IT. — CLASSIFICATION ÉTIOLOGIQUE
Au point de vue étiologique, on peut grouper les rhumatismes chroniques sous deux chefs :
1° Rhumatisme chronique essentiel ; 2° Rhumatisme chronique secondaire.
Mais il est nécessaire de préciser la valeur qui doit être attribuée à chacun de ces termes.
‘Il n’existe pas, à proprement parler, de rhuma-
tisme chronique primitif. On doit donc le considérer comme déterminé par l’action de minimes infections ou intoxications,
Le rhumatisme chronique secondaire comprend les cas où la cause déterminante est manifeste : traumatisme, infection, intoxication, auto-intoxication.
Dans tous les cas, qu'il s’agisse de rhumatisme essentiel ou secondaire, la nature du terrain est une notion importante à faire entrer en ligne de compte. Si l'infection ou l’intoxication se manifeste chez un individu dépourvu de tares d’arthritisme héréditaire, elle produira une arthrite. Elle déterminera, au contraire, l’éclosion d’un rhumatisme chronique chez un sujet diathésique. Donc le terrain est l'élément essentiel.
Ce n’est pas le lieu de faire ici de considérations sur l’existence ou la non-existence de l’arthritisme. Ce terme ne fait certainement que masquer notre ignorance de la nature intime des causes pathologiques. Qu'il soit ou non impropre, qu’il soit ou non remplacé par un autre, peu importe. Il est commode et nous permet d’englober un certain nombre de faits dont l'association morbide est constante, L'arthritisme, peut-on dire, est une réaction de la nutrition du tissu conjonctif et de ses dérivés (Hanot). Quel est vis-à-vis du terrain le rôle propre des toxines, qu’elles soient microbiennes ou non ? Y at-il lieu, comme l’a fait J. Teissier, d'isoler un rhumatisme chronique déformant d'origine nerveuse et dont la pathogénie serait tout à fait différente de
celle des autres rhumatismes chroniques ? Il ne le semble pas. Toute infection, toute intoxication peut le produire. Il est vraisemblable que dans la plupart des cas la pathogénie des rhumatismes chroniques est complexe. La prédominance d’action sur le système nerveux, dont Bouchard, Teissier et Roque en particulier, font l'élément exclusif, expliquerait certaines particularités des symptômes tels que la symétrie des lésions dans le rhumatisme chronique progressif du type Charcot.
Si la lésion prédomine sur le tissu conjonctif articulaire ou péri-articulaire, on aura affaire aux formes simples du rhumatisme chronique.
S'agit-il, au contraire, d’une atteinte particulière mais non exclusive d’un organe tel que le système nerveux : ce sont les formes mixtes.
Formes simples et formes mixtes existent aussi bien dans les rhumatismes essentiels que dans les rhumatismes secondaires. Nous schématiserons donc cette classification dans le tableau suivant que nous | empruntons à Rathery :
1° Rhumatismes chroniques essentiels.