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Les manifestations articulaires sont contemporaines des troubles dûs à l’hypothyroïdie ou même les précèdent de quelques jours. Tous les deux évoluent parallèlement et cèdent également au traitement opothérapique institué. Celui-ci ayant été interrompu, les douleurs reparaissent en même temps que des signes très frustes d’hypothyroïdie se manifestent du côté du visage. Enfin, les uns et les autres cèdent à nouveau, lorsque le traitement est repris. Donc, atrophie du corps thyroïde déterminant à la fois le rhumatisme et l’hypothyroïdie, qui cèdent tous les deux à l’opothérapie, pour réapparaitre d’une façon fugace, lorsque la médication est suspendue. Cette observation a donc bien, comme nous le disions plus haut, la valeur d’une véritable expérience : elle fait la preuve de l'existence du rhumatisme thyroïdien. La lésion du corps thyroïde, qui se traduit par l'insuffisance glandulaire, provoque l'éclosion des premiers symptômes de polyarthrité. La lésion articulaire peut même être parfois le prodrome de l’hypothyroïdie. Maïs il n’en est pas toujours ainsi : l'hypothyroïdie peut fort bien déterminer uné modification humorale, préparer le terrain, faire en somme, « le lit » du rhumatisme, et c’est précisément ce que l’on voit dans de nombreux cas où les arthropathies apparaissent tardivement, chez des individus à tares héréditaires ou acquises, lesquelles doivent être rattachées à ce que, jusqu’à plus ample informé, nous ‘devons regarder comme des manifestations liées à des
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troubles des glandes endocrines, parmi lesquelles la thyroïde parait jouer un rôle primordial.
La deuxième observation (Ménard, obs. XX VIII) est relative à un cas de myxœdème consécutif à une thyroïdite primitive aiguë chez une femme dé vingt et un ans et lié à des manifestations articulaires. Les deux ordres . de symptômes cèdent au traitement opothérapique. Cette observation,comme on le voit: est à rapprocher de celle d’Acchioté.
La troisième observation dont il nous reste à parler est celle de Ménard. |
Elle est relative à une femme de cinquante-quatre ans, migraineuse, chez laquelle apparaissent, à l’âge de cinquante et un ans, des douleurs articulaires. À quarante-neuf ans, la malade avait de l’œdème des jambes, surtout marqué aux chevilles, s’accentuant après les fatigues, mais ne disparaissant jamais complètement. Cet œdème ne pouvait s'expliquer, la malade n’ayant ni affection cardiaque ou rénale, ni varices. Les douleurs articulaires apparaissent peu après la ménopause. Elles s’accompagnent rapidement de déformation des mains. L'œdéme augmente. Le rhumatisme se généralise aux genoux, aux coudes, aux hanches. Après une période d’accalmie, les crises se succèdent; la malade devient incapable de tout mouvement, presque toutes les articulations sont déformées. x
La mais droite est fortement déviée en masse sur le bord cubital. Les articulations métacarpo-phalangiennes sont volumineuses, œdématiées. Rétraction
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de l’aponévrose palmaire ; articulations des doigts ankylosés en extension,
La main gauche est dans le même état,mais moins prononcé.
Le coude est légèrement ankylosé.
Les épaules le sont fortement. La malade soulève très difficilement son bras et ne peut mettre sa main derrière sa tête. |
Les membres inférieurs, les pieds, cous-de-pieds, jambes, sont fortement œdématiés. Les articulations tibio-tarsiennes sont ankylosées, tout mouvement impossible ; la flexion complète des genoux est impossible. Le moindre mouvement réveille les douleurs articulaires. Environ quatre mois après l’examen, la malade commence à transpirer et va un peu mieux. Le mois suivant, les transpirations deviennent abondantes ; les urines augmentent de quantité. Un amaigissemeni rapide survient. Au bout de cinq mois après le début de ces phénomènes, la malade a perdu 19 kilos. Un tremblement généralisé à tout le corps, mais surtout marqué aux membres supérieurs, s’installe. Le nombre des pulsations augmente et atteint 130 à la minute. Les yeux deviennent brillants, les globes oculaires font saillie de l'orbite. Il y a de l’insomnie, du nervosisme. Le corps thyroïde ne paraît pas augmenté de volume. Il s’agit d’un syndrome de Basedow. En méme temps : que ces symptômes s'installent l'ædème des jambes, les douleurs articulaires regressent, la malade marche facilement, monte et descend les escaliers et
seules de légères déformations persistent à la main droite.
Le syndrome de Basedow est traité ; il s’amende, pour disparaître plus tard. On voit les douleurs articulaires faire une nouvelle apparition, qui cède à l'application du traitement opothérapique.
Cette observation de Ménard a une valeur démonstrative égale à celle du cas d’Acchioté. En effet nous voyons ici un cas rebelle de rhumatisme chronique, rétrocéder d’une façon remarquable lorsque le syndrome de Basedow s’installe. {l s’agit donc d’un véritable cas d’autothérapie. Sous l'influence de celle-ci, les déformations rétrocèdent. L’œdème des jambes, antérieur aux manifestations arthropatiques était bien d’origine thyroïdienne, puisqu'il disparaît également. La contre-expérience est établie par le retour des phénomènes articulaires lorsque disparaissent les signes de basedowisme et leur rétroces- - sion par l'opothérapie.
Nous avons donc maintenant dans les trois observations d'Acchioté et de Ménard la preuve de l’existence d'un rhumatisme thyroïdien, c’est-à-dire d’une polyarthrite déterminée par un trouble fonctionnel ou une lésion de la glande thyroïde, provoquant également l’apparition des symptômes caractéristiques de l'insuffisance thyroïdienne.Tantôt la polyarthrite est le premier symptôme en date, comme dans le cas de la maladie d’Acchioté, tantôt au contraire, les signes de l'hypothyroïdie apparaissent précocement, comme dans l'observation rapportée par
Ménard. On pourra voir également les deux ordres de manifestations éclore en même temps. Quoi qu’il en soit,ils sont tous les deux sous la dépendance d’une même cause : trouble fonctionnel ou lésion de: la glande thyroïde, A la lumière de ces faits, il nous est maintenant permis de considérer les différents cas déjà examinés comme étant des cas valables de rhumatisme thyroïdien.
Sans doute, lés observations n’ont pas toujours la rigueur que l’on pourrait désirer.Mais puisque l’attention est maintenant attirée sur l’existence de l'origine thyroïdienne de certaines formes de rhumatisme chronique, il n’est pas douteux que de nouvelles observations ‘paraîtront, où seront enregistrées les manifestations variées de l’hypothyroïdie chez des rhumatisants chroniques et l’évolution favorable des symptômes d'insuffisance glandulaire aussi bien que de l’arthropathie sous l'influence du traitement opothérapique. Déjà Lévi a publié de nombreux cas d'amélioration. Mais ces preuves cliniques pour être détinitives doivent avoir une base anatomique. C’est ce côté de la question qu’il nous reste maintenant à envisager.