C. Ferry
d’études spéciales ainsi que la forme deltoïdienne atrophique de Duchenne, le morbus coxæ senilis, qui avec les nodosités d'Ileberden, la campodactylie relient le rhumatisme déformant au rhumatisme partiel,au rhumatisme vague, à tous les rnumatismes chroniques engénéral. ss |
Nous avons vu que l’on décrivait des formes atrophiques et hypertrophiques qui ne sont autres, en réalité, que des modalités de troubles trophiques pouvant coexister chez le même sujet.
Plus intéressante est la forme qui, par opposition à la forme osseuse où l’on a des déformations osseuses et des ostéophytes, a été dénommée la forme fibreuse et étudiée par Jaccoud, Vidal, Besnier. D'abord mise sur le compte du rhumatisme articulaire aigu exclusivement, elle fut reconnue pouvoir succéder à d’autres états infectieux et même, comme l’a le premier montré Besnier, survenir d’une façon lente et indolente. Elle présente les mêmes attitudes vicieuses que le rhnumatisme banal et même plus accentuées. Pour vaincre la raideur, on est quelquefois brusquement arrêté par les brides fibreuses qui sont visibles et souvent font saillie dans le creux de la main. En revanche, pas d’ostéophytes, pas de déformations osseuses. Tel est du moins le type le plus pur. Mais déjà, Regimbeau et Vedel en 1862 avaient publié des observations où les os étaient légèrement altérés. Depuis, on a montré que là encore il y avait des formes de passage. On en trouvera plus loin quelques observations. Notamment (obs. I) on a un type
fibreux accentué s’associant à quelques épaississements osseux appréciables.
On a décrit des formes juvéniles,elles sont souvent à début brusque et à ailure rapide, mais on en a vu de lentes et elles ne présentent en dehors de ces caractères rien de bien particulier.
Quant aux Jormes étiologiques nombreuses que l’on a décrites,disons de suite qu’elles ne se justifient guère en tant que formes cliniques, ni par l'aspect des lésions ni par leur évolution. Sans doute, certains agents, notamment le gonocoque que nous pouvons prendre comme exemple, peuvent donner, à un certain moment un aspect un peu spécial comme la daciylite pseudo-phlegmoneuse, mais ce caractère qui d’ailleurs n’est pas pathognomonique est fugace et surtout inconstant. On a vu des polyarthrites gonococciques à début lent, d’autres à début brusque,des formes localisées ou limitées,des formes généralisées, et il en est ainsi pour tous les agents infectieux capables de produire les polyarthrites déformantes, Nous conclurons donc avec Paul Londe que « les formes symptomatiques ne répondent pas du tout à la classification étiologique ; autrement dit, il est impossible de faire le diagnostic étiologique par l’aspect clinique de l’arthrite ».
Peut-on au moins distinguer deux grandes formes de rhumatisme chronique au moyen de la clinique ? Pierre Marie et (Ættinger ont tenté d'établir cette distinction. C’est aussi l'opinion que soulient Cazal dans sa thèse. Pour ces auteurs, le rhumatisme infec-
tieux se caractériserait parle début aigu, la présence possible de cardiopathies, la marche progressive et non par poussées. Le rhumatisme diathésique aurait un début lent, insidieux, serait progressif, ne se compliquerait pas de cardiopathies, mais au contraire de lithiase, de néphrites chroniques. Pour Pierre Marie. la peau serait blanche, luisante dans les formes infectieuses, sèche, craquelée, desquamante dans les rhumatismes chroniques diathésiques.
On a vu des complications cardiaques survenir dans les formes lentes, des formes à début brusque évoluer progressivement, des formes d’abord lentes procéder ensuite par poussées aiguës. En un mot, les caractères cliniques ne paraissent pas tranchés. Aussi adopterons-nous à ce sujet les conclusions de Barjon. «En résumé, il ne nous paraît pas exister de caractères distinctifs, constants, indiscutables entre les deux formes de rhumatismes infectieux et diathésiqué. Elles ont un air de parenté indiscutable, elles aboutissent aux mêmes déformations articulaires, aux mêmes atrophies musculaires, aux mêmes troubles trophiques, aux mêmes complications ; elles se ressemblent comme deux sœurs. »
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