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position articulaire héréditaire ou aëquise est nécessaire.
Nous reviendrons plus loin, au chapitre du traitement, sur cette question et nous verrons quel rôle il y a lieu de faire jouer à « l'instabilité thyroïdienne ». Cétte notion, introduite par Lévi, repose sur l’observation des symptômes d’'hyperthyroïdie survenant chez des sujets présentant habituellement des manifestations d'insuffisance glandulaire. Ce sont précisément ces formes frustes qui accompagnent le plus fréquemment la polyarthrite chronique.
B) Arguments de présomption. — Nous avons maintenant à envisager une nouvelle série de cas qui nous permettront d'établir des arguments de présomption en faveur de l'existence du rhumatisme thyroïdien. Il s’agit de faits rentrant dans les trois catégories suivantes :
1° Amélioration et même guérison, par l’administration d’un traitement opothérapique, des manifestations articulaires en même temps que des symp-
. tômes d’hypothyroïdie ;
2° Apparition du rhumatisme chronique à la ménopause, laquelle s'accompagne toujours d’atrophie du corps thyroïde ; | :
3° Guérison du rhumatisme chronique au cours de la grossesse, état qui s’accompagne d’hyperthyroïdie.
1° Les cas d'amélioration et de guérison des mani- Jestations articulaires, aussi bien que l’insuflisance thyroïdienne, sont actuellement nombreux. Mais là encore il y a lieu d'établir des distinctions. En effet,
d’utie part, tous les cas traités ne répondent pas toujours à des observations nettes d’hypothyroïdie, D'autre part, l'amélioration ne porte pas toujours sur les symptômes du rhumatisme, l’état général et parfois quelques-unes des manifestations de l’insuffisance glandulaire étant seuls modifiés. Le cas de Verhoogen est particulièrement démonstratif à cet égard. Il concerne un malade atteint de rhumatisme chronique et présentant des symptômes de myxædème, chez lequel l’amélioration, due-au traitement opothérapique, porta sur les seuls symptômes du myxædème, le rhumatisme chronique continuant à suivre son évolution progressive.
Les exemples qui nous paraissent particulièrement intéressants à retenir sont ceux dans lesquels l’observation a noté dans l’examen du malade, en même temps queles manifestations du rhumatisme, les stigmates de l'insuffisance thyroïdienne ; tels sont les deux cas de Lancereaux et Paulesco, les observations de Ménard (obs. V et XI), celle de Lefebvre (obs. XVII). Encore doit-on noter que la disparition des deux séries de symptômes ne prouve nullement l’origine thyroïdienne du rhumatisme chronique. On peut mettre sur le compte d’une modification humorale, due à un rétablissement thérapeutique des fonctions antitoxiques du corps thyroïde, les faits d’amé: lioration (diminution du gonflement articulaire, de la raideur, etc.), sans faire intervenir une action spécifique du corps thyroïde. Cependant nous devons reconnaître que ces cas d'amélioration, par l'opothe-
rapie, du rhumatisme chronique, lié à des symptômes plus ou moins nets de l’hypothyroïdie, fournissent des arguments de présomption en faveur de l’origine thyroïdienne.
» L'apparition du rhumatisme chronique à la ménopause, laquelle s'accompagne presque toujours d’hypothyroïdie correspondant à une atrophie du corps thyroïde,a été notée par quelques auteurs. Pour Sergent, le type le mieux défini du rhumatisme chronique thyroïdien serait précisément celui qui apparaît chez la femme à l'époque de la cessation des règles (obs. XL[). Très fréquemment, on note dans l’histoire des malades une aggravation des douleurs et des déformations à la ménopause (Souques, obs. XXNIXY, |
3 Amélioration et guérison du rhumatisme chronique au cours de la grossesse. Nous avons déjà vu que la gestation s’accompagnait d’une hypertrophie de la thyroïde qui peut être considérée comme une manifestation de l’hyperactivité de cette glande. En effet, le corps thyroïde diminue chez les femmes en élat de grossesse auxquelles on administre des pré-: parations opothérapiques. L’observation de Lévi, celles de Kirstein (cité par Lévi et de Rothschild) sont | tout à fait catactéristiques. Nous voyons les douleurs disparaître pendant toute la durée de la grossesse, ou à partir du troisième mois, pour se manifester à nouveau plus ou moins longtemps après l’accouchement. Ces ‘cas d’autothérapie sont très intéressants d'autant plus que, dans une observation au
moins (Lévi, obs. XXI), on note des signes que l’on doit rattacher à l'insuffisance thyroïdienne. Ils appellent d’ailleurs les mêmes observations que celles que nous avons déjà formulées concernant les résule | tals obtenus par le traitement opothérapique.
On pourrait les rapprocher des observations faites par Ménard sur un certain nombre de sujets, qui, atteints d'insuffisance thyroïdienne, en particulier d’obésité, voient diminuer leur embonpoint en même temps que s’améliorent les douleurs ou l’impotence provoquées par la polyarthrite (obs. IX et X). L’ensemble des cas que nous venons d'examiner nous permet donc de soupçonner l'existence d’une forme de rhumatisme chronique, lié à un trouble fonctionnel du corps thyroïde, caractérisé surtout par *de l'insuffisance glandulaire. ,
C) Arguments démonstratifs. — Nous arrivons à l'examen des faits démonstratifs. Jusqu'ici ces faits sont au nombre de trois: l’observation d’Acchioté (1907) et celles de Ménard (1908, 1913). Le cas d’Acchioté mérite d’abord de nous arrêter. Il a en effet la valeur d’une véritable expérience. Nous le résumerons donc ici :
Il s’agit d’une jeune fille âgée de vingt‘huit ans, dont les antécédents personnels ne révèlent rien de particulier, atteinte de polyarthrite ayant débuté au niveau des deux cous-de-pied et des talons six mois auparavant. Les douleurs s’accentuent, accompagnéés de gonflement ; elles gagnent les articulations de l’index et du médius gauches, du médius et de
l’annulaire droits, du genou droit, Ces manifestations sont apyrétiques.
En dehors des arthropathies, on note un œdème cousidérable, dur et élastique (main et avant-bras gauches, pieds, jambe droite), de la bouffissure du visage et des yeux, de l’élargissement de la face en pleine lune ; l’aspect d’hébétude, caractéristique du myxœædème, La peau du visage est jaunâire, cireuse. La torpeur cérébrale est manifeste. La malade est frileuse, éprouve fréquemment des défaillances, des palpitations, une sensation d’angoisse. Ses règles sont plus abondantes que de coutume ; il existe des troubles dyspeptiques très accusés.
La glande thyroïde est fortement réduite de velume, Il existe une diminution très notable de l’urée, de l’acide urique et des phosphates,
Tous ces symptômes furent reconnus pour être ceux d’un état myxœdémateux. Il avait été déterminé par l'application d’un traitement radicthérapique fait au niveau du cou pour une hypertrichose (dixhuit séances). C’est à la douzième séance qu’apparaissent les premières manifestations articulaires, qui se généralisent après la dix-huitième, en même temps que se montrent les premiers signes de myxœædème. Celui-ci était donc sous la dépendance de l'atrophie glandulaire provoquée par l’action des rayons X.
La médication anti-rhumatismale (aspirine, salicylate de soude, bains chauds, arsenic, iode, etc.), échoue, Acchioté pense alors que le rhumatisme
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pourrait être lié à l'insuffisance thyroïdienne. Il institue le traitement opothérapique. Après l’administration de 7 tablettes de 0,10 de glande thyroïde desséchée, en trois jours, une amélioration très nette des symptômes rhumatismaux ei la disparition partielle des signes du myxædème sont notés, Le traitement est continué pendant quatre jours à raison de 3 tablettes par jour. Mais, alors, apparaissent des signes d’intolérance du médicament : le traitement est suspendu pendant six jours. Pendant ce temps, la malade éprouve des douleurs le long des jambes et des cuisses, les yeux redeviennent légèrement ternes et levisage tend à devenir Jaune. Reprise du traitement. Après cinq jours, pendant lesquels on administre 2 tablettes par jour, très grosse amélioration ; les lésions articulaires diminuent, la marche est aisée, les mouvements des doigts faciles. Pendant les quatre jours suivants, 2 et 3 tablettes quotidiennes alternativement, À ce moment, disparition de l’état myxæ- - démateux, des manifestations neurasthéniques etrhumatismales ; augmentation de l’urée et de l'acide urique. La malade peut être considérée comme guérie, du moins provisoirement, car il est possible que la glande thyroïde ait été frappée profondément dans son fonctionnement.
Nous voyons, dans cette observation, qu'ilnous a paru intéressant de rapporter ici longuement des manifestations rhumatismales apparaître après des séances de radiothérapie ayant provoqué une atrophie de la glande thyroïde.