrée-Beauvais, en 1800, donne. une courte monographie du rhumatisme déformant, puis viennent les travaux de Heberden, Haygarth, Adams, Lobstein. Enfin en 1853 paraît la remarquable thèse de Charcot à laquelle, au point de vue anatomique et clinique on a peu ajouté depuis. Les travaux de Garrod, Vidal, Trastour, Cornil, Jaccoud, Trousseau complètent la question montrant ses relations et ses connexions pathologiques.
L’étiologie reste très obscure ainsi que la pathogénie. Toutefois Pitres et Vaillard découvrent des
lésions de névrite périphérique, puis Skoda et Reisenman, Klippel, Messalongo discutent sur l’origine nerveuse possible. Quant à l’étiologie elle s’est éclairée en partie grâce à la découverte de Bouchard sur les rhumatismes pseudo-infectieux ; c’est alors la période moderne des travaux sur la question ; citons à ce sujet, P. Marie, Chauffard, Lancereaux, Barjon, Tessier et Roques. Le dernier article de ces auteurs dans le Vouveau Traité de Médecine et de Thérapeutique est un des résumés les plus complets des connaissances que l’on peut avoir sur la question. Somme toute, le rnumatisme chronique déformant connu dans sa clinique et son anatomie pathologique est encore peu connu dans son étiologie et sa pathogénie. De celle-ci nous dirons d’abord quelques mots.
B. — Pathogénie
La question discutée est de savoir s’il s’agit d’une affection articulaire ou d’une affection nerveuse. Les auteurs qui appuient l’origine nerveuse se basent sur l’allure chronique, les troubles trophiques accentués et l’existence de lésions nerveuses périphériques et surtout centrales. Les partisans de l’origine articulaire prétendent que ces lésions ne sont pas constantes, qu’elles sont secondaires, que le rhumatisme chronique déformant se comporte comme une maladie d'abord articulaire et que ces phénomènes articulaires n'ont aucunement le caractère des arthropathies nerveuses.
Notons à ce propos que de quelque façon que l’on
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résolve cette question pathogénique le problème étiologique reste le même. L’action des infections, des intoxications et des diathèses se pose, qu'il s’agisse d’un point de départ nerveux ou articulaire.