FAC
Le signe thyroïdien, le plus souvent fugace, peut se prolonger et donner naissance à un syndrome de Basedow. L'apparition d’un syndrome de Basedow consécutif au rhumatisme articulaire aigu, déjà signalée par Perry (1872) et par Charcot, a été étudiée plus récemment par Sergent (1907), Vincent (1907). Il peut, d’ailleurs, succéder à d'autres infections: fièvre typhoïde| Gilbert et Castaigne (1899), Coissard (1902)|.
Mais on peut se demander avec Sergent « si la phase d’hyperthyroïdisation ne peut être suivie d’une autre phase d'hypothyroïdisation consécutive, liée à la sclérose de l'organe glandulaire ».
Nous aurons à revenir plus longuement sur cette hypothèse dans l'interprétation des faits anatomocliniques que nous envisageons plus loin.
Dans ce qui précède, nous avons vu que la notion d’hypothyroïdie tendait à se substituer à celle de l’arthritisme ; du moins un grand nombre de manifestations morbides sont communes à l’un et à l’autre. Il faut d’ailleurs reconnaitre que, si le mot arthritisme ne veut rien dire et ne fait que masquer notre ignorance, la notion d’hypothyroïdie n’est peut-être pas beaucoup plus nette. Avant de parler de fonctionnement insuffisant de la glande, il serait peut-être nécessaire de connaître les modes de son fonctionnement normal. Or, la pathologie de la glande thyroïde est loin d’être achevée. Nous ignorons la nature exacte de tous les principes actifs qu'elle secrète et leur mode d’action sur l'organisme normal est loin d’être entièrement élucidé. Nos con-
naissances sur le rôle antagoniste de la thyroïde à l'égard d’autres glandes endocrines el inversement est encore hypothétique.
Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux qu’il existe une variété infinie de cas, dans lesquels on retrouve, plus où moins atténués,un certain nombre de symptômes du myxœdème qui semblent bien liés à un fonctionnement insuffisant de la thyroïde, autant que nos connaissances physiologiques nous permettent d’en juger.
Avant d'examiner la fréquence et la valeur des signes d'insuffisance thyroïdienne dans le rhumatisme chronique, nous rappellerons la description qui a été donnée par Hertoghe des manifestations articulaires au cours de l’hypothyroïdie bénigne chronique :
« Dans la plupart des cas, beaucoup de muscles et d’articulations sont douloureusement affectés. Invariablément, les patients attribuent leurs maux au thumatisme... La raideur peut siéger dans un ou plusieurs membres simultanément. Fréquente est la douleur des épaules et des bras ; il ÿ a impossibilité de se coiffer. D’autres fois, les genoux sont pris et les malades éprouvent une réelle souffrance à se relever d’une chaise ou à s’agenouiller. Une forme fréquente est la douleur de la plante du pied, uni ou bilatérale. La douleur est vive, surtout le matin ou après avoir été assise pendant quelque temps. »
Ménard (1906) réunit 16 observations de rhuma-
tisme thyroïdien.