CLASSIFICATION DES RHUMATISMES CHRONIQUES
Si les formes aiguës du rhumatisme articulaire (rhumatisme articulaire aigu, pseudo-rhumatismes infectieux) sont actuellement nettement classées en tant qu'entités morbides, il est loin d’en être de même pour le rhumatisme chronique.
On continue, en effet, à ranger sous ce vocable des manifestations de nature très différente et dont les classifications proposées ne peuvent être que provisoires. à
Le rhumatisme chronique fut longtemps confondu avec la goutte. Sydenham semble bien avoir vu la différence à établir entre les deux manifestations pathologiques, mais il faut arriver à la fin du siècle dernier pour voir, avec la thèse de Landré-Beauvais (1870) et, quelques années après, les travaux de Heberden et de Haygarth, s'établir la distinction
absolue entre le rhumatisme chronique et la goutte.
A Charcot revient le mérite d’avoir donné une description des formes cliniques ‘du rhumatisme chronique à laquelle les travaux ultérieurs ont peu ajouté. Cependant on continue à ranger sous le nom de rhumatisme chronique un certain nombre d’affections qui devaient en être séparées plus tard.
Besnier entrevoit, dans son article du Dictionnaire Dechambre, la nécessité d’un travail de déblaiement. Mais ce sont les travaux de J. Teissier et de Roque qui introduisent dans ce chapitre de la pathologie l’ordre et la lumière. J. Teissier (1896) donne pour la première fois une classification rationnelle des rhumatismes chroniques qui est adoptée par Fenoglio, rapporteur au Congrès de Naples (1895). 11 distingue trois grandes classes de rhumatisme chronique :
Le rhumatisme chronique succédant à une infection;
Le rhumatisme dyscrasique ou toxique :
Le rhumatisme chronique déformant.
Cette dernière forme, considérée par lui comme une tropho-névrose infectieuse ou toxique, attribuable le plus souvent à l'influence du froid humide ou des moisissures, serait la seule à mériter le nom de rhumatisme chronique progressif sous ses deux manifestalions : généralisée ou partielle.
Verhoogen n’admet pas ces distinctions étiologiques; pour lui le rhumatisme chronique est toujours sous ja dépendance d’une infection.
Cependant une conception se dégage des travaux
modernes qui semble plutôt favorable à l’opinion de J. Teissier et G. Roque, et qui tend à attribuer au rhumatisme chronique une origine plurale, et à le considérer « Comme un syndrome clinique caractérisé : par les manifestations de l’inflammation chronique du tissu conjonctifet de ses dérivés portant tout spécialement sur les articulations, sous l'influence de causes infectieuses ou toxiques très diverses » (Rathery).
La classification des rhumatismes chroniques doit donc être double :
1° Clinique;
2° Étiologique.